Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre quatrième épisode, nous proposons un focus sur la région Grand-Est où le président sortant Jean Rottner (LR/UDC) est candidat à sa propre succession.


Les éléments clés : 

  • Habitants : 5,5 millions 
  • Départements : 8 + Collectivité européenne d’Alsace
  • Chef-Lieu : Strasbourg
  • Budget du Conseil régional : 3,4 milliards

Le Grand-Est est une région historiquement marquée à droite, notamment du côté de l’Alsace où la présidence de la région a toujours été conduite par un élu de droite. En 2017, après la démission de Philippe Richert élu en 2015, c’est Jean Rottner qui est choisi pour lui succéder. 

Le Grand-Est est la région la plus contestée dans sa configuration actuelle. Le sentiment d’appartenance commune entre les trois anciens territoires que sont  l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne n’a pas été partagé par la population. La création de la collectivité européenne d’Alsace (fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin) en début d’année a d’ailleurs relancé le débat sur la possibilité d’une disparition de cette grande région. 

Un bastion de la droite

Sur les neuf listes présentées dans la région, cinq pourraient se maintenir pour le second tour. D’après un sondage réalisé par Harris Interactive à la demande d’Europe Ecologie les Verts, c’est la tête de liste du Rassemblement national, Laurent Jacobelli qui pourrait arriver en tête au 1er tour avec 28% des intentions de vote. Il base sa campagne sur un retour aux trois anciennes régions par la voie d’un “référendum consultatif des citoyens”. 

Il est suivi de près par le président sortant, Jean Rottner avec 24 %. Ce dernier se montre opposé à la dissolution de la région, ce qui pourrait lui coûter des voix. Fervent défenseur de la décentralisation qu’il estime incarner, l’élu LR aimerait un plus grand investissement de la région dans certaines missions régaliennes comme la sécurité et la santé. Même son de cloche, du côté de Brigitte Klinkert, qui axe sa candidature sur la défense d’une région décentralisée. Troisième dans les sondages, la candidate sans étiquette mais soutenue par la majorité présidentielle pourrait rassembler 18% des votes. 

De l’autre côté de l’échiquier politique, la gauche est une nouvelle fois divisée. Eliane Romani (EELV), créditée de 16 % des voix, a réussi à réunir écologistes, socialistes et communistes mais pas les insoumis, les radicaux de gauche et Génération qui ont préféré suivre Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture. Créditée de seulement 10% des voix, l’incertitude plane encore sur une possibilité de voir deux listes de gauche au second tour. 

Plusieurs solutions envisageables

Malgré une possible première place à l’issue du 1er tour, le RN n’a que très peu de chances de l’emporter. Il faudrait pour cela une quadrangulaire, avec une dispersion des voix entre LR, LREM et la gauche. 

Quid de Jean Rottner ? L’élu LR, qui demeure le favori de ces élections, a assuré qu’il n’y aurait pas de fusion avec la liste LREM.  S’il a tenu des propos critiques à l’égard du gouvernement durant la crise sanitaire, la piste d’une potentielle liste commune n’est pas à enterrer, au vu des similitudes entre les deux programmes et afin d’éviter la situation citée plus haut. 

Un réveil de la gauche au second tour n’est pas à exclure. En effet, une alliance pourrait permettre à la gauche de peser, notamment en cas de triangulaire. Eliane Romani qui a toujours ouvert la porte à une candidature commune pourrait alors bénéficier du soutien d’Aurélie Filippetti

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