Lockheed Martin et la NASA s’associent sur un projet visant à rendre le bang supersonique silencieux, ou comme l’explique l’entreprise, à transformer ce bang qui s’apparente à un coup de tonnerre « discret ».

Il est actuellement illégal de dépasser le mur du son au-dessus des terres à cause du bang supersonique provoqué par l’onde de choc, la NASA a donc signé un contrat de presque 25 milliards de dollars avec Lockheed Martin Aeronautics pour remédier à ce problème. Il a pris effet lundi matin, se terminera fin 2021 et a pour objectif de mettre au point une technologie permettant de passer le mur du son silencieusement, ou presque.

Ce contrat permet à l’entreprise américaine, basée en Californie, de continuer à développer un avion doté de la technologie supersonique silencieuse (QueSST) qu’elle avait commencée à imaginer avec la NASA en 2016.

Cet appareil expérimental, le X-plane, sera conçu pour faire le bruit que Lockheed Martin appelle le « battement de cœur supersonique », en lieu et place de ce coup de tonnerre, que les habitants de Floride ont l’habitude d’entendre depuis que les fusées Falcon 9 de SpaceX décollent et atterrissent à des vitesses supersoniques.  Le contrat stipule que Lockheed Martin doit construire un avion pouvant se déplacer à une vitesse 1 500 km/h en émettant seulement un son de la même intensité que celui de la fermeture d’une portière de voiture (75 décibels perçus).

Cet avion expérimental sera ensuite testé en 2022 et des données des populations alentours seront recueillies en vue de la création « de normes de nuisances sonores acceptables afin de contourner les réglementations actuelles ». « Cela pourrait être le début d’un nouveau marché mondial pour les constructeurs aéronautiques, permettant aux passagers de voyager partout dans le monde en moitié moins de temps », explique Lockheed Martin dans un communiqué.

Cette avancée technologique serait certainement accueillie à bras ouverts par le petit segment du secteur du transport aérien qui essaie de faire revivre les vols supersoniques commerciaux. Pendant plus de 25 ans, il a été possible de traverser l’Atlantique à bord du Concorde à une vitesse de Mach 2,02 (2 145 km/h), mais ces appareils sont cloués au sol depuis 2003, à cause des tarifs trop élevés et de la faible demande.

Ces dernières années, des entreprises, comme Boom Supersonique, souhaitent ressusciter ce genre de vols commerciaux pour le prix de billets de classe affaires sur vols conventionnels. Si l’investissement de la NASA finit par payer, les compagnies aériennes pourraient bientôt se déplacer à des vitesses oubliées depuis maintenant une quinzaine d’années.