Facebook prévoit d’embaucher 10 000 personnes au sein de l’Union européenne au cours des cinq prochaines années pour l’aider à construire son « métavers ». La société a annoncé la nouvelle lundi et souhaite se concentrer sur son prochain grand pari technologique alors qu’elle est confrontée à des questions majeures concernant sa gestion des contenus et des données personnelles en Europe et dans d’autres parties du monde.

 

Faits marquants

  • Dans un billet de blog publié lundi, le géant Facebook a déclaré qu’il prévoyait de créer 10 000 nouveaux « emplois hautement qualifiés » au sein de l’UE pour travailler sur sa prochaine plateforme informatique.
  • Facebook a défini le métavers comme un ensemble d’espaces virtuels où les gens peuvent interagir et s’engager avec d’autres personnes qui ne se trouvent pas dans le même espace physique qu’eux via la réalité virtuelle.
  • L’entreprise a déclaré que cet investissement était un « vote de confiance » dans la force de l’industrie technologique européenne et a ajouté que la région – où elle a fait l’objet d’une surveillance étroite – aiderait à façonner son métavers dès le départ.
  • Dans un effort probable pour apaiser toute préoccupation réglementaire, Facebook note que le métavers « ne sera pas construit du jour au lendemain par une seule entreprise » et que, comme l’internet, il sera ouvert et interopérable, sans donner de détails supplémentaires.
  • Reconnaissant les efforts de réglementation de l’UE, Facebook a également félicité les législateurs européens d’avoir intégré des valeurs telles que la liberté d’expression, la vie privée, la transparence et les droits individuels dans l’internet, et a indiqué qu’il partageait ces valeurs.

 

Nombre important
50 millions de dollars (43 millions d’euros). C’est le montant que Facebook a récemment annoncé vouloir dépenser pour aider à « construire le métavers de manière responsable ». L’argent sera dépensé sur deux ans par le biais de son fonds de recherche et de programmes XR, et l’entreprise travaillera avec d’autres organisations, des organismes à but non lucratif, des établissements universitaires et des gouvernements.

 

Contexte clé
Le métavers de Facebook – présenté par le PDG de l’entreprise, Mark Zuckerberg, comme un monde numérique immersif et étendu qui sera connecté par la réalité virtuelle (RV) – est le prochain grand pari technologique de l’entreprise, qui cherche à étendre ses offres de RV. En juillet, le directeur financier de Facebook, David Wehner, a déclaré que le travail sur la technologie de réalité augmentée et virtuelle nécessaire pour alimenter un métavers coûtera plusieurs milliards de dollars à l’entreprise. Ce projet ambitieux est dirigé par Andrew Bosworth, responsable des Reality Labs de Facebook, qui a déclaré qu’il espérait créer des expériences permettant aux utilisateurs de passer du monde physique au monde virtuel en toute transparence.

 

Tangente
Les critiques ont rejeté la volonté de Facebook d’adopter le métavers comme une tentative de détourner l’attention de plusieurs problèmes actuels de l’entreprise. Au début du mois, Frances Haugen, ancienne employée de Facebook et lanceuse d’alerte, a témoigné devant le Congrès, où elle a exposé un certain nombre de problèmes présumés au sein de l’entreprise, notamment sa réticence à modifier son algorithme pour ralentir la désinformation. Le mois dernier, le Wall Street Journal a publié un rapport d’enquête citant des études internes à Facebook qui ont révélé que sa plateforme de partage de photos Instagram a des effets néfastes sur une partie importante de ses millions de jeunes utilisateurs – en particulier les adolescentes.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

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