Dans le cadre des élections régionales, qui se tiendront les 20 au 27 juin prochains, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre premier épisode, nous proposons un focus sur la Région Normandie, où le président sortant Hervé Morin (LC/LR) est candidat à sa propre succession. 


Les éléments importants  : 

  • Habitants : 3,3 millions 
  • Départements : 5 
  • Chef-Lieu : Rouen 
  • Budget du Conseil régional : 2,7 milliards dont 874 millions d’euros dédiés à l’investissement 
  • Recettes du Conseil Régional : 474 € par habitant (moyenne des régions : 507 €)
  • Dépenses du Conseil Régional : 441 € par habitant (moyenne des régions : 440 €)
  • Endettement du Conseil régional : 158 € par habitant (moyenne des régions : 374 €)

Avant leur fusion, la Basse et la Haute Normandie ont été pendant plus de dix ans un bastion de la gauche. En 2015, Hervé Morin alors étiqueté UDI remportait la région avec moins de 5 000 voix d’avance (36,43%) face à la liste de gauche de Nicolas Mayer-Rossignol (36,08%). Dans une triangulaire centre-droit/gauche/extrême droite, Nicolas Bay (FN) complétait le podium avec 27,5% des votes. Le Front national faisait un bond en avant dans les urnes car il n’avait pas dépassé les 12 % (1er et 2nd tours réunis) dans les deux scrutins régionaux en 2010. 

Nicolas Bay et le RN apparaissent désormais comme le principal concurrent face à l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Fillon. En effet, le parti d’extrême droite est sur une pente ascendante dans un région où Marine Le Pen est arrivée en tête lors de l’élection présidentielle de 2017. 

Un quadrangulaire qui se profile 

Sur les sept listes présentées en Normandie, quatre ou cinq seraient susceptibles d’accéder au second tour du scrutin régional. Les observateurs tablent plus sur une quadrangulaire dans laquelle la liste PCF-LFI de Sébastien Jumel serait écartée dès le premier tour. C’est ce que confirme un récent sondage réalisé par OpinionWay. Dans ce dernier, le président sortant arriverait en tête du 1er tour avec 27 % des intentions de vote. Il espère que son bilan, notamment dans le domaine des transports, puisse jouer en sa faveur. Hervé Morin a, en effet, fait du ferroviaire un véritable leitmotiv durant tout son mandat, investissant 2,2 milliards d’euros afin d’assurer un service convenable et moderne. 

La tête de liste du Rassemblement national arriverait second avec 23 %, ce qui constituerait une sorte de remake du 1er tour de 2015 où Hervé Morin et Nicolas Bay avaient obtenu respectivement 27,9 % et 27,7 % des voix. 

En 3ème et 4ème position, on retrouverait, dans un mouchoir de poche, la liste soutenue par le parti présidentiel, emmenée par Laurent Bonneterre (18%), puis la liste PS-EELV de Mélanie Boulanger (17%). La liste PCF-LFI obtiendrait 8% et pourrait uniquement faire alliance au second tour. 

Des alliances difficiles 

Dans cette période de recomposition politique, il sera intéressant d’observer les ralliements qui pourraient être annoncés au 2nd tour. Beaucoup d’observateurs plaident pour un statu quo. Ils n’imaginent donc pas d’alliance possible tant les clivages sur certaines questions paraissent insurmontables. 

Hervé Morin a déjà prévenu, sa liste restera inchangée entre le 1er et le 2nd scrutin.  Cependant, l’idée d’un “front républicain”, dans le cas où le RN talonnerait la liste du président sortant après le 1er tour, n’est pas à enterrer trop vite.   

L’union des gauches voulue par Mélanie Boulanger semble, quant à elle, irréalisable dans la région, dû à des avis divergents sur la question du nucléaire entre la liste PS-EELV et PC-LFI.

 

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