Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre second épisode, nous proposons un focus sur la Bretagne où le président sortant Loïg Chesnais-Girard est candidat à sa propre succession. 


Quelques éléments clés :

  • Bretagne : 3,35 millions d’habitants
  • Départements : 4
  • Chef-Lieu : Rennes 
  • Budget du  Conseil régional : 1,6 milliards dont 650 millions destinés à l’investissement
  • Recettes du Conseil régional (2019) : 418 € par habitant (moyenne des régions : 507 €)
  • Dépenses  du Conseil régional (2019) : 392 € par habitant (moyenne des régions : 440 €)

La Bretagne est depuis 2004 et la victoire de Jean-Yves le Drian, alors député PS du Morbihan, un bastion de la gauche. Les élections de 2010 et 2015 avaient reconduit le président sortant à la tête de la région. A la suite de sa nomination comme ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Edouard Philippe en 2017, l’emblématique président de région laisse sa place à Loïc Chesnais-Girard (PS). Ce dernier se retrouve à la tête d’une majorité hétéroclite composée de socialistes, marcheurs, communistes et écologistes. 

Lors de l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron réalise son meilleur score en Bretagne (29,05% des suffrages au premier tour), ce qui donne des idées à la macronie pour la suite. En 2020, Jean-Yves Le Drian demande au président sortant de se présenter sur une liste LREM, ce qu’il refuse. 

Richard Ferrand (LREM), président de l’Assemblée nationale et conseiller régional, encourage Thierry Burlot à briguer la présidence de région avec le soutien du parti présidentiel. L’ancien vice-président à l’environnement de Loïc Chesnais-Girard accepte d’entrer en campagne contre son compagnon passé. 

 

Une élection très ouverte 

Après trois mandats d’une extrême stabilité en Bretagne pour le PS, la majorité régionale est éclatée et le scrutin paraît tout à fait incertain. L’élection est tellement ouverte que quatre ou cinq listes sur les treize déposées semblent en mesure de se maintenir au soir du premier tour. Le récent sondage réalisée par Odoxa confirme l’incertitude qui pèse autour de cette élection. Même si les principales listes se retrouvent au coude à coude au premier tour, c’est bien celle soutenue par LREM qui arrive en tête avec 18 % des intentions de vote. A l’instar de presque tous les candidats, Thierry Burlot souhaite une politique agricole plus verte, une des thématiques centrale de la campagne. Cependant, il met en garde contre les écologistes qu’il juge trop radicaux. 

La tête de liste LREM est talonnée de près par Isabelle Le Callennec (17%) élue LR qui souhaite rassembler républicains et régionalistes bretons. En 3ème position, on retrouve ex-aequo avec le président sortant, Gilles Pennelle du Rassemblement national avec 14 %. Même si la région reste réticente à l’extrême droite, les scores du RN y augmentent et le délitement de la majorité présidentielle peut profiter au parti. 

Les écologistes, menées par Claire Desmares-Poirrier ne sont pas très loin derrière avec 11% mais ils font aussi face à une division interne. En effet, Daniel Cueff mène une autre liste verte “Bretagne ma vie”; celle-ci recueillerait 9% des intentions de vote et n’accéderait donc pas au second tour. 

 

L’ombre de Le Drian 

Ce qui complique un peu plus la situation en Bretagne, c’est que le ministre des Affaires étrangères n’a pas tranché publiquement entre ses deux anciens protégés. Sa parole est guettée mais il garde le silence.  Entre celui qu’il a choisi pour lui succéder en 2017, et celui qui se revendique comme son digne héritier, Le Drian est confronté à un conflit de loyauté. Beaucoup voient en son mutisme une manière de soutenir l’élu sortant.  

Pour espérer se maintenir, Loïc Chesnais-Girard devra certainement adopter une stratégie d’union des gauches incluant EELV, ce qui inclurait de céder un peu plus sur les répartition du pouvoir et des sièges au conseil régional. Jean-Yves le Drian avait, quant à lui, toujours refusé de s’allier avec EELV.

 

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