La pandémie du Covid-19 a bouleversé les systèmes sanitaires des pays du monde entier. Et pendant ce temps, les start-up de santé numérique ont pris en charge des rôles importants pour s’occuper des patients infectés, et maintenir les systèmes sanitaires fonctionnels à distance. 

La thérapie numérique est une sous-catégorie du secteur de la santé numérique composée de thérapies basées sur des logiciels dont l’efficacité clinique a déjà fait ses preuves. Cette technique a connu un essor sans précédent suite à la crise du coronavirus et pour cause ; elle peut remplacer ou améliorer les traitements traditionnels sous forme de médicaments ou de soins fournis par des aides-soignants. Les start-up de thérapie numérique actuelles peuvent gérer divers cas, comme les personnes atteintes de diabète de type 2, d’autisme, d’addictions et de lésions musculo-squelettiques.


Le potentiel de la thérapie numérique 

La thérapie numérique a le potentiel de devenir un traitement pratique et économique pour des millions de patients. Le coût de mise sur le marché d’un médicament étant estimé à 2,9 milliards de dollars (environ 2,7 milliards d’euros) et le retour sur investissement étant proche de 0 %, de nouvelles solutions sont nécessaires. De plus, les coûts de développement bas, la facilité de distribution et l’extensibilité des produits font de la thérapie numérique une proposition plus attrayante pour les investisseurs. 

Les progrès effectués avant le Covid-19

Avant, la thérapie numérique faisait face à des barrières réglementaires et des refus de remboursement pour leurs solvants. Tandis que ces derniers mois, ces obstacles ont commencé à diminuer. En 2019, la FDA (agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a mis en place un programme de pré-certification et d’autres réglementations pour faciliter le processus d’approbation des logiciels. Puis, fin 2019, CVS et ExpressScripts, les deux plus grands gestionnaires pharmaceutiques, ont créé des formulaires de santé numérique, pour permettre aux thérapies numériques de se placer à côté des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux plus traditionnels. La pandémie a entraîné une hausse de la demande des consommateurs et la simplification des procédures du secteur de la santé numérique, qui s’est adaptée à un changement du rythme de production.

La hausse de la demande

Comme expliqué précédemment, le secteur de la santé numérique et ses start-up connaissent une augmentation spectaculaire de la demande. SolvHealth, une start-up qui aide les patients à prendre des rendez-vous le jour même, a enregistré une augmentation de 3 400 % des consultations vidéo et de 2 575 % de médecins actifs en télémédecine. Tandis que K Health, une start-up de premiers secours numérique, veut engager plus de 500 médecins pour pouvoir répondre à la demande. Des start-ups comme TwentyEight Health, qui délivrent des ordonnances par courrier, ont également reçu un coup de pouce.

Mais le secteur des pharmacies numériques a aussi eu des bénéfices : Capsule, qui dessert la ville de New York, fortement touchée par la crise, a enregistré un nombre de nouveaux clients 5 fois supérieur à la norme, d’après son PDG Eric Kinariwala. Des millions de personnes découvrent la facilité de consulter un médecin, de commander leurs médicaments ou de recevoir un traitement à distance, ouvrant ainsi la voie à une plus large adoption des thérapies numériques.

De nouvelles réglementations

Bien que la réaction du gouvernement face au Covid-19 laisse à désirer aux États-Unis, des changements de réglementations ont profité aux thérapies numériques.

Le 18 mars 2020, VP Pence a annoncé que les fournisseurs pourraient effectuer des livraisons dans plusieurs états, débloquant ainsi une plus grande offre de fournisseurs pour les entreprises de santé numérique. Ces nouveaux changements, combinés à des taux de remboursement plus élevés pour la télémédecine nouvellement fixés par l’OMS, pourraient contribuer à résoudre le problème de l’insuffisance de personnels cliniques. Deux jours avant cette annonce, le DEA (Drug Enforcement Administration) avait fourni plus d’informations sur la loi Ryan Haight qui permet aux fournisseurs de prescrire des substances à distance sans examen préalable en personne : les conditions idéales pour que de plus en plus de start-up voient le jour dans ce secteur, et permettent aux pharmacies numériques de servir plus de patients. Pour finir, la FDA a publié de nouvelles directives autorisant davantage de dispositifs de surveillance à distance des patients pendant l’épidémie.

Les entreprises qui auront du succès

Les grandes entreprises bien établies comme Livongo, Omada Health et Pear Therapeutics pourraient voir leurs bénéfices monter en flèche, compte tenu de leurs bilans solides et de leur plus grande capacité à faire face aux changements réglementaires. Cet avantage semble se refléter dans les marchés publics, le cours de l’action Livongo ayant considérablement augmenté au cours du deuxième trimestre. Pour donner du crédit à la confiance grandissante des investisseurs, Livongo a annoncé le 7 avril qu’il prévoyait une augmentation de ses revenus. Par ailleurs, le 6 avril, Omada Health a rendu son programme de santé mentale gratuit pendant six mois en réponse à la crise, ce qui devrait améliorer sa position concurrentielle.

L’application de méditation Headspace, qui a gagné plus de 93 millions de dollars (environ 85 millions d’euros) au cours des dernières semaines, consacre des efforts considérables sur ses programmes comme Headspace Health. En effet, elles ont aussi pu observer une hausse de la demande de la part des consommateurs. Les entreprises en lien direct avec les clients font beaucoup de profits. À l’inverse, les entreprises qui ciblent les employeurs peuvent se heurter à des budgets trop serrés et un refus d’adopter de nouvelles offres, à moins qu’ils ne réalisent des économies immédiates.

Les principaux bénéficiaires de cette révolution seront les patients. Bien qu’il ait fallu une tragédie comme le COVID-19 pour provoquer ces changements, et si les aspects positifs subsistent après la fin de la pandémie, cela se traduira par davantage d’options, des bas prix et un meilleur accès à des traitements novateurs. Bientôt, votre médecin pourra vous prescrire une application à la place d’un médicament.

 

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