Un capitalisme plus juste et plus durable, c’est la promesse du ministre de l’Économie Bruno Le Maire au Forum Économique Mondial de Davos. Cela passe par un green deal porté par l’Europe, mais également par une entente sur la taxation du numérique qui semble se profiler entre les États-Unis et la France.

« Nous avons une détermination à avoir un capitalisme plus durable pour permettre de réduire les inégalités et de lutter contre le changement climatique », c’est le message porté par Bruno Le Maire lors de la 49ème édition du Forum Économique Mondial. Un message traduit en France par des dispositions concrètes, à travers la transparence sur les salaires, le ratio d’équité pour lutter contre les inégalités et l’augmentation des salaires les plus modestes par la prime d’activité. « Le capitalisme d’aujourd’hui doit nous permettre de lutter contre les inégalités. On se rend compte que la finance a un rôle clé à jouer. Nous continuerons à nous battre ». Un capitalisme pour pallier les inégalités, mais également pour rejoindre la lutte contre le changement climatique. Cela passe par un green deal porté par la présidence de la Commission Européenne qui a ouvert « une perspective très positive pour l’Europe », avec la mise en œuvre d’un mécanisme inclusion carbone aux frontières de l’Europe. Le climat, c’est la raison principale à l’instauration d’un capitalisme « durable mais avec un calendrier rapide et crédible », selon le Ministre de l’Économie. « Nous pensons qu’il existe une troisième voie entre celle de Donald Trump et celle de Greta Thunberg. Nous ne sommes pas obligés de tomber dans les deux excès. » Cette troisième voie serait la voie européenne portée par la France qui témoignerait d’une lutte efficace et crédible contre le réchauffement climatique qui ne conduise pas à la suppression d’emplois ou à des difficultés économiques. « Ce nouveau capitalisme dont nous avons tant besoin, c’est l’Europe qui va le porter. Entre le capitalisme d’État chinois et le capitalisme américain, il y a une place pour un capitalisme européen. Dans les années à venir, l’Europe va prendre son destin en main et montrer qu’elle est capable d’être à la hauteur des rendez-vous de l’histoire. »


 

Bruno Le Maire au Forum Économique Mondial 2020, à Davos. (Photo : Simon Dawson via Getty Images)

 

Une base commune de travail entre les puissances

Le deuxième message porté par le Ministre de l’Économie à Davos, c’est une réinvention de la taxation internationale. Un appel décisif entre Donald Trump et Emmanuel Macron dimanche soir a permis de calmer le jeu, suivie d’une rencontre entre Bruno Le Maire et son homologue américain Steven Mnuchin, avec pour objectif de s’entendre sur une « base commune de travail ». Il s’agit de faire avancer les négociations au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à la fois pour une taxe numérique internationale, et pour une taxation minimale des entreprises. « Il faut qu’il y ait cette taxation digitale et une taxation minimale pour aboutir à un accord global. Nous devons nous mettre d’accord sur les bases de travail sur lesquels on va avancer à l’OCDE dans les semaines qui viennent ». À travers un report des paiements et une suspension des sanctions se trouve une réelle volonté de parvenir à une solution internationale entre les États-Unis et la France.

 

Une Europe « plus unie que jamais »

La taxation nationale comme solution de second rang, pour le Ministre de l’Économie, qui n’est qu’un relais pour parvenir à une solution internationale. « Ce que je constate, c’est que nous sommes sur le point de réussir en définissant ce cadre global et une nouvelle base de travail à l’OCDE ». Si la situation est encore loin d’être réglée entre les deux puissances, un élément ressort plus que jamais de ces négociations, l’unité européenne. « À tout moment, nous avons pu compter sur l’unité européenne, sur le soutien de la Commission quand il a fallu étudier les contre-sanctions possibles. Nous avons pu compter sur le soutien de l’Union Européenne quand il a fallu s’engager sur la taxation digitale. Nous pouvons compter sur le soutien des autres pays européens qui vont introduire une taxation digitale nationale. Une seule conclusion : quand l’Europe est unie, elle est forte. »

 

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