Alors que le Ministère de l’Education Nationale multiplie les réformes, de nouveaux acteurs apparaissent qui reconsidérent l’éducation de façon globale. S’adressant autant aux parents qu’à leurs enfants, ils s’inspirent de méthodes à succès pour faire en sorte qu’apprentissage rime avec épanouissement. Rencontre avec Sandrine Dirani, dont l’entreprise Zeneduc propose un modèle original de développement personnel et de développement scolaire.
 
Quels constats et quelles envies vous ont amenée à créer Zeneduc ?
 
En tant que mère de deux enfants, je m’inquiète lorsque je lis qu’en France, 30 à 40% des enfants ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux à l’entrée de la sixième. La plupart des jeunes de Terminale n’ont aucune idée de l’avenir qu’ils souhaitent. Or rien n’est plus triste qu’une jeunesse sans désir et sans enthousiasme. Et pourtant, ce n’est pas une fatalité. Des méthodes existent qui allient bienveillance et efficacité en s’appuyant sur les découvertes des neurosciences.
 
 
J’ai donc décidé de créer Zeneduc, une plateforme qui met à disposition des familles ces méthodes qui ont fait leurs preuves. L’objectif est d’aider les enfants à développer leur personnalité et leurs compétences pour devenir des adultes épanouis qui auront trouvé leur voie.
 
En quoi consistent vos services et à qui s’adressent-ils ?
 
Pour ce faire, Zeneduc a sélectionné des formations reconnues, proposées sous forme de séances de coaching par visioconférence, pour les parents et les enfants, avec des formateurs certifiés :
  • pour une parentalité bienveillante et sereine : relation parent-enfant, relation dans la fratrie, confiance en soi de l’enfant, motivation, etc.
  • pour une scolarité réussie et épanouie : dysorthographie, blocage en maths, techniques pour apprendre à apprendre, orientation scolaire et professionnelle, etc.
Pour chaque problématique, nous avons choisi les formations référentes dans leur domaine : le Discipline Positive de Jane Nelsen, l’Approche Neurocognitive et Comportementale, le MBTI, le STRONG, etc.
 
Comment sur ce marché de niche qu’est le “coaching de parents” est-il possible selon vous de toucher un public plus large ?
 
Aujourd’hui, le marché est organisé de telle sorte qu’il y a d’un côté le coaching parental, le bien-être, la bienveillance et, de l’autre, le monde du savoir compétitif et élitiste. Il faut sortir de cette dichotomie pour considérer l’être humain comme un tout. Un enfant épanoui et serein dans son rapport à lui-même, à sa famille et au monde sera plus à même de réussir scolairement. Cette démarche globale concerne alors tous les parents.
 
Les parents aspirent tous à avoir des enfants épanouis. Mais pour autant sont-ils prêt à valoriser les “soft skills” de leurs enfants ?
 
A ce jour, les parents investissent encore peu dans les soft skills de leurs enfants en France. Néanmoins, ils sont de plus en plus nombreux à être attirés par des méthodes d’apprentissage alternatives axées sur la bienveillance et l’autonomie de l’enfant. On ressent très bien cet engouement chez Zeneduc. Ceci rejoint d’ailleurs une des grandes aspirations des millenials en quête de sens qui mettent une pression sur le système d’apprentissage en plébiscitant l’empathie, l’esprit collectif, une communication de pair à pair, etc. Sans compter l’intelligence artificielle qui déplace les frontières et obligera l’être humain à être de plus en plus humain et donc à se concentrer sur les soft skills.
 
Quels sont vos projet pour 2018 ?
 
Dans cet esprit, en 2018, j’aimerais que des ateliers de philosophie voient le jour sur Zeneduc pour développer l’esprit critique des enfants et leur capacité à débattre. Une autre compétence fondamentale que j’aimerais proposer serait la rédaction pour apprendre aux enfants à développer leur pensée et à argumenter. Mais le chantier qui me tient le plus à coeur est certainement de donner une dimension sociale à Zeneduc en adoptant l’arrondi formation. Il s’agit d’une cagnotte qui permettra, grâce au concours d’associations terrain, d’offrir les mêmes formations à des jeunes financièrement défavorisés.