C’est du jamais vu ! Depuis 2014, Apple a conservé le même design sur 4 générations d’iPhones. Du point de vue du design, c’est remarquable, surtout dans un secteur évoluant aussi rapidement que la technologie. Mais en regardant chaque modèle de plus près, on peut observer quelques améliorations notoires. Dans cette article, je vais présenter les caractéristiques majeures qui différencient l’iPhone 6 (2014), de l’iPhone 6S (2015), de l’iPhone 7 (2016) et de l’iPhone 8 (2017) et essayer de voir si vous devriez changer de téléphone pour un modèle plus récent.

 


Voici tout ce que vous devez savoir :

 

Design : variations de poids et de résistance

 

Curieusement, le design de ces iPhones a beaucoup évolué. En fait, seuls le port Lightning et les larges montures en haut et en bas de l’écran ont été conservés. Les variations de poids sont un bon indicateur de ce qui va suivre :

 

  • iPhone 6 : 138,1 x 67 x 6,9 mm et 129 g ;
  • iPhone 6S : 138,3 x 67,1 x 7,1 mm et 143 g ;
  • iPhone 7 : 138,3 x 67,1 x 7,1 mm et 138 g ;
  • iPhone 8 : 138,4 x 67,3 x 7,3 mm  et 148 g.

 

Étonnamment, l’iPhone 8 est le plus grand et le plus lourd de tous, il est finalement 15 % plus lourd que l’iPhone 6 et ce n’est pas une évolution habituelle dans ce milieu !

 

Mais Apple a une explication. L’iPhone 6S avait déjà pris du poids à cause de l’alliage d’aluminium et de zinc série 7000 permettant de rendre son châssis plus résistant et rigide, dans le but d’éviter un nouveau  « Bendgate ». L’iPhone 6S a également été doté d’un bouton tactile avec 3D Touch (qui a nécessité l’addition de son propre processeur). 

 

L’iPhone 7 a subit un léger régime avec la suppression controversée de la prise jack et en le rendant IP 67, permettant de le rendre résistant à la poussière et à l’eau. L’iPhone 8 a gardé toutes ces modifications. Mais son nouveau poids est le fruit d’un compromis : son arrière vitré est plus fragile et plus lourd mais indispensable à la recharge sans fil.

 

En plus, l’iPhone 7 est le premier de la gamme à bénéficier de haut-parleurs stéréo grâce à l’amplification de l’écouteur. Ces attributs ont été améliorés de 25 % pour l’iPhone 8. Selon moi, l’iPhone 6S est le mieux conçu (résistant, IP 67 même sans l’être officiellement, et la prise jack). Mais la vitre polarisante de l’iPhone 8 a aussi ses adeptes.

 

Écrans : vieilles technologies, nouvelles astuces 

 

L’iPhone X hors de prix (ne le faites jamais tomber) est peut-être doté d’un écran OLED, mais Apple a travaillé à l’amélioration continue des écrans LCD de l’iPhone 6 à l’iPhone 8, d’autant plus qu’ils sont tous basés sur les mêmes caractéristiques :

 

  • 4,7 pouces, rétroéclairage LED, 1 334 x 750 pixels (326 ppi), ratio corps/écran de 65,6 %.

 

Apple s’est basé sur l’iPhone 6 en ajoutant le 3D Touch pour obtenir l’iPhone 6S. Cette technologie permet aux utilisateurs de jeter un œil à leurs courriels ou de les ouvrir, d’accéder aux raccourcis, entre autres. Mais cette évolution a été ralentie par le refus ou l’incapacité d’Apple d’intégrer cette technologie à la gamme d’iPad (elle serait particulièrement utile sur les modèles d’iPad Pro). En tout cas, elle a été rapidement adoptée par les utilisateurs.

 

Ensuite, la luminosité de l’iPhone 7 a été améliorée par rapport à celle des iPhones 6 et 6S, elle est passée de 500 nits à 625 nits. Et pour finir, l’iPhone 8 est doté du « True Tone » (déjà présent sur l’iPad Pro). Cette technologie réagit à la lumière environnante et garantie un bon équilibre des couleurs.

 

Le rapport de contraste (1400:1) reste inchangé depuis l’iPhone 6 et la résolution demeure très basse. Pourtant, on peut trouver sur le marché des écrans de presque 2K. Je n’arrive pas à comprendre comment Apple a réussi à faire passer la pilule et n’a même pas mis en place un écran 1080p.

