Livestorm connait une explosion de son activité depuis le début de la crise du coronavirus. La start-up française, fondée en 2016, s’est positionnée sur le marché des conférences en BtoB. Et a quelques atouts à faire valoir. Gilles Bertaux, son CEO, a répondu à nos questions sur les ambitions de l’entreprise.

Ces derniers temps, pour ceux qui sont en télétravail, la phrase “je vous envoie le lien zoom” est devenue un incontournable des organisations de réunions. L’application est en effet un must-have des entreprises pour organiser conférences, session de travaux collectifs et autres webinars. Un autre acteur est aussi remarquable, il est français : il s’agit de Livestorm. 


Sa particularité : ne pas être une application à télécharger, mais être directement intégré dans le navigateur web de l’utilisateur. “Les échanges sur Livestorm sont par conséquent encryptés par défaut et l’usage de l’outil ne contraint pas l’utilisateur à installer une application dont les ramifications seraient profondes et non maîtrisées. Par ailleurs, Livestorm est par essence soumis à la sécurité imposée par le navigateur lui-même, ce dernier n’ayant pas accès aux fichiers de votre terminal (à la différence d’une application qu’on aurait téléchargée)”, explique Claire Robert du Boislouveau chargée des relations start-up de la BPI, qui soutien Livestorm. 

En ces temps de confinement, cet outil est en plein essor. Livestorm a vu son volume de webinars être multiplié par 3 et son activité globale par 2,5 depuis le début du confinement. La société enregistre ces derniers mois une croissance de 300% de ses nouveaux clients en particulier en Europe et en France. Livestorm compte également 32 salariés, plus de 2 000 clients et a levé plus de 4,6 millions d’euros en 2019. 

Son business model est simple : il fonctionne par abonnement mensuel ou annuel. Sa solution a déjà attiré des entreprises de renom : des sociétés technologiques (Payfit, Oracle), des agences (WPP), des organisations publiques ou des universités (King’s College, SciencesPo). 80% de leur chiffre d’affaire est réalisé à l’étranger dont le marché principal sont les Etats-Unis. 

Outre son implantation à 100% dans le navigateur web, Livestorm a aussi deux autres facettes qui la différencient de Zoom : Livestorm gère “clé en main” la partie marketing des webinars : promotion, pages d’inscription, séquences de mails, retargeting post webinar. Ensuite, c’est une solution intégrée. Livestrom propose des analytics poussés sur les webinars et les participants avec de la data qui arrive automatiquement dans les outils CRM du client.

Gilles Bertaux, co-fondateur et CEO de Livestorm a éclairé Forbes France sur les origines et les objectifs de Livestorm. 

Forbes France : Comment vous est venue l’idée de fonder Livestorm ? 

Gilles Bertaux : On s’est rencontré avec mes 3 associés sur les bancs de l’école, à HETIC à Montreuil. On a fait beaucoup de projets ensemble et lors de la dernière année nous devions réaliser un projet de business plan avec un vrai produit web. À l’époque j’étais en stage à Paris dans une start-up où l’on faisait beaucoup de webinars, je passais la plus grande majorité de mon temps à aider les clients à télécharger l’outil pour assister à nos conférences ou alors à mettre en place des pages d’inscription et des séquences automatiques d’emails. 

L’existence des outils de l’époque avait déjà 10 ans, on a donc décidé d’exploiter les dernières technos en matière de vidéo/audio pour construire un outil de webinar dans le navigateur, très simple d’utilisation. Le jour de notre soutenance nous avons streamé pendant 8h les soutenances de tous nos camarades, j’ai eu tellement de bons feedbacks de mes camarades que nous avons décidé fin 2015, notre diplôme en poche, de se lancer.

Vous vous êtes positionnés sur l’organisation de webinars BtoB. Pourquoi ce choix ? 

C’est un marché bien plus en retard en ce qui concerne la visio car les attentes sont infiniment plus complexes. En B2C les gens sont déjà très bien équipés avec Instagram Live, Twitch etc. Mais les besoins sont plus simples : moins d’exigence sur les connexions avec des outils tiers ou sur les outils d’organisation de webinars par exemple. Il s’agissait pour nous d’apporter la simplicité et le degré d’équipement du B2C dans le monde complexe du B2B. 

Quelles sont vos perspectives et objectifs à court, moyen et long terme ? 

A moyen terme, nous souhaitons unifier tous les modes de communication vidéo au même endroit. Ne plus avoir un outil pour le webinar, un autre pour la visio, etc. Livestorm souhaite tout faire, avec ce même ADN : simple, dans le navigateur, clé en main et intégré. Les avantages sont pluriels : unification des politiques internes, consistance de la donnée, possibilité de créer des ponts entre visio et webinars. A ce jour nous avons une fonction de webinar, une fonction VOD également et une fonctionnalité de visio appelée Livestorm Meet.

A long terme nous souhaitons devenir le leader d’une catégorie que nous aimons appeler “Communication vidéo unifiée”.

Quelle vision avez-vous de votre secteur pour le futur ? 

Livestorm s’inscrit dans une tendance marché assez forte qui a été exacerbée par la crise actuelle : on a besoin de collaborer encore plus mais avec un niveau d’exigence très élevé sur la simplicité. Les gens sont éduqués à des interfaces très simples et sans compromis sur la puissance (comme Qare, Doctolib ou Instagram Live) et on s’attend à retrouver ce miroir en entreprise. On voit par conséquent une nouvelle vague d’outils B2B émerger qui hérite de ces codes : Klaxoon, Payfit, etc. De plus en plus d’entreprises s’équiperont en collaboration pour le télétravail en composant avec ces 3 critères : simplicité et ergonomie, puissance, et ce en ajoutant le moins de process possibles en interne. Elles chercheront des outils-plateformes, qui unifient les usages et s’intègrent avec leurs façons de travailler.

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