Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre troisième épisode, nous proposons un focus sur une région Bourgogne-Franche-Comté où la présidente sortante Marie-Guite Dufay (PS/PCF) est candidate à sa propre succession. 


Quelques éléments clés : 

  • Habitants : 2,8 millions 
  • Départements : 8
  • Chef-Lieu : Dijon 
  • Budget du Conseil régional : 1,9 milliards dont 726,5 millions dédiés à l’investissement 
  • Recettes du Conseil Régional : 456 € par habitant (moyenne des régions : 507 €)
  • Dépenses du Conseil Régional : 407 € par habitant (moyenne des régions : 440 €)

Présidente du conseil régional de Franche-Comté depuis 2008, la socialiste Marie-Guite Dufay a été élue en 2015 à la tête de cette nouvelle région fusionnée avec la Bourgogne. A la suite d’une triangulaire très serrée, elle était arrivée en tête avec 34,68% des suffrages devant la liste UDI-LR (32,89%) et FN (32,44%). Malgré la troisième place, la campagne du Front national était considérée comme positive. Le pourcentage de vote en faveur des frontistes avait plus que doublé comparé aux élections de 2010. 

En Bourgogne-Franche-Comté (comme dans d’autres régions), le Rassemblement national n’est plus considéré comme un simple outsider qui ne gagnerait la présidence qu’en cas de scénario rocambolesque. Face à une gauche morcelée, il part, selon les sondages, favori de ces élections. Marine Le Pen a même fait de la Bourgogne-Franche-Comté une cible prioritaire. Elle considère le territoire dans le “top 3” des régions gagnables par le RN. 

 

La droite et l’extrême droite en pole 

Sur les sept listes présentées dans la région, quatre devraient pouvoir se maintenir pour le second tour. D’après le dernier sondage réalisé par l’institut Opinion Way, le Rassemblement national, emmené par Julien Odoul, arriverait largement en tête avec 30 % des intentions de vote. La succession de polémiques (vidéo érotique, emploi fictif, moqueries après un suicide d’agriculteur) visant le conseiller municipal de Sens ne semble, pour le moment, pas jouer en sa défaveur. 

La tête de liste LR, Gilles Platret arriverait second avec 20%. Ce dernier se présente comme une alternative au RN depuis son alliance polémique avec la liste souverainiste Debout la France, parti de Nicolas Dupont-Aignan. Gilles Platret se réjouit d’avoir réussi à réunir toutes les forces de droite même si son choix embarrasse au sein de son propre camp. 

En troisième et quatrième position, on retrouverait la liste de la présidente sortante (19%) suivie de la liste LREM de Denis Thuriot (14%). L’actuel maire de Nevers est l’un des premiers, avant Emmanuel Macron, à s’être revendiqué ni de gauche ni de droite où, comme il l’aime le dire, “de gauche et de droite”. Outre cette différence purement sémantique, Denis Thuriot estime que ce positionnement est le plus adapté pour ce territoire. 

 

Un second tour plus incertain 

La crainte du Rassemblement national est de se retrouver dans la même configuration qu’en 2015. Les frontistes étaient également arrivés en tête au 1er tour mais sans réserve de voix pour la suite, ce qui avait permis une victoire finale de la gauche. La base électorale paraît, toutefois, plus solide et l’union des gauches ne suffirait pas dans le cas où l’on se retrouverait dans une quadrangulaire, selon Opinion My way. 

Si il y en a une qui aimerait revivre l’élection de 2015, c’est bien Marie-Guite Dufay. Troisième au premier tour, elle l’avait finalement emporté sur le fil. Selon toute vraisemblance, la liste socialiste devrait s’unir avec EELV et LFI au 2nd tour. C’est alors vers la liste soutenue par la majorité présidentielle que les regards seront tournés. En effet, pour espérer garder la présidence de région, la liste de Denis Thuriot devra se retirer. 

Autre phénomène à prendre en compte : le taux d’abstention qui était de 50% au premier tour en 2015. Dans cette région à la fois rurale et industrielle, les candidats ont aussi la mission de convaincre les électeurs de se déplacer à partir du 20 juin.

 

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