 

Performances : leader du marché

 

Avec l’implantation de sa première puce « maison » (la A4) dans l’iPhone 4 en 2010, Apple a fait mordre la poussière à ses adversaires. Voici les caractéristiques des puces des différents iPhones :

 

  • iPhone 6 : Apple A8, CPU Dual-core Cyclone, GPU PowerVR GX6450, 1 Go RAM ;
  • iPhone 6S : Apple A9, CPU Dual-core Twister, GPU PowerVR GT7600, 2 Go RAM,
  • iPhone 7 : Apple A10, CPU Quad-core Fusion, GPU PowerVR Series7XT Plus, 2 Go RAM ;
  • iPhone 8 : Apple A11, CPU Six-core Bionic, GPU Apple Triple-core, 2 Go RAM.

 

Mais ce sont les chiffres qui nous intéressent : l’iPhone 6S est doté d’un CPU et d’un GPU respectivement 70 % et 90 % plus rapides que ceux de l’iPhone 6. L’iPhone 7 a amélioré les performances du CPU de l’iPhone 6S de 40 % et de son GPU de 50 % et l’iPhone 8 est doté d’un CPU et d’un GPU respectivement 25 % et 30 % plus rapides que ceux de l’iPhone 7.

 

Comme vous pouvez le constater, les améliorations sont de moins en moins impressionnantes. Cela s’explique par l’évolution de l’architecture couplée au changement du type d’utilisation. Donc, le gain de performance réel entre l’iPhone 7 est l’iPhone 8 est de 70 % en veille et en usage multitâche, les deux principales utilisations d’un smartphone.

 

Par ailleurs, l’iPhone est doté d’une nouvelle génération de Touch ID qui est deux fois plus performante que l’originale (présentée en 2013 sur l’iPhone 5). Le Touch ID subit des améliorations significatives avec les iPhones 7 et 8 bien qu’il n’en avait pas vraiment besoin : Apple maîtrise cette technologie depuis bien longtemps. 

 

Le Bluetooth a également évolué du Bluetooth 4.0 (iPhone 6) vers le Bluetooth 4.2 (iPhone 6S et iPhone 7) puis le Bluetooth 5.0 (iPhone 8) en même temps que la vitesse de la 4G passant de 150 Mbit (iPhone 6) à 300 Mbit (iPhone 6S) à 450 Mbit (iPhone 7) et pour finir, 600 Mbit (iPhone 8). Cette dernière reste donc inférieure au 1 Gbit que certains adversaires ont déjà mis en place l’an passé, mais il est peu probable qu’une telle vitesse soit utile dans la vraie vie.

 

Appareils photo : une lente progression

 

Lors de la sortie de l’iPhone 6, il dominait le marché , mais depuis, Apple s’est fait rattraper. La gamme Galaxy de Samsung puis les Pixels et Pixels 2 de Google ont pris les devants. Alors que s’est-il passé ?

 

L’augmentation du nombre de pixels de l’iPhone 6S (12 MP pour le principal et 5 MP pour le frontal) par rapport à l’iPhone 6 (8 MP pour le principal et 1.2 MP pour le frontal) était nécessaire. Cependant, l’ouverture reste moyenne avec f/2,2 et la taille des pixels a été réduite de 1,5 µm à 1,22 µm ce qui a pour effet d’agir sur la quantité de lumière absorbée, impactant ainsi la performance de l’appareil dans des environnements peu lumineux. Les principales améliorations pour la vidéo sont le passage à la vidéo 4K pour l’appareil principal (au lieu de 1080 p) et à 1080 p pour l’appareil frontal (au lieu de 720 p). Cependant, les performances de l’iPhone 8 en matière d’appareil photo restent loin derrière celles du Samsung Galaxy S6 (qui, par ailleurs, rencontre d’autres problèmes). 

 

L’iPhone 7 a subit quelques améliorations par rapport au 6S tout en conservant l’appareil de 12 MP mais en y incorporant la stabilisation optique de l’image (OIS) qui était déjà présente sur les modèles plus imposants comme l’iPhone 6 Plus. L’ouverture a également été optimisé pour atteindre f/1,8 et la taille des pixels diminuée à 1,3 µm. L’appareil photo frontal, quant à lui, compte 7 MP mais conserve la même ouverture de f/2,2 et la vidéo reste inchangée, ce qui est décevant. Les performances en environnements peu lumineux de l’iPhone 8 ont été légèrement améliorées mais il n’est pas doté du double appareil photo de l’iPhone 7 Plus et reste à la traîne derrière le Samsung Galaxy S7, lui-même devancé par la première génération de Pixels de Google.

