Est-ce que des tweets suffiront à inverser la tendance alarmante du nombre croissant d’enfants mourant de chaleur dans des voitures ?

Les groupes militant pour la sécurité clament qu’une technologie existe de nos jours sur certains véhicules, qui pourrait sauver ces enfants, et que les législateurs américains pourraient rendre obligatoire s’ils y mettaient du leur.

L’agence nationale de sécurité routière de l’administration Trump a lancé mardi ce qu’elle appelle un « Tweetup » de 12 heures, destiné à accroître la sensibilisation du risque d’insolation, et même du danger de mort, lorsque des parents ou autres adultes laissent des enfants seuls dans des voitures stationnées en plein soleil. La campagne de l’agence de sécurité routière et les inquiétudes des groupes militant pour la sécurité ont été publiées plus tôt dans la semaine par le Detroit Free Press.

Jusqu’à maintenant, 35 enfants sont morts à cause de la chaleur dans des voitures cette année, dont une fillette de 22 mois laissée seule dans une camionnette vendredi dernier à Lindenwold, dans le New Jersey. L’année dernière, 53 enfants avaient péri dans des circonstances similaires, selon KidsandCars.org, soit plus du double des 25 morts de 2015.

L’organisation de vigilance en matière de sécurité rapporte que 889 enfants sont décédés des suites d’une insolation dans une voiture depuis 1990. Amber Rollins, directrice de KidsandCars.org, a déclaré au Detroit Free Press que les efforts de l’agence nationale de sécurité routière sont insuffisants, à la lumière de l’augmentation des décès ces dernières années.

Les constructeurs automobiles ont développé un éventail de technologies ces dernières années, destinées à rappeler aux conducteurs leur précieux chargement humain avant de quitter le véhicule par temps chaud et/ou humide sans ouvrir les fenêtres. General Motors, Subaru, Nissan, Hyundai et Kia sont en train d’ajouter à leurs modèles des systèmes déclenchant une sonnerie ou d’autres sons d’alerte et qui affichent des messages sur l’écran du tableau de bord, afin d’inciter les gens à vérifier leur banquette arrière.

Il y plus de dix ans, General Motors a développé un système d’alerte dont l’entreprise a indiqué qu’il était si sophistiqué qu’il pouvait détecter un mouvement aussi subtil que la respiration d’un nourrisson endormi. Mais Amber Rollins prétend que cette fonctionnalité n’a jamais été installée en nombre conséquent sur la gamme de l’entreprise.

Dans une déclaration, General Motors a indiqué que sa « technologie de Rappel de Banquette Arrière avait été lancée en 2016 en tant que mesure immédiate pour lutter contre le problème des enfants oubliés dans des véhicules ». General Motors a fait de ce système une norme à partir de cette année, sur tous ses nouveaux modèles vendus aux États-Unis et au Canada.

Hyundai offre quant à elle une fonctionnalité optionnelle sur le modèle Crossover SantaFe, bientôt disponible sur le SUV Palisade, qui rappelle aux conducteurs de vérifier leur banquette arrière si une des portières arrière a été ouverte ou fermée, avant que le véhicule ne puisse démarrer.

L’organisation d’Amber Rollins milite à la Chambre des Représentants aux États-Unis pour une loi, du nom de Hot Cars Act of 2019 (Loi de 2019 sur les Véhicules Chauds), qui obligerait tous les constructeurs automobiles à installer des systèmes détectant les occupants de la banquette arrière après l’arrêt du moteur. Plus précisément, la loi rendrait obligatoire une « alerte auditive et visuelle distincte afin de notifier les conducteurs et quiconque à l’extérieur du véhicule » qu’une personne se trouve encore à l’intérieur.

Un porte-parole de l’Alliance des Constructeurs Automobiles, le lobby des constructeurs automobiles à Washington D.C., a indiqué au Free Press que l’industrie explore actuellement des solutions pour faire avancer les efforts collaboratifs vers une réduction des risques, mais il a ajouté qu’il demeure important de continuer à éduquer le public sur ce sujet.

Bien que la plupart des personnes considèrent qu’il relève du bon sens de ne jamais laisser un enfant dans un véhicule, les militants pour la sécurité tels qu’Amber Rollins citent des études qui montrent que les décès survenant dans des véhicules chauds ne sont pas intentionnels. Les parents concernés sont issus de tous groupes démographiques et socio-économiques et croyaient en grande majorité que leurs enfants se trouvaient tout simplement ailleurs.

La plupart des morts dues à une insolation dans un véhicule sont accidentelles, selon NoHeatStroke.org, un site de publication de données dirigé par le département de météorologie et de science du climat de la San Jose State University. Le groupe de recherche a découvert que 26 % des décès ont eu lieu lorsque des enfants sont entrés dans le véhicule de leur propre chef, tandis que dans 19 % des cas, le conducteur les avait intentionnellement laissés dans le véhicule.

 « Cela arrive à des personnes incroyablement aimantes, responsables et, dans beaucoup de cas, très instruites, et ce n’est pas un acte intentionnel », martèle Amber Rollins.