Des anciens cadres de Facebook ont récemment exprimé leurs regrets d’avoir participé au succès de l’entreprise. L’ancien vice-président de Facebook avoue : « Je crois que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social ». Tous semblent inquiets quant à l’influence croissante du réseau social.

« Je crois que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social de la société. » Le couperet est tombé, ce lundi 11 décembre, quand le site spécialisé The Verge a diffusé la vidéo d’un conférence tenue à la Stanford Graduate School of Business. Sur scène, l’ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya a lancé une charge terrible contre le réseau social aux deux milliards d’utilisateurs dans le monde. Il a même recommandé à l’assistance de faire une “vraie pause” et se couper des réseaux sociaux.

Car pour lui, réseau social n’est pas synonyme de partage et il a même indiqué que ses enfants n’étaient pas « autorisés à utiliser cette merde ». Critiquant Facebook, il en a profité pour mettre en cause l’ensemble des réseaux sociaux qui fonctionnent sur des « boucles de réactions à court terme, basées sur la dopamine, qui détruisent le fonctionnement de la société ». Le problème, selon lui ne se limite pas à ces « cœurs », à ces « j’aime » et à ces « pouces levés », il est bien plus profond et affecte la société dans son ensemble : « Pas de discours citoyen, pas d’entraide, désinformation et fausse vérité. » Un mélange toxique qui peut avoir, dans la « vie réelle » des conséquences dramatiques. En exemple, Chamath Palihapitiya a rappelé que récemment en Inde, une fausse information circulant à propos de kidnapping avait conduit au lynchage de sept personnes innocentes. « C’est avec cela que nous avons à faire », a souligné l’ancien vice-président de Facebook pour illustrer la gravité de la situation.

Russie

Chamath Palihapitiya a intégré Facebook en 2007. Depuis 2011, il est à la tête d’un fonds Social Capital qu’il a créé, indique Le Monde. L’entrepreneur a indiqué « immensément regretter » avoir contribué à construire Facebook tel qu’il est aujourd’hui.

Et il n’est pas le seul. Déjà en novembre dernier, rappelle The Verge, Sean Parker, un des premiers investisseurs du réseau social avait critiqué Facebook, notamment parce que l’entreprise « exploite une vulnérabilité de la psychologie humaine ». Mises en cause là encore, « les boucles de validation ». Antonio Garcia-Martinez, un ancien employé, a même publié un ouvrage, Chaos Monkey, à propos de son ancienne entreprise pour dénoncer la collecte des données des utilisateurs et l’usage qui en est fait.

Après l’élection américaine, le réseau social a en effet été critiqué pour avoir permis à la Russie d’influencer l’élection. Malgré les déclarations de l’entreprise et de Mark zuckerberg pour lutter contre les fake news, Facebook voit de plus en plus d’anciens critiquer son fonctionnement.

Pour conclure sa diatribe contre Facebook et les réseaux sociaux, Chamath Palihapitiya a tenu à indiquer à l’assistance : « c’est à vous de décider ce que vous voulez abandonner, à quel point vous êtes prêts à renoncer à votre indépendance intellectuelle. »