 

Sur le papier, l’iPhone 8 paraît identique à l’iPhone 7, la résolution, l’ouverture et l’OIS sont les mêmes. Mais Apple a intégré une nouvelle lentille et a fait de remarquables progrès de traitement d’images. Le résultat final représente la plus grande avancée depuis l’iPhone 6. Cependant, il lui manque le double appareil photo pourtant présent sur l’iPhone 8 Plus et l’iPhone X.

 

Les systèmes de prise de vues sur les iPhone sont performants, mais ils ne font plus partie des meilleurs du marché. Selon mes essais, HTC a rejoint Samsung en dépassant Apple alors que les smartphones de Google (Pixel 2 et Pixel 2 XL) sont en tête.

 

Durée de la charge et recharge : l’endurance stagne mais la recharge s’améliore

 

La durée de la charge est un autre domaine dans lequel Apple n’a pas fait autant de progrès qu’espéré. Mis à part le scandale visant actuellement les batteries Apple, elles n’ont pas subit de grandes améliorations depuis plusieurs générations. Ce n’est pas surprenant si l’on regarde l’évolution de la capacité des batteries :

 

  • iPhone 6 : 1 810 mAh ;
  • iPhone 6S : 1 715 mAh ;
  • iPhone 7 : 1 960 mAh ;
  • iPhone 8 : 1 821 mAh.

 

Dans les faits, même Apple nous dit que la charge dure aussi longtemps sur l’iPhone 7 que sur l’iPhone 8. En retirant la prise jack, Apple aurait dû avoir la place d’intégrer une plus grande batterie. En même temps, le Samsung Galaxy S7 est de la même taille que l’iPhone 7, et cela ne l’empêche pas d’avoir une prise jack et une batterie de 3 000 mAh, comme quoi, c’est possible.

 

La bonne nouvelle avec l’iPhone 8 est qu’Apple a enfin mis en place la recharge rapide ainsi que la recharge sans fil, déjà présentes chez beaucoup de ses rivaux et ce depuis plusieurs années. Mais ces méthodes de recharge présentent toutes les deux des inconvénients.

 

Les performances de la recharge rapide sont correctes, vous pouvez espérer atteindre les 50 % de charge en 30 minutes, comme chez la plupart des concurrents. Mais contrairement aux autres, Apple va vous faire payer au moins 90 € (chargeur Apple 29 W : 59,99 €, câble : 29,99 € (1 m) et 39,99 € (2 m)) pour pouvoir en bénéficier. L’iPhone 8 est également rechargeable sans fil et compatible avec Qi (la norme de rechargement sans fil la plus répandue) mais seulement pour une puissance de 7,5 W alors que Qi peut supporter jusqu’à 15 W. Apple devrait réserver la puissance de 15 W à son propre dispositif, le « AirPower », qui devrait sortir courant 2018.

 

Mémoire et prix : en hausse

 

Tout comme pour la durée de la charge, il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles quant aux prix des iPhones. Voici les prix actuels :

 

  • iPhone 8 : 64 Go à 809 € et 256 Go à 979 € ;
  • iPhone 7 : 32 Go à 639 € et 128 Go à 749 € ;
  • iPhone 6S : 32 Go à 529 € et 128 Go à 639 € ;
  • iPhone 6 :  16 Go, 64 Go et 128 Go (ne sont plus disponibles).

 

Comme vous pouvez le constater, Apple aime bien continuer à vendre ses anciens modèles pendant plusieurs années, en réduisant leurs prix d’environ 80 € à chaque sortie d’une nouvelle génération (l’iPhone 6 et l’iPhone 7 ont tous deux été initialement vendus aux alentours de 769 €) en alignant les options de mémoire interne, ainsi, le modèle d’iPhone 6S à 64 Go à disparu en 2017 pour laisser sa place au modèle à 128 Go et pour le même prix.

 

Alors que l’iPhone 8 était plus cher que les générations précédentes d’une cinquantaine d’euros lors de sa sortie, il offre deux fois plus de mémoire. Il ne présente que deux options de mémoire avec un écart de prix de 170 €. Cela peut avoir des bons côtés mais certains vont regretter le modèle à 128 Go qui était un bon compromis.

 

Conclusion

 

Tous ces téléphones se ressemblent beaucoup au premier coup d’œil mais en y regardant de plus près, ils sont très différents.

 

Malheureusement, hormis la performance, les principales améliorations apportées à leurs designs, leurs appareils photo et leurs batteries n’ont pas su faire de l’ombre à la concurrence. Bien que lors de sa sortie l’iPhone 6 faisait figure de leader du marché, l’iPhone 8 en est loin. En réalité, il ne s’agit que du troisième meilleur smartphone d’Apple.