Lundi 22 mars, les États-Unis ont annoncé prendre des sanctions à l’encontre de deux responsables chinois en réponse aux violations présumées des droits de l’Homme dans la région autonome du Xinjiang. Le pays rejoint ainsi l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni et le Canada dans un effort pour faire pression sur Pékin concernant la situation et le traitement des Ouïghours en Chine.

 

Le département du Trésor américain a indiqué que les sanctions visaient Wang Junzheng, membre du Corps de Production et de Construction du Xinjiang, et Chen Mingguo, membre du Bureau de la sécurité publique du Xinjiang, pour leur rôle dans les « graves violations des droits de l’Homme » commises à l’encontre des Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang.

Cette décision intervient alors que l’UE, le Royaume-Uni et le Canada ont inscrit sur leur liste noire plusieurs responsables du Corps de production et de construction et du Bureau de la sécurité publique, dont Wang Junzheng et Chen Mingguo. Ces derniers sont désormais soumis à des interdictions d’entrer sur le territoire européen, britannique et canadien et leurs avoirs sont gelés.

La Chine a rapidement répliqué, notamment face aux sanctions européennes, en imposant ses propres sanctions sur dix personnalités (dont l’eurodéputé français Raphaël Glucskmann). Le gouvernement chinois a déclaré que l’UE portait atteinte à sa « souveraineté et à ses intérêts et répandait malicieusement des mensonges et de la désinformation. »

En janvier, le département d’État américain avait déclaré que le gouvernement chinois avait commis un génocide et des crimes contre l’humanité par le biais d’une « tentative systématique de détruire les Ouïghours », une accusation rejetée par la Chine. L’Organisation des Nations unies a estimé que plus d’un million de Ouïghours ont été détenus dans des camps d’internement secrets dans le Xinjiang. Alors que la Chine a déclaré que ces centres étaient axés sur la « formation professionnelle » pour cibler l’extrémisme par l’éducation, les gouvernements et les groupes de défense occidentaux les ont comparés à des camps de concentration.

Dans un communiqué publié lundi, les États-Unis ont condamné la Chine pour « les détentions massives et la surveillance » des Ouïghours, affirmant que ces derniers sont « détenus et apparemment soumis à diverses méthodes de tortures et de “rééducation politique”. »

« J’apprends que je suis visé par les sanctions chinoises, banni du territoire chinois (ainsi que toute ma famille !) et interdit de tout contact avec les institutions officielles et entreprises chinoises pour ma défense du peuple ouïghour : c’est ma Légion d’honneur », a déclaré dans un tweet l’eurodéputé Raphaël Glucskmann. « Vos sanctions ne m’impressionnent pas. Vos exhortations à “l’autocritique” et vos menaces non plus. Avec les neuf autres personnalités européennes sanctionnées, nous continuerons à nous battre contre vos crimes et à briser les silences qui les entourent. »

Lors d’un point presse suivant l’annonce des sanctions américaines, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a déclaré que les États-Unis n’excluaient pas de prendre d’autres sanctions contre la Chine. « Nous évaluerons les prochaines étapes appropriées en étroite coordination avec nos alliés dans le monde entier », a déclaré Jen Psaki.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Gina Heeb

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