HISTOIRE | Il y a un an tout juste, dans une “adresse à la Nation“, Emmanuel Macron a décrété un confinement généralisé. La pandémie de Covid-19 a alors totalement changé notre quotidien. Plus de 68 millions de Français sont confinés. L’économie est quasiment à l’arrêt. Le chef de l’Etat a annoncé aussi que “quoi qu’il en coûte”, l’Etat serait aux côtés des Français et des entreprises. Une période bouleversante qui a changé la phase du monde. Forbes France a demandé à ses reporters et ses équipes un témoignage de cette époque pas comme les autres. C’était il y a un an… Le Covid-19 entrait dans nos vies ! 

 

CE 15 MARS 2020, Margaux rêve d’Afrique. “Il y a un an, ma valise était bouclée et mes trois vaccins effectués : je suis encore persuadée de m’envoler pour Dakar, le 24 mars. J’ai malheureusement dû me faire à l’idée que je resterai à Paris. Quelle déception de voir partir 6 mois de préparation en un discours ! “

En ce moment, Margaux  effectue brillamment un stage de Community Manager à la rédaction de Forbes. Elle redéroule le film de cette période. Tous ses repères vont changer : 
“En quelques jours, il a fallu réorganiser toutes mes habitudes quotidiennes : plus de cours à l’université, plus de métro, s’organiser des repas à la maison, travailler en cohésion avec une famille très bruyante. Malgré tous ces changements, le plus difficile était de s’occuper”.

Margaux : “Ma vie d’étudiante était très légère, je n’avais que 20h de cours par semaine. Le temps m’a alors paru très long. J’ai, en quelques jours, décidé de me trouver des nouvelles occupations auxquelles je n’aurai jamais songé auparavant. J’ai alors appris à cuisiner et surtout prendre du temps pour moi. J’ai, malheureusement, compris que beaucoup d’entreprises n’avaient pas su s’adapter assez rapidement puisque mon stage, initialement prévu en mai, s’est vu être annulé au dernier moment… J’ai alors eu l’impression que le sort s’acharnait sur moi : tous mes projets, qu’ils soient professionnels ou personnels, tombaient à l’eau il y a un an.


CE 15 MARS 2020“Nos vies s’apprêtaient à basculer”. Cette expression revient tout le temps, dans presque tous les témoignages.  Le Président de la République vient d’annoncer un confinement de deux semaines, renouvelable. Il  va finalement duré près de deux mois, jusqu’au 11 mai.

La France entre “en guerre”, selon les mots d’Emmanuel Macron, comme le reste du monde, contre un ennemi invisible, suscitant à son passage peurs et inquiétudes, et pour certains, un déni total face cette « grosse grippe » venue de Chine.

 

Antonia : « Il y avait une atmosphère étrange, comme si une guerre s’annonçait. Il fallait voir Paris se vider de ses habitants, les voitures chargées au maximum, pour un exode dont on savait très bien qu’il durerait plus de quinze jours ».

 

CE 15 MARS 2020 : Que reste-t-il des émotions que nous avons ressenties ce jour-là ? Pour Antonia, propriétaire d’une épicerie italienne, où Marie-Caroline (reportrice à la rédaction de Forbes) a l’habitude de se rendre pour distiller un peu d’exotisme à son quotidien, l’annonce du confinement lui a fait l’effet d’un choc.

Ecoutons Antonia : “Il y avait une atmosphère étrange, comme si une guerre s’annonçait. Il fallait voir Paris se vider de ses habitants, les voitures chargées au maximum, pour un exode dont on savait très bien qu’il durerait plus de quinze jours”.

Même son de cloche du côté de chez François, salarié d’une librairie : “J’ai le souvenir d’être allé faire mes courses ce matin-là, au supermarché en bas de chez moi. Ce fut un choc de voir des rayons entiers dévalisés. Papier-toilette, pâtes, riz et sauce tomate, les gens s’étaient jetés sur ces denrées comme s’ils allaient monter un siège. Je me suis dit que ces comportements n’inauguraient rien de bon pour la suite”.

Peur de manquer, risque de rationnement, la machine médiatique s’emballe et fait les gros titres avec les angoisses des Français. Et pourtant, si certaines références ont manqué pendant plusieurs semaines, la pénurie n’a jamais eu lieu.


Le soir, à 20 heures, les applaudissements…

La vie est aussi rythmée par un nouveau rendez-vous solidaire : le soir à vingt-heures, les portes-fenêtres s’ouvrent et les mains claquent. On célèbre ainsi le personnel hospitalier, qui se bat pour sauver des vies :   

 


Faire du confinement, un nouveau départ

Théodore, reporter à Forbes, a décidé de mettre en avant une toute autre histoire : celle de Guillaume, étudiant en Lettres. Il décide de quitter Paris pour rejoindre sa tante, dans les Alpes-Maritimes. Cela fait plusieurs mois qu’il a arrêté de faire du sport, et que sa consommation de tabac a augmenté. Partant du principe qu’il faut savoir tirer un bénéfice de chaque période contraignante, il prend la résolution de suivre des cours de sport en visio et d’arrêter de fumer durant ces deux semaines. Il espère alors que son initiative lui permettra de continuer sur cette voie, une fois de retour à la vie “normale”.

