Selon les alliés de Trump, le mérite du succès de Pfizer reviendrait à l’opération Warp Speed, la tentative du gouvernement Trump de fournir un vaccin le plus rapidement possible. Pourtant, la société pharmaceutique n’a reçu aucun soutien du gouvernement américain, au-delà d’un accord pour l’achat de 100 millions de vaccins.

 

Faits clés


  • Le vice-président Mike Pence, qui est resté remarquablement silencieux depuis l’élection présidentielle, a déclaré que le développement du vaccin était une « incroyable nouvelle » : Grâce au partenariat public-privé forgé par le président Donald Trump, Pfizer a annoncé que son essai de vaccin contre le coronavirus était efficace, prévenant l’infection chez 90% de ses volontaires.
  • Ivanka Trump a salué « le travail inlassable de l’opération Warp Speed et le partenariat conclu avec Pfizer, HHS & the Military en juillet dernier pour soutenir la distribution et la logistique ». Pfizer peut produire à grande échelle et livrer dans tout le pays plus de 100 millions de vaccins.
  • Le président Donald Trump s’est empressé de célébrer le succès du vaccin sur Twitter : « La bourse est en pleine hausse, le vaccin arrive bientôt. Le rapport de la Commission Européenne indique que le vaccin est efficace à 90%. Une si bonne nouvelle ! »
  • Nikki Haley, ancienne ambassadrice de Donald Trump auprès des Nations unies, a déclaré que le vaccin était « une excellente nouvelle pour le peuple américain », ajoutant : « Un grand merci à Donald Trump et à l’opération Warp Speed. Ce sera l’une des mesures les plus importantes prises par le gouvernement en réponse à cette pandémie ».

 

Citation cruciale

Un porte-parole de Pfizer a déclaré à Forbes que bien que la société soit fière d’être l’une des fabricantes participant à l’opération Warp Speed et qu’elle ait conclu un accord d’achat anticipé avec le gouvernement américain, « la société n’a pas accepté le financement de BARDA pour le processus de recherche et de développement. Tous les investissements pour la R&D ont été réalisés par Pfizer à risque ».

 

Critique principale

Le Dr Kathrin Jansen, responsable de la R&D des vaccins chez Pfizer, a déclaré au New York Times que son équipe « n’a jamais fait partie de la Warp Speed » et n’a « jamais reçu d’argent du gouvernement américain, ni de personne d’autre ».

 

Contexte

S’il est vrai que Pfizer fait partie de l’opération Warp Speed, ce n’est qu’en tant que fournisseur potentiel d’un vaccin Covid-19 réussi. Si l’on peut vraiment dire que le gouvernement a encouragé le développement d’un vaccin, en fournissant un marché garanti, Pfizer s’est efforcé de rejeter très publiquement le financement public de son projet de vaccin Covid-19, rendant les contributions gouvernementales à ce stade effectivement nulles. L’entreprise Pfizer a assumé les risques du développement elle-même. En cas de succès, le gouvernement a accepté d’acheter 100 millions de vaccins dans le cadre de l’opération Warp Speed, soit assez pour traiter 50 millions de personnes, ainsi que la possibilité d’en acheter 500 millions de plus.

 

Le fil conducteur/La trame/L’accroche

Pfizer et BioNTech ont publié lundi les premiers résultats de leur vaccin Covid-19, montrant qu’il est efficace à 90 % pour prévenir la maladie. Ce chiffre est élevé, car il représente bien plus que les 50 % que la FDA (Food and Drug Administration) avait déclaré vouloir accepter, et a conforté le statut de précurseur du vaccin dans la course mondiale au développement d’un vaccin sûr et efficace.

 

À surveiller

La société est sur une bonne lancée et espère déposer à la mi-novembre une demande d’approbation d’urgence auprès de la FDA.  Il s’agirait alors du premier vaccin Covid-19 approuvé, en dehors de la Russie et de la Chine. Même s’il est approuvé, il reste de nombreux obstacles logistiques qui pourraient retarder le déploiement du vaccin, bien que la société ait accéléré sa production pendant des mois en prévision de l’approbation réglementaire.

 

L’Organisation mondiale de la santé enquête sur l’élevage de visons dans le monde entier, craignant que les animaux ne transmettent à l’homme de nouvelles souches Covid-19 dangereuses, dont certaines pourraient menacer l’efficacité des vaccins actuellement en cours de développement. Le Danemark a ordonné l’abattage de tout son troupeau de visons pour cette raison, avec au moins 214 personnes infectées par la souche Covid-19 liée aux visons depuis le mois de juin.

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart 

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