Le président du Medef a estimé, à l’instar de François Fillon dont il juge, au passage, le programme comme étant le plus abouti, qu’il était possible de réduire de 500 000 le nombre de fonctionnaires « sans douleur » avec les fonctionnaires eux-mêmes, égratignant au passage les propositions d’Emmanuel Macron en matière de baisses des charges pour les entreprises. 

Le Medef se lance dans la bataille de la présidentielle. L’organisation patronale, qui auditionnera les candidats à l’élection présidentielle en trois vagues, les 21 et 28 mars et le 5 avril, a d’ores et déjà livré ce matin “son bulletin de notes”, via son président Pierre Gattaz sur le plateau de LCI, , portant aux nues les propositions des uns et vouant aux gémonies les postures et mesures des autres.

Et au rayon des « satisfecit », le « patron des patrons » a jugé, sans surprise, le programme de François Fillon comme étant le plus équilibré et le plus abouti, notamment en matière d’économies réalisées sur l’ensemble du quinquennat. « François Fillon dit 100 milliards, ça tombe bien c’est le chiffre que nous avons en tête », avait déjà indiqué le PDG de Radiall lors de sa conférence de presse mensuelle ce mardi.

Fillon au pinacle…


Concernant la réduction « drastique » du nombre de fonctionnaires – 500 000 à l’horizon 2022 – préconisée par l’ancien Premier ministre, et après avoir estimé que ce nombre pouvait « mettre le feu », Pierre Gattaz semble avoir revu son jugement et s’inscrit désormais dans les pas de François Fillon. Le patron du Medef indique qu’il était possible de parvenir à cet ambitieux objectif de conserve avec les fonctionnaires. « On peut réduire de 500 000 fonctionnaires sans douleur avec les fonctionnaires eux-mêmes », a-t-il annoncé sur le plateau de LCI.

« Le programme de François Fillon va dans le bon sens, il est pragmatique, c’est celui qui a été utilisé dans tous les pays du monde », avait déclaré le « patron des patrons ». Même si, concernant l’objectif de baisses des charges de l’ancien locataire de Matignon, Pierre Gattaz demeure un tantinet réservé. « Il (ndlr, François Fillon) parle de 40 milliards de baisse des charges des entreprises, ce qui est un peu moins ambitieux que ce que nous souhaitons. Mais, pour l’instant, c’est celui qui a le meilleur programme de baisse des charges »

Macron : copie à revoir

Sur ce point précis des baisses des charges des entreprises, Pierre Gattaz s’est, en revanche, montré résolument circonspect sur le projet de l’ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. « Certes, il va dans le bon sens avec un impôt sur les sociétés à 25% et un impôt sur les revenus du capital de 30%. Mais sur la baisse du coût du travail et des charges des entreprises, là c’est très très flou ». Et d’ajouter que les 60 milliards d’euros promis par le fondateur d’En Marche! pour enrayer la hausse des dépenses publiques étaient « un peu légers »

Le Pen, Hamon et Mélenchon cloués au pilori

Sans surprise (encore), le président du Medef a tiré à boulets rouges sur le programme économique de Marine Le Pen. « Pour moi, ce programme est un programme de repli et de renoncement avec, surtout, 125 milliards de dépenses publiques supplémentaires dans ce programme, soit 125 milliards d’euros supplémentaires d’impôts à payer pour les ménages ou les entreprises ». Un chiffre qui grimpe à 150 milliards d’euros pour les projets respectifs de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, selon les dires de Pierre Gattaz. « Pour moi ces trois programmes sont anti-économiques et absolument pas aboutis. Avec Marine Le Pen, on se prépare à un scénario à l’Argentine ». Fin de citation.