L’ascension d’Emmanuel Macron, parti il y a tout juste un an sans appareil politique structuré derrière lui, et sans mandats électoraux, est aussi fulgurante dans le monde politique que l’arrivé de start-up comme Uber et Airbnb dans le transport et le tourisme.

Au-delà des qualités intrinsèques et indiscutables d’Emmanuel Macron, c’est la démarche de changement utilisée qui est notable. C’est d’ailleurs celle utilisée par les start-up qui veulent ringardiser un marché. Et cette démarche de changement, animée par les « Marcheurs », a permis un engagement progressif et profond d’une frange de la population qui s’était désimpliquée de la vie publique.

Comme souvent, une démarche de changement prend naissance dans la frustration, en y proposant une réponse inclusive et positive. Il est évident que notre monde a changé. Mais il est nouveau que la société civile, davantage au contact avec la réalité du quotidien, puisse proposer des solutions nouvelles pour s’y adapter. Pour libérer cette force venue d’en bas, il a fallu organiser la dynamique collective de remontée des idées, selon une méthode où le fait de contribuer à une idée déclenche assez mécaniquement l’engagement de celui qui y a contribué ! On commence par partager les constats de départ, puis on associe un maximum de personnes à l’élaboration des solutions, progressivement et successivement, par petit groupe. Cela a été toute la force des « Marcheurs » qui ont ainsi pu s’appuyer sur une base croissante de « militants ». Le point de départ étant posé, il restait à Emmanuel Macron à poser son ambition : combattre les déterminismes du monde politique, faire sauter les archaïsmes et ainsi les clivages politiques entre les partis existants.

Le programme politique pour la France relève de cette démarche déductive. Il est la synthèse d’experts reconnus, nourris de cette réalité des Français, telle qu’ils l’expriment et la perçoivent, partant de leurs mots. Très « pratique » dans son expression, simple à comprendre dans ses constats, c’est cette communication qui permet de faire accepter la nécessité de réformes complexes.

Il est évident que cette démarche sera un atout dans l’exercice du pouvoir car elle prépare la population positivement au changement, en l’impliquant en amont. En tout cas pour la fraction d’entre eux qui a été impliquée dans la dynamique d’En Marche!. Mais toute dynamique de changement est résolument exigeante, car elle fait naître l’espoir que le changement de méthode sera durable. Si le changement est présent dans la méthode d’accession au pouvoir, il est implicitement attendu dans l’exercice du pouvoir. D’autant que toute résurgence de pratique du passé sera inexorablement perçue comme un pas en arrière et une cassure avec une population désormais armée d’une volonté de changement.