Le ministre australien de l’Immigration, Alex Hawke, a annulé pour la deuxième fois le visa de Novak Djokovic. Cette décision intervient quelques jours après qu’un tribunal fédéral a révoqué la décision initiale de l’Australian Border Force d’annuler le visa de la star du tennis non vaccinée.


 

Selon Alex Hawke, la décision d’annuler le visa australien de Novak Djokovic est fondée sur des raisons de santé et de bon ordre. En outre, il précise qu’il est « dans l’intérêt public de le faire. » Le ministre australien de l’Immigration affirme avoir soigneusement examiné les informations fournies par le ministre australien de l’Intérieur, l’Australian Border Force et Novak Djokovic avant de prendre cette décision. Enfin, il rappelle que le gouvernement Morrison est « fermement engagé » à protéger les frontières de l’Australie, notamment durant la pandémie.

Novak Djokovic peut faire appel de cette décision devant les tribunaux. Néanmoins, ses chances d’obtenir gain de cause sont minces, car les pouvoirs détenus par le ministre australien de l’Immigration en matière d’annulation de visa sont très larges. En effet, en vertu de la section 133C(3) de la loi australienne sur les migrations, un ministre peut annuler le visa d’un individu si le titulaire représente un risque pour « la santé, la sécurité ou le bon ordre » du pays, entre autres.

L’on ignore encore quelles seront les conséquences de cette décision, ou de la probable contestation judiciaire du champion de tennis, sur l’Open d’Australie, qui doit commencer lundi 17 janvier. Novak Djokovic a remporté le tournoi à neuf reprises. Il est le favori de la compétition et une victoire lui permettrait de briser son égalité avec Roger Federer et Rafael Nadal pour le plus grand nombre de titres du Grand Chelem (21).

Le Premier ministre australien Scott Morrison a déclaré que la décision d’annuler le visa de Novak Djokovic avait été prise pour des « raisons de santé et de bon ordre », avant d’ajouter : « Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices durant cette pandémie, et ils s’attendent à juste titre à ce que le résultat de ces sacrifices soit protégé. C’est ce que fait le ministre Hawke en prenant cette mesure aujourd’hui. Nos solides politiques de protection des frontières ont assuré la sécurité des Australiens, avant le covid et durant la pandémie ».

En début de semaine, l’ancien joueur de tennis australien et membre du Parlement, John Alexander, a écrit dans une publication sur Facebook que Novak Djokovic semblait avoir respecté toutes les exigences sanitaires d’entrée et ne présentait pas de risque déraisonnable pour l’Australie : « Les “pouvoirs personnels du ministre pour annuler les visas” sont conçus pour empêcher les criminels de circuler dans nos rues, ou pour empêcher une personne contagieuse de circuler dans nos rues. Ils ne sont pas conçus pour aider à traiter un problème politique potentiel ».

L’annulation du visa de Novak Djokovic est le dernier évènement en date dans le bras de fer entre les autorités australiennes et la star du tennis mondial, qui critique depuis longtemps les vaccins contre le covid-19. Novak Djokovic a obtenu une exemption médicale pour participer à l’Open d’Australie, bien qu’il ne soit pas vacciné. Cependant, après avoir atterri à Melbourne la semaine dernière, les autorités frontalières l’ont retenu à l’aéroport durant plusieurs heures avant de lui retirer son visa, estimant qu’il ne répondait pas aux exigences strictes de l’Australie en matière de vaccins pour les voyageurs étrangers. L’équipe juridique du joueur de tennis serbe a fait appel de cette décision devant les tribunaux et Novak Djokovic a été placé en détention par les services d’immigration dans un hôtel de Melbourne. Lundi 10 janvier, le tribunal fédéral de Melbourne a statué en faveur du tennisman et a ordonné au gouvernement australien de rétablir son visa. Dans sa décision, le juge a déclaré que l’annulation du visa était « déraisonnable », car Novak Djokovic n’a pas eu le temps de consulter d’autres personnes sur les questions soulevées par les autorités frontalières.

Mercredi 12 janvier, Novak Djokovic a admis avoir participé à une interview et à un photoshoot en décembre, alors qu’il savait qu’il était positif au covid-19. Dans une déclaration publiée sur Instagram, le joueur serbe s’est excusé pour cette « erreur de jugement ». Dans sa déclaration, il a tenté de clarifier les circonstances entourant sa contamination après que plusieurs questions ont été soulevées sur la véracité de son test covid-19. Novak Djokovic a également reconnu avoir fait une fausse déclaration sur son formulaire de voyage en Australie, la qualifiant d’erreur humaine.

Dernière minute : Le gouvernement australien accepte de surseoir à l’expulsion du pays de Novak Djokovic le temps de la procédure entamée par l’équipe juridique du joueur serbe.

 

Article traduit de Forbes US – Auteurs : Siladitya Ray et Joe Walsh

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