Iceye, la start-up finlandaise, a déjà trois satellites en orbite qui fournissent des images radar de haute qualité de la surface de la Terre. Pour ses clients, ces images sont précieuses car les images radar peuvent voir à travers les nuages et sont utiles quelle que soit l’heure de la journée et où qu’elles soient prises. L’entreprise a maintenant pour objectif de lancer quatre autres satellites cette année et huit l’année prochaine, grâce à une opération de série C de 87 millions de dollars, annoncée mardi matin.

« L’ajout de ces nouveaux satellites nous ouvre une nouvelle aire », explique Mark Matossian, PDG de la filiale américaine d’Iceye. En effet, lors d’une situation d’urgence, être capable de détecter des changements sur la surface de la Terre sur une courte période de temps pourrait être crucial pour ses clients, qui comprennent des compagnies pétrolières et gazières ainsi que de multiples agences gouvernementales.

De plus, les satellites d’Iceye, que l’entreprise fabrique elle-même, produisent des images à partir de radars à ouverture synthétique plutôt qu’un appareil photo. C’est pourquoi, grâce à leurs trajectoires de vol, les satellites de la constellation Iceye peuvent simuler une antenne radar incroyablement grande. Cela permet également à l’entreprise de produire des images en deux et trois dimensions. Et plus elle compte de satellites dans sa constellation, plus la résolution des images qu’elle peut produire est élevée.

En outre, les images SAR d’Iceye sont précieuses pour un certain nombre de raisons différentes, notamment pour les interventions en cas de catastrophe, explique M. Matossian. Les images de sa société ont été utilisées pour surveiller des événements tels que les ruptures de barrage dans le Michigan, l’ouragan Laura et les incendies actuels en Californie et en Oregon.

D’où est venue l’idée d’Iceye ?

Iceye a été fondée en 2012 comme spin-out de l’université finlandaise d’Aalto par le PDG Rafal Modrzewski et le CSO Pekka Laurila, qui ont aidé à développer la technologie. L’entreprise a lancé ses premiers satellites en janvier 2018. M. Matossian, qui a participé à de nombreux projets de Google pendant 13 ans, y compris l’ancien bras satellite de la société, Terra Bella, est devenu PDG de la filiale américaine en février dernier.

Et après ?

Avec la série C, l’entreprise a maintenant levé un total de 152 millions de dollars. Le tour a été mené par l’investisseur True Ventures et a reçu le soutien des capitaux de sociétés comme Newspace Capital, Space Angels et Seraphim Space. Un autre investisseur important a été OTB Ventures, qui a contribué à hauteur de 30 millions de dollars à ce tour dans le cadre de ses efforts pour soutenir les entreprises spatiales européennes.

Chris Quilty, analyste de l’industrie des satellites a déclaré : « Iceye n’est pas la seule start-up à construire de nouveaux satellites de recherche et de sauvetage, mais avec Capella Space, basé à San Francisco, elle a fait une grande présence dans l’industrie. De plus, Iceye a évolué un peu plus vite que les autres start-ups et elle a su établir des relations avec le gouvernement américain ».

Enfin, M. Martossian a conclu en disant : « Iceye est actuellement dans la partie la plus abrupte de la courbe d’innovation et elle ne compte pas abandonner ses projets ! ».

Article traduit de Forbes US – Auteur : Celia Shatzman

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