Spécialisée dans la location et la gestion de matériel informatique, Fleet a multiplié par cinq le nombre d’ordinateurs portables loués depuis le début de la pandémie. La jeune pousse, créée en 2019, a pour ambition de démocratiser une pratique bien ancrée aux États-Unis, mais qui peine encore à s’imposer en France. Entretien avec Alexandre Berriche, co-fondateur et CEO de Fleet.

 

Pouvez-vous nous présenter Fleet ?

Alexandre Berriche : Fleet est une start-up française créée en 2019, spécialiste de la location et de la gestion de matériel informatique. Fleet est une réponse professionnelle aux start-up et PME n’ayant pas de département IT et leur propose un service clé en main : l’accompagnement dans l’acquisition, la gestion et le renouvellement du parc informatique. Fleet a ainsi mis au point une plateforme de leasing ultra-performante permettant aux entreprises de faire une demande de location de matériel informatique en moins de 2 minutes de manière 100% digitalisée. Fleet permet de lisser sa trésorerie dans la durée, d’offrir à ses employés une expérience d’onboarding IT inégalée et de garantir aux office et IT managers une gestion du parc informatique plus sereine. Fleet lutte également contre l’obsolescence programmée en redonnant une seconde vie aux ordinateurs. En effet, à la fin de la location, nous recyclons le matériel sur le marché du reconditionné et nous comptons nous engager prochainement à faire don de ce matériel à des écoles et à des associations.
Nous accompagnons aujourd’hui plus de 350 clients start-up, TPE et PME dans leur besoin d’équipement informatique.

 

Vous avez récemment annoncé avoir multiplié par 5 le nombre d’ordinateurs portables loués depuis le début de la pandémie. Pensez-vous que la location d’ordinateur va devenir de plus en plus un réflexe auprès des entreprises ?

A. B. : Avec la crise sanitaire et économique, les entreprises comprennent bien l’intérêt de s’équiper sans s’endetter et se dirigent de plus en plus vers la location. Chez Fleet, nous avons en effet loué 5 fois plus d’ordinateurs portables depuis le début de la pandémie. Cette tendance, si elle a commencé par obligation pour répondre à la crise, va s’imposer, je pense, durablement comme un choix stratégique, non seulement pour les TPE-PME et les start-up mais aussi pour les grands groupes. La location offre de l’agilité dans le fonctionnement de l’entreprise tout en préservant sa trésorerie. C’est un enjeu fondamental dans le contexte actuel d’incertitude économique qui pénalise les capacités de financement. En France, le leasing de matériel informatique prend lentement de l’ampleur, l’activité des spécialistes du financement locatif pour les entreprises et les professionnels a ainsi progressé de 7,6 % sur un an, pour atteindre près de 30 milliards d’euros en 2019. Notre pays accuse malgré tout un retard de plusieurs années par rapport aux États-Unis, marché qui se chiffre à 1000 milliards de dollars. Avec l’explosion du télétravail, notre solution facilite plus que jamais le travail des office managers en leur permettant de livrer directement chez leur employé, et de savoir, grâce au cockpit Fleet, l’outil de suivi et de gestion de sa flotte, où sont les ordinateurs de l’entreprise. 

 

Quels sont les avantages du leasing d’ordinateur vs. l’achat de matériel ?

A. B. : Ils sont nombreux ! Le leasing, c’est une mobilisation des ressources repensée qui permet de conserver sa capacité d’investissement. La crise déclenchée par le COVID 19 a impacté les trésoreries des entreprises et va pénaliser les capacités d’investissement pendant les prochains mois. Lorsqu’on cherche à réaliser des coupes budgétaires, on a du mal à imaginer la réduction des dépenses informatiques sans que cela ait un impact négatif sur son activité. Avec la location c’est possible car on préserve sa trésorerie pour le cœur de l’activité. On lisse davantage les dépenses sur l’année, ce qui rend possible la réduction des coûts de gestion administrative et limite les avances de la TVA. En faisant le choix du leasing, les entreprises cherchent à simplifier la gestion des nouveaux salariés et leur suivi au quotidien. Les managers peuvent ainsi se concentrer sur des missions réellement essentielles pour  la croissance de l’entreprise.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

A. B. : Avant de fonder Fleet, j’ai travaillé dans le domaine du Private Equity, puis chez Jumia, “l’Amazon africain”, en tant que country manager pour la Tunisie. J’ai ensuite rejoint Ironhack, une école de code qui forme aux métiers du développement web, de l’UX/UI design, du data analytics et de la cybersécurité. J’ai occupé le poste de VP operations et expansion pendant  2 ans. Durant cette période, nous sommes passés de 20 à 120 employés ; 3 villes à 9 villes. À côté de Fleet, j’ai aussi une activité de business angel (Convelio, Mentorshow, One Pilot, etc.) qui me permet de toujours apprendre au contact d’entrepreneurs talentueux.

 

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