Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre sixième épisode, nous proposons un focus sur la région Auvergne Rhône Alpes, où le président sortant Laurent Wauquiez (LR/UDI) est candidat à sa propre succession.


  • Quelques éléments clés 
  • Habitants : 8 millions 
  • Départements : 12 
  • Chef-Lieu : Lyon 
  • Budget du Conseil régional : 4,8 milliards

Deuxième région métropolitaine en termes démographique et économique derrière l’Ile-de-France, la région Auvergne-Rhône-Alpes est dirigée depuis 2015 par l’ancien ministre et président du parti Les républicains, Laurent Wauquiez. Un victoire représentative d’un changement de paradigme car les deux régions historiques, Auvergne et Rhône-Alpes, étaient dirigées par la gauche depuis 2004. 

La victoire semble acquise pour le président sortant. Les multiples sondages réalisés montrent qu’aucun candidat n’est susceptible de faire planer ne serait-ce que l’ombre d’un doute sur sa réélection. L’objectif pour ses opposants sera de réussir à s’affirmer comme la principale force politique capable d’incarner l’alternance. Dans cette optique là, c’est le Rassemblement national qui est le mieux placé. 

Une région acquise au président sortant

Sur les 9 listes présentées dans la région, cinq devraient récolter les 10% nécessaires pour accéder au 2nd tour. Avec 33% des intentions de vote, Laurent Wauquiez devancerait de onze points le RN au premier tour, selon une enquête Ipsos réalisée pour France 3. Le ministre de l’Enseignement supérieur dans le 3e gouvernement Fillon s’est emparé des thèmes régaliens pour asseoir son assise sur la région qui, on le rappelle, ne font pas partie des compétences de la région. Il assure que sa “priorité absolue” est “le retour à la sécurité” rappelant l’installation de 6 000 caméras de surveillance durant sa présidence. La préférence régionale est également une des priorités de sa campagne. 

Loin derrière le président sortant, le transfuge de la France insoumise, Alexandre Kotarac, désire renforcer l’ancrage territorial du RN dans la région. Partisan du localisme, il s’érige contre “le mondialisme et l’islamisme” en accusant son concurrent de rassembler au sein de sa liste “des députés LR complaisant avec (celui-ci)”. Derrière lui, on retrouve Bruno Borrel, député LREM du Rhône avec 14%. Le chef de file du parti présidentiel joue la carte de l’optimisme rompant avec les thématiques anxiogènes. Il planche sur un plan économique de développement déclinable sur 30 ans et incluant la jeune génération. 

Socialistes et écologistes ont fait le choix de la division temporaire, la réunion des gauches aura lieu le soir du 1er tour, la liste arrivée en tête lors de celui-ci mènera la bataille du second scrutin. Cela pourrait bien être la liste de la revenante en politique, Najat Vallaud-Belkacem qui devance d’une courte tête celle de Fabienne Grébert (12% contre 11%). La première citée souhaite mobiliser l’électorat jeune échangeant avec une influenceuse star des réseaux sociaux quand la seconde multiplie les déplacements, s’affichant avec les maires Eric Piolle et Grégory Doucet lors des marches pour le climat.

Laurent Wauquiez vainqueur selon toutes les configurations 

Le sondage évalue deux options pour le second tour des élections régionales le 27 juin prochain, l’une avec la socialiste Najat Vallaud-Belkacem qui resterait en lice et l’autre avec l’écologiste Fabienne Grébert. Dans les deux cas, Laurent Wauquiez l’emporterait avec 37% des intentions de vote largement devant le RN et ses 23%. 

L’ancien bastion de la gauche devrait encore plus basculer dans l’autre camp avec un pôle à droite et au centre qui recueillait 52% à 55% des votes, l’extrême-droite 23% et la gauche entre 22% et 24%. 

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