Après le débat présidentiel entre Joe Biden et Donald Trump organisé mardi 29 septembre en vue des élections du 3 novembre, quel candidat se distingue comme le vainqueur ?

Pour beaucoup, c’est difficile à dire. La cacophonie d’attaques personnelles entre les deux hommes ne permet pas de désigner un vainqueur. Mais sur le réseau social Parler, une nouvelle application courtisée par l’Amérique conservatrice, y compris les Proud Boys d’extrême-droite, la conclusion est définitive : la victoire revient à Donald Trump.

John Matze, fondateur de l’application, déclare : « Les gens étaient sur Parler ce soir parce qu’ils peuvent y exprimer librement leurs opinions sans craindre d’être bridés, bannis, ou virés de la plateforme ». Il voit Parler comme une alternative à Twitter et Facebook, les plateformes grand public qui, selon lui, tentent de faire taire les conservateurs. « Dans l’ensemble, je pense que leur expérience avec Parler a contribué à une élection juste et libre », estime-t-il.

L’application Parler, fondée en 2018, a gagné en popularité auprès des républicains au cours des derniers mois. En juin, Donald Trump a même envisagé de quitter Facebook et Twitter pour concentrer ses efforts sur Parler. Bien qu’il n’ait pas sauté le pas, il a créé de compte officiel, tout comme son fils Eric, et son avocat Rudy Giuliani et de nombreux partisans de l’actuel président. Cet été, Parler comptait 500 000 téléchargements par semaine, et sa base d’utilisateurs approchait les 2 millions, soit bien plus que son nombre d’utilisateurs avant que Donald Trump ne mette en avant l’application, et avant que les Proud Boys ne s’y installent depuis que Twitter et Facebook ont suspendu le groupe en 2018.

C’est donc sans surprise que Parler a été un foyer de discussions tout au long du débat de mardi soir. L’événement a été commenté de nombreuses fois sur la plateforme. Certains utilisateurs ont même été violents dans leurs propos, comme @MidnightMarauder, un suprémaciste blanc autoproclamé  : « C’est comme si #trump était venu avec un fusil à une bataille de polochons ».

Ces publications ne sont rien par rapport aux réactions des utilisateurs après la déclaration du président actuel au sujet des Proud Boys, qu’il a sommés de « Stand back and stand by » (littéralement « Reculez et tenez-vous prêts »). Le groupe a en effet interprété cette phrase comme un appel aux armes.

Le leader des Proud Boys, Joe Biggs, a d’ailleurs eu du mal à contenir sa joie sur Parler : « En gros, Trump a dit d’aller les emmerder ! Ça me rend si heureux ». (Il aurait fait des commentaires similaires sur Telegram, une application de messagerie cryptée qui attire des groupes nationalistes en raison de sa technologie protégeant l’anonymat). Joe Biggs compte de nombreux fans sur l’application, environ 34 000 personnes, et il se décrit lui-même dans son profil comme « chanteur, motard et combattant de la liberté ».

Enrique Tarrio, un autre leader des Proud Boys, a fait écho au commentaire de Joe Biggs : « Je suis extrêmement FIER de la performance de mon Président ce soir », a-t-il écrit sur Parler. Le compte principal des Proud Boys, @TheProudBoys, qui compte 50 000 abonnés, a offert un bref résumé de la soirée, ponctuant leurs messages emplis d’excitation par des lettres majuscules à tout va : « MERCI PRÉSIDENT TRUMP ! » Ces mots étaient accompagnés d’une image d’un T-shirt noir orné du slogan « Proud Boys Standing By ».

John Matze, le fondateur de l’application, a déclaré à propos de son application : « Nous sommes un espace neutre. Tant que le discours [des Proud Boys] est légal… et qu’ils respectent nos [conditions de service]… nous ne faisons pas de discrimination basée sur un groupe ou une association ».

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Abram Brown

 

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