Contrairement à ce à quoi il s’attendait, il n’a aucun mal à arrêter de fumer. Peut-être est-ce dû à ses premières séances de sport, durant lesquelles il a l’impression qu’on lui plante un couteau dans le cœur à chaque répétition. Toujours est-il qu’il commence à ressentir une forme de bien-être en adoptant ce nouveau rythme de vie. Il est même satisfait à l’annonce du prolongement du confinement. Outre le sport, il a le temps de préparer des repas équilibrés, de lire, de regarder des séries… toutes ces choses impossibles dans sa vie d’avant.

Le deuxième mois est plus dur que le premier. Il ressent de plus en plus le besoin de goûter à l’extérieur, de sortir explorer sa magnifique région. Il est tiraillé, altéré, polarisé… Une partie de lui aimerait que tout cela cesse et une autre s’est réfugiée dans une forme de complaisance. Il apprécie cette nouvelle vie mais il ne l’aime pas. Face à cette averse de sentiments contraires, il se concentre sur les effets positifs : le confinement lui a permis de repartir sur de nouvelles bases avec de nouvelles habitudes et les transformations physiques obtenues lui ont redonné confiance en lui.

 


Paris est un désert, Paris est une splendeur !

Qui l’eut cru ? Paris s’est arrêté. La France entière s’est subitement arrêtée. Le monde entier s’est figé. Plus de 4 milliards d’êtres humains sont confinés en même temps.  En France, la vie est rythmée par une attestation : permission de sortir une heure et dans un rayon de un kilomètre.

Paris est un devenu un désert. Paris est silence. De temps en temps, le croassement de corbeaux réveille “Paris-Campagne”.

Sur les pavés, le roulement des voitures disparait. Et pour les chasseurs d’images un spectacle inouï s’offre à nos yeux. Plus que des mots, mieux vaut regarder. Clic-Clac, voici des instantanés proposés par les journalistes de Forbes, de cette période historique :

 

L’Arc de Triomphe sans ses voitures qui tournent d’ordinaire autour de lui :   


 

La rue de Rivoli, au petit matin  : 

La place de la Concorde, sans voitures, sans touristes… Juste le regard d’une mannequin (la publicité) qui observe une place désertique : 

 

Autour du musée du Louvre et du jardin des Tuileries : 

 


“Le confinement a pris des allures de retranchement bordélique en essayant « de faire avec »”

Pour finir, découvrons le témoignage de Désirée, pilier de la rédaction de Forbes France, puissante réflexion sur ce printemps 2020 : “En me remémorant le premier confinement il y a un an, je me suis penchée sur ce que Pascal avait écrit sur l’incapacité de l’homme à vivre au présent, « Nous ne tenons jamais au temps présent » des mots qui résonnaient déjà comme un avertissement à ce que nous allions vivre en l’espace d’une annonce télévisuelle : un arrêt dans le temps. Alors que la décision gouvernementale m’a tétanisée j’ai ressenti au même moment un sentiment vertigineux d’urgence à vivre ce présent : que faut-il faire ? Rester à Paris ou partir s’isoler à la campagne -avec le sentiment de décamper en laissant derrière nous ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir choisir- ? Se précipiter faire des courses avant que les rayons soient totalement vidés (j’avais déjà anticipé avec 8 paquets de pâtes dans les placards) ? Quels mots trouver pour rassurer ma dernière fille de 8 ans ?… Un état proche d’une euphorie qui ne serait pas joyeuse, et qui consiste à prendre un maximum de décisions pour soi, mais aussi une famille « nombreuse » de 4 enfants. Le confinement a pris des allures de retranchement bordélique en essayant « de faire avec », et autant de cours à suivre sur zoom, de leçons à faire pour le primaire, mais aussi trouver la patience pour supporter les disputes pour le Wi-fi, le besoin d’émancipation frustrée de l’adolescent et la pression de son propre travail à distance. Bref on n’a pas chômé pas et c’était mieux ainsi pour ne pas trop réfléchir à la menace de la pandémie qui nous parvenait depuis la messe télévisuelle du 20 heures.

 

Désirée : “Mais je n’oublie pas qu’en mars dernier la France s’est divisée en deux : les confinés comme moi et ceux qui ont porté le poids de l’essentiel, en soignant, nourrissant, distribuant dans les supermarchés, la Poste, et j’en oublie beaucoup… ce sont nos nouveaux héros”

 

Une période que j’imagine naïvement proche de celle que mes grands-parents ont pu vivre lors de la Seconde Guerre mondiale au moment de l’invasion. Pourtant, ma grand-mère du haut de ses 99 ans n’a pas le souvenir d’un tel cataclysme intérieur :  “On n’avait pas l’impression qu’on pouvait se faire du mal, on pouvait se voir au moins”. Le premier confinement passé, le second n’a rien eu à voir, car organisé pour que nous puissions au maximum préserver l’économie du pays. Mais je n’oublie pas qu’en mars dernier la France s’est divisée en deux : les confinés comme moi et ceux qui ont porté le poids de l’essentiel, en soignant, nourrissant, distribuant dans les supermarchés, la Poste, et j’en oublie beaucoup… ce sont nos nouveaux héros.

 

Article concocté par Désirée de Lamarzelle, Margaux Vernhet, Marie-Caroline Selmer et Theodore Laurent

 

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