À chaque fois que la NASA annonce une découverte qui a trait à la possibilité d’une vie extraterrestre, les internautes s’affolent. Qu’il s’agisse d’eau jaillissant des lunes glacées Europe ou Encelade, ou de la possibilité que des microbes vivent sur des planètes semblables à la nôtre, un tas de possibilités passionnantes s’offre à la vie dans l’univers. Mais il ne faut pas oublier que cette discussion se limite principalement à une vie microbienne ou bactérienne, et non à la vie intelligente telle que nous l’imaginons.

De nombreuses études discutent du calcul des probabilités de vie intelligente dans l’univers, la plus célèbre étant l’équation de Drake, qui estime le nombre de civilisations intelligentes actives avec qui nous pourrions entrer en contact dans la Voie lactée. Mais une nouvelle étude affirme qu’il est très peu probable que la vie intelligente existe.

L’étude porte en grande partie sur l’histoire de notre propre Terre, qui a connu un certain nombre d’événements évolutifs uniques (comme l’astéroïde qui a tué les dinosaures, il y a quelque 66 millions d’années, permettant aux mammifères et aux humains de prendre la place des dinosaures).

Publiée dans la revue scientifique Astrobiology, l’étude affirme : « La vie intelligente dans l’Univers est exceptionnellement rare, en supposant que la vie intelligente ailleurs nécessite des transitions évolutives analogues [à la Terre] ».

L’étude souligne que sur Terre, la vie intelligente est apparue « à une échelle similaire à celle de la vie sur Terre ». Notre planète a environ 4,5 milliards d’années et ce n’est qu’il y a environ 5 millions d’années (soit 0,5 milliard d’années) que la vie intelligente est apparue, expliquent les auteurs de l’étude. La fenêtre de la vie intelligente semble ici étroite, car dans moins d’un milliard d’années, le soleil sera si lumineux que la température en surface de la Terre augmentera au-delà de ce la vie pourrait supporter.

Les scientifiques s’intéressent également aux temps de transition entre les principaux marqueurs de l’évolution de la vie terrestre, comme l’origine de la vie (ou abiogenèse) et les marqueurs de formes de vie de plus en plus complexes, comme l’eucaryote (un type de cellule utilisé par les mammifères), la vie multicellulaire et la vie intelligente. Certaines de ces transitions peuvent être assez inhabituelles, notamment les cellules eucaryotes qui sont arrivées sur Terre un milliard d’années après leurs ancêtres plus simples, les cellules procaryotes. D’autres transitions peuvent être plus courantes, comme la vie multicellulaire, qui serait née indépendamment plus de 40 fois.

Mais ce que les auteurs veulent souligner, c’est la chaîne d’événements qui a conduit des formes de vie les plus simples aux formes de vie intelligentes que nous connaissons aujourd’hui. La séquence de l’évolution seule était peu probable, ainsi les chances de voir apparaître une vie extraterrestre sont très faibles si nous devions réexaminer la séquence de l’évolution de la Terre depuis le début, encore et encore.

Les scientifiques notent cependant que ces estimations ont leurs limites : « Les chronologies sont sujettes à un biais d’échantillonnage ». Cela signifie que nous ne connaissons qu’une seule planète avec une vie intelligente, la nôtre. Ils ajoutent : « En particulier, nous ne pouvons observer que les transitions évolutives qui se sont produites assez rapidement pour s’inscrire dans la durée de vie habitable de la Terre », notant que ces transitions peuvent prendre encore plus de temps sur d’autres planètes.

Une autre limite est le manque de promesses des autres systèmes solaires pour toute forme de vie. Les étoiles naines rouges, que l’on croyait prometteuses pour accueillir des planètes propices à la vie, se révèlent être des étoiles flamboyantes qui peuvent cracher des radiations mortelles suffisantes à tuer toute chance de vie sur les planètes rocheuses.

Bien que cela ne reprenne qu’une partie des arguments avancés par les auteurs de l’étude, leurs conclusions générales indiquent une improbabilité de vie intelligente en général. Ainsi, alors que les planètes de la taille de la Terre semblent plus ou moins courantes dans l’univers, on ne sait pas exactement combien d’entre elles sont hébergées dans des systèmes solaires qui permettent de disposer d’eau et de conditions stables à leur surface pendant des milliards d’années, tout comme notre propre planète.

Cela dit, l’univers est grand. Et pour paraphraser le film Contact, sorti en 1997, qui traitait de la vie extraterrestre intelligente : nous vivons dans un grand univers, et le fait de n’avoir qu’un seul exemple de vie intelligente serait un terrible gaspillage d’espace.

L’étude a été menée par Andrew E. Snyder-Beattie, qui fait partie du groupe de recherche en écologie mathématique de l’université d’Oxford au Royaume-Uni.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Elizabeth Howell

 

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