La Cour fédérale australienne a donné raison au ministre de la Défense, Peter Dutton, et lui a accordé 35 000 dollars australiens (22 000 euros) dans le cadre d’un procès en diffamation qu’il avait intenté à un défenseur des réfugiés qui avait critiqué le législateur sur Twitter. Cette décision intervient à un moment où le gouvernement australien a promis de réprimer les critiques dommageables sur les médias sociaux.


 

Faits marquants

  • Dutton a déclaré qu’il avait été « blessé et en détresse » après avoir vu un tweet du militant pour les réfugiés Shane Bazzi qui le décrivait comme un « apologiste du viol », a-t-il dit au tribunal, selon Reuters.
  • Le législateur a déclaré qu’il était habitué à la « rudesse et au tumulte » de la politique, mais qu’il avait été « profondément offensé » par le tweet.
  • Dutton s’est vu accorder l’équivalent de 22 000 euros de dommages et intérêts, soit une fraction du montant maximal possible, mais le juge fédéral Richard White a refusé la demande d’injonction du ministre, qui aurait empêché M. Bazzi de tweeter à son sujet à l’avenir.
  • Dutton a fait remarquer qu’il croyait que le tweet de M. Bazzi n’était pas un simple coup de gueule contre lui, car le militant pour les réfugiés avait une coche bleue à côté de son nom, indiquant qu’il s’agissait d’un compte vérifié.
  • Bazzi avait posté son tweet après que M. Dutton eut défendu sa gestion d’une plainte pour agression sexuelle au sein du Parlement.
  • Le tweet, aujourd’hui supprimé, disait « Peter Dutton est un apologiste du viol » et contenait un lien vers un article de 2019 dans lequel Dutton aurait déclaré que certaines réfugiées « s’essayaient » et tentaient d’entrer en Australie en prétendant faussement avoir été violées.

 

Citation importante

En réponse à la décision de mercredi, Bazzi a tweeté : « Nous sommes très déçus par le résultat. Nous allons prendre le temps d’examiner nos options. Merci pour tout votre soutien et votre solidarité ».

 

Contexte clé

La décision du tribunal intervient à un moment où le gouvernement australien est engagé dans une campagne visant à limiter les commentaires préjudiciables sur les plateformes de médias sociaux, qu’il a qualifiées de « palais des lâches ». Le mois dernier, le Premier ministre australien Scott Morrison a prévenu qu’il était prêt à rendre des entreprises comme Facebook et Twitter responsables des commentaires diffamatoires publiés par leurs utilisateurs. Un mois auparavant, la plus haute juridiction australienne avait jugé que les éditeurs pouvaient être tenus pour responsables des commentaires publics publiés sur des forums en ligne, une décision qui met l’Australie en porte-à-faux avec les règles en vigueur dans la plupart des autres démocraties occidentales. Les plateformes telles que Facebook et Twitter sont souvent protégées par des lois sur la sphère de sécurité qui garantissent qu’elles ne sont pas responsables des commentaires de leurs utilisateurs, à condition qu’elles acceptent de retirer les contenus illégaux lorsqu’elles en sont informées. Les militants de l’internet ont fait valoir que les dispositions relatives à la sphère de sécurité sont une pierre angulaire de l’internet ouvert et que leur suppression pourrait entraîner une intensification de la censure en ligne.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

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