Une enquête du Sénat brésilien sur le président Jair Bolsonaro a conclu que la politique laxiste du président concernant l’épidémie de Covid-19 a entraîné la mort de plus de 300 000 personnes, selon le New York Times. Le rapport recommande que le président soit emprisonné et inculpé d’homicide de masse en conséquence.


 

Faits marquants

  • Le rapport, rendu public mercredi, affirme que Bolsonaro a laissé le virus ravager la population du pays dans le cadre d’un effort raté pour atteindre l’immunité collective.
  • Bolsonaro est également accusé de « génocide indigène », selon le Times, pour un nombre massif de décès dus au Covid-19 parmi les peuples indigènes du Brésil, qui vivent principalement dans la forêt amazonienne.
  • « Crimes contre l’humanité » figure également parmi les 11 chefs d’accusation recommandés contre le président.
  • Selon les médias, Bolsonaro fait partie des 70 personnes contre lesquelles le rapport de la commission sénatoriale recommande d’engager des poursuites, dont les trois fils du président.

 

À surveiller

Il semble peu probable que Bolsonaro fasse l’objet de poursuites pénales. Même si le rapport est approuvé par la commission qui l’a commandé, il devra ensuite être approuvé par la chambre basse du pays, que ses partisans contrôlent. Des poursuites pénales pourraient alors être engagées par le procureur général du pays, qui a été nommé par Bolsonaro. Le sénateur qui a été l’auteur principal du rapport a déclaré au Times que la commission pourrait porter plainte devant la Cour pénale internationale de La Haye si le système judiciaire brésilien ne poursuit pas le président.

 

Contexte clé

Le Brésil a été l’un des pays les plus durement touchés par la pandémie de Covid-19, mais Bolsonaro a toujours résisté aux mesures de confinement qui sont devenues courantes dans le monde entier, le président affirmant que le Covid-19 n’est rien de plus qu’ « une petite grippe ». Bolsonaro a également fait fi de bon nombre des directives de santé publique de base que les experts médicaux recommandent pour prévenir la propagation du coronavirus. Bolsonaro n’est pas vacciné et a dissuadé la population de porter un masque. Il s’est également fait connaître comme l’une des personnalités les plus en vue au début de la pandémie à soutenir l’hydroxychloroquine comme traitement du Covid-19. Bolsonaro a attribué au médicament le mérite de l’avoir aidé à se remettre du Covid-19 en juillet 2020, mais le médicament anti-paludisme s’est finalement avéré inefficace pour traiter le Covid-19. La cote de popularité de Bolsonaro a chuté tout au long de la pandémie, et il pourrait perdre son siège de président après les élections générales nationales de l’année prochaine.

 

Nombre important

603 465. C’est le nombre de décès dus au Covid-19 qui ont été confirmés au Brésil, selon l’université Johns Hopkins. Le pays est le deuxième au monde en termes de décès, derrière les États-Unis.

 

Article tradui de Forbes US – Auteur : Nicholas Reimann

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