Le Sénat américian confirmé lundi la nomination par le président Joe Biden de Janet Yellen, ancienne présidente de la Réserve fédérale, à la tête du département du Trésor, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles dépenses publiques massives pour aider à soutenir l’économie et inaugurer une vague de réformes portant sur les infrastructures, l’inégalité des richesses, la fiscalité et les relations commerciales extérieures.

 

Principaux faits

  • Le Sénat a confirmé la nomination de Janet Yellen lundi soir par un vote de 84 contre 15, faisant d’elle la personne la plus puissante du pays en matière fiscale et monétaire ; elle succède à l’ancien secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, en tant que première femme à la tête de ce département.
  • Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell (R-Ky.), a indiqué en début d’après-midi lundi qu’il voterait en faveur de la confirmation de Janet Yellen, mais les sénateurs Tom Cotton (R-Ark.), Rand Paul (R-Ky.) et Josh Hawley (R-Mo.) faisaient partie de ceux qui ont voté contre sa nomination.
  • Largement considérée comme une voix modérée, Janet Yellen a ouvert son audience de confirmation mardi en déclarant qu’elle ferait de la relance budgétaire supplémentaire une « priorité économique majeure pour éviter l’erreur commise par le Congrès lors de la dernière récession, qui a été de retirer un pied de l’accélérateur avant que la reprise ne s’installe ».
  • Vendredi, la commission des finances du Sénat a voté à l’unanimité pour faire passer la confirmation de Janet Yellen, mais non sans la réticence des républicains : le sénateur Mike Crapo (R-Idaho) a déclaré qu’il avait « de très forts désaccords » avec la nouvelle secrétaire au Trésor, notamment en ce qui concerne les impôts.
  • Janet Yellen, 74 ans, a réitéré son soutien, lors de son audition de confirmation, pour un code fiscal progressif « où les riches particuliers et sociétés paient leur juste part », mais a déclaré que tout changement n’interviendrait qu’après la fin de la pandémie.
  • Concernant le commerce, Janet Yellen a indiqué qu’elle ne s’éloignerait peut-être pas trop des tactiques sévères de l’ancien président Donald Trump à l’égard de la Chine, affirmant que « nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine » en ce qui concerne l’environnement, la propriété intellectuelle et les subventions.
  • « Les économistes ne sont pas toujours d’accord, mais je pense qu’il y a maintenant un consensus sur le fait que sans action supplémentaire, nous risquons une récession plus longue et plus douloureuse maintenant et une cicatrisation de l’économie à plus long terme plus tard », a déclaré Janet Yellen devant le Sénat mardi. « Nous aurons besoin de plus d’aide pour distribuer le vaccin, pour rouvrir les écoles, pour aider les États à maintenir les pompiers et les enseignants sur le terrain… et pour aider les familles qui risquent de souffrir de la faim. Ni [Joe Biden] ni moi ne pourrions approuver ce programme d’aide sans prendre en compte le fardeau de la dette du pays, mais pour l’instant, avec des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, la chose la plus intelligente que nous puissions faire est d’agir en grand ».
  • Le principal point de discorde lors de l’audition de mardi était le fardeau de plus en plus lourd de la dette des États-Unis, que Janet Yellen a qualifié de secondaire par rapport aux dépenses budgétaires nécessaires pour l’aide et les investissements dans les infrastructures dans des domaines tels que les énergies renouvelables, les véhicules électriques et la cybersécurité.
  • « Nous sommes face à une nouvelle explosion des dépenses », a déclaré mardi le sénateur Patrick Toomey (R-Penn) à propos de l’audacieux programme de dépenses de Janet Yellen. « Le seul principe d’organisation que je puisse comprendre, semble-t-il, est de dépenser autant d’argent que possible, apparemment pour le plaisir de le dépenser ».

 

Chiffre important

28 billions de dollars. C’est le niveau de la dette nationale américaine – encore plus que le produit intérieur brut annuel du pays. La dette nationale a augmenté d’environ 8 billions de dollars pendant le mandat du président Donald Trump.

 

Le contexte

Grande fervente de la promotion des taux d’intérêt bas, Janet Yellen a été la première femme à diriger la Réserve fédérale lors de sa nomination par le président Barack Obama en 2014, et la première femme à diriger le Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche. Tout au long de sa carrière, Janet Yellen a soutenu la règlementation financière (notamment la loi Dodd-Frank introduite en 2010 pour réformer le système bancaire) et elle a réitéré ce soutien mardi, mais elle n’est pas considérée comme une menace majeure pour les grandes entreprises par Wall Street.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Jonathan Ponciano

 

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