Chaque année, les journées mondiales s’échinent à attirer l’attention de l’opinion sur des causes plus ou moins importantes. Les journées mondiales du donut ou du chat noir côtoient celles sensibilisant aux droits des enfants ou à la situation des lépreux. Le 28 février, la journée mondiale sans Facebook, organisée pour la première fois en 2010, met l’accent sur la lutte contre la cyberdépendance.

” Un seul like vous manque et tout est dépeuplé. “ Si Alphonse De Lamartine  avait pu vivre à notre époque, sans doute aurait-il critiqué l’influence de Facebook sur nos vies quotidiennes. Fort des ses deux milliards d’utilisateurs, Facebook se classe comme le premier réseau social au monde et le troisième site le plus visité. Pour certains usagers, la relation avec ce réseau frise la dépendance. En 2010, un plaisantin lance la journée mondiale sans Facebook pour alerter sur l’addiction que peut provoquer la plate-forme. Il ne manque pas d’ironie puisqu’il crée également un événement Facebook destiné à promouvoir cette journée.

Fin 2017, l’ancien président de Facebook, Sean Parker, accusait le réseau social de jouer sur la « vulnérabilité » humaine. Les “likes” et autres interactions avec une communauté provoqueraient un stimulus de dopamine chez la personne qui les reçoit, la poussant à livrer toujours plus de contenus à Facebook. Il est rapidement rejoint par le vice-président en charge de l’audience, Chamath Palihapitiya, qui préconise une « vraie pause ». Il a interdit à ses enfants de s’inscrire sur « cette merde »

Un trafic ralenti

Le créateur du réseau, Mark Zuckerberg, a connu récemment quelques déboires. Le trafic vers Facebook a diminué pour la première fois en 2017. Au premier semestre de 2016, il cumulait 30,90% du trafic vers les réseaux sociaux pour atteindre difficilement 18,16% au second semestre de 2017 selon Shareaholic. Cette baisse s’explique par l’arrivée de nouveaux réseaux favorisant l’image et suscitant l’intérêt des Millennials, Pinterest et Instagram en tête. La timide concurrence de Pinterest ne représente pas encore un danger pour Facebook. Loin des chiffres que ce dernier atteint, Pinterest représentait 4,52% du trafic début 2016 et a bondi à 7,53% lors du second semestre 2017. Instagram, plus ouvert aux influenceurs et aux contenus publicitaires, a augmenté de 0,01% à 0,73% de 2016 à 2017. Ce dernier a d’ailleurs été racheté en août 2012 par… Mark Zuckerberg.

 Nouvel algorithme

Autre critique émise à l’encontre de Facebook, la diffusion de « fake news », ces fausses informations qui ne sont ni sourcées, ni triées. Ne trouvant pas d’instance suffisamment neutre pour réguler les informations, la solution qu’a choisi Mark Zuckerberg a surpris les médias. Le fondateur de Facebook a retravaillé l’algorithme, propulsant les publications personnelles. Les posts des marques et des médias, relégués au second plan, fragilisent la presse, dont la dépendance aux réseaux sociaux s’est accrue ces dernières années.

Pour les organisateurs, cette journée est l’occasion de réfléchir à “l’après-Facebook”. La mise en scène sur le réseau social finit par détériorer les liens véritables entre les personnes. Laurent Alexandre, auteur de La guerre des intelligences, voit dans cette journée le moment idéal pour parler de l’influence de ces plate-formes américaines (GAFA) ou chinoises (BATX).

Notons que le 28 février fait également office de journée internationale des maladies rares.