OPINION | #France2030 : la culture de la donnée, une composante essentielle aux nouvelles stratégies des entreprises et à leur compétitivité.
Tribune de Jean-Baptiste Mérel, Directeur de l’Offre chez Report One


Le plan d’investissement de 30 milliards d’euros annoncé par le Président Macron est une chance autant qu’un défi considérable pour les entreprises qui auront besoin de piloter cet investissement et de se projeter dans l’avenir avec ce nouveau fonds. Et ce d’autant plus en cette fin d’année qui est synonyme pour les sociétés de bilans d’activités et de projections budgétaires. À cela s’ajoutent les prévisions 2022 de l’OCDE (cf. rapport Perspectives économiques de l’OCDE, Rapport intermédiaire, septembre 2021) : 2021 est bel et bien une année de reprise, bien qu’inégale, de l’activité économique mondiale.

Ce n’est donc pas la fin d’un temps incertain mais plutôt le début d’une ère placée sous le signe de la dualité qui s’ouvre pour les entreprises : arrêts et croissances économiques, relances et projections avec une prise en compte forcée des conséquences de la crise du Covid et des potentiels nouveaux aléas pouvant bousculer leurs prévisions annuelles… C’est à cette double instabilité que la culture de la donnée en entreprise entend répondre : se projeter dans une économie globale volatile tout en pilotant de nouveaux apports financiers.

 

Faire le bilan 2021 et établir de nouveaux objectifs pour 2022 : comment se projeter alors que, nous l’avons vu, tout peut basculer du jour au lendemain ?

 

Depuis longtemps, les chefs d’entreprise ont pris conscience de l’importance d’une préparation stratégique et de la définition d‘objectifs quantitatifs en amont. Mais ces deux années de crise sanitaire ont fait émerger de nouvelles interrogations : comment organiser son entreprise sur le long terme et être capable de tout restructurer à court terme ? 

Dans ce climat complexe, la définition des prévisions stratégiques annuelles ne va pas à l’encontre de la capacité des entreprises à rebondir : en se fixant un but, elles peuvent, grâce à un pilotage quotidien de leurs activités, adapter leur fonctionnement. Les rituels du dernier trimestre en entreprise sont conservés mais remaniés. Nous assistons donc à une forte transformation du business model des entreprises : adaptation du fonctionnement journalier aux ambitions « long-termistes », intégration de l’importance de la gestion du risque dans les stratégies financières etc. Une transformation faisant écho à l’intégration dans l’organisation des entreprises d’une nouvelle discipline : la prospective. Penser le temps long, envisager des futurs possibles, mener des réflexions pour les anticiper. L’objectif ? Une pensée plus agile, proactive, flexible et une entreprise plus compétitive.

 

La culture de la donnée : un support aux nouvelles définitions de stratégies d’entreprises

 

Pour atteindre cet objectif, la culture de la donnée devient un axe de transformation essentiel pour les entreprises conscientes des nécessités de faire évoluer leurs modèles économiques.

En plus de produire un sens aux données, elle permet à l’intégralité des parties prenantes de l’organisation de mettre en place de bonnes pratiques : c’est un outil partagé à l’ensemble des équipes qui développe la culture de la donnée dans toutes les couches de l’entreprise. Il engage vers l’investissement collectif, le décloisonnement des métiers et la fluidification de l’information. Résultats : une communication ouverte et une mesure plus précise de l’efficacité des process.

Ces bénéfices, dont tous les niveaux de l’entreprise tirent parti, nécessitent la mise en place d’instruments et d’innovations technologiques. Interpréter à l’avance des signaux faibles, mettre en lumière des tendances : la donnée devient l’outil de mesure de la performance, indispensable à l’appréciation du risque.  Celui-ci ne nécessite pas d’outils onéreux ni un service à temps complet. Disposer d’un dispositif d’analyse de données simple et adapté aux contextes de l’entreprise permet de multiplier les plans d’actions et les mesures de prévention en amont. Les bénéfices sont une meilleure organisation quotidienne des collaborateurs et un gain de temps créateur de valeur ajoutée pour l’entreprise.

La volatilité de l’économie accentuée par la crise du Covid a rappelé aux entreprises l’importance de travailler leur capacité d’adaptation à l’avenir. La projection à long terme est vitale au fonctionnement des organisations mais la conduite de leur stratégie s’effectue dans un nouveau contexte économique. Ce nouveau modèle appelle à explorer la puissance de la maîtrise de la donnée, élément moteur de la croissance économique de ce siècle. Pour répondre à la relance et piloter au plus efficace les aides annoncées par le chef de l’État, les entreprises doivent repenser leur mode de fonctionnement. Après des mois de crise sanitaire, le pire ne serait-il pas de revenir aux vieilles habitudes comme si de rien n’était ?


Tribune de Jean-Baptiste Mérel, Directeur de l’Offre chez Report One

 

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