Samedi 27 mars, les violences ont atteint leur apogée en Birmanie, avec au moins 107 morts, dont sept enfants. L’armée continue de s’accrocher au pouvoir et refuse de libérer la dirigeante démocratiquement élue, Aung San Suu Kyi. Dans ce contexte, la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, a annoncé lundi que les États-Unis suspendaient tout engagement commercial avec la Birmanie.

 

En février, le président Joe Biden avait déjà annoncé une première série de sanctions, notamment la réduction de l’accès des généraux birmans à un milliard de dollars de fonds aux États-Unis. Ce lundi 29 mars, la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, a annoncé dans un communiqué « la suspension de tout engagement des États-Unis avec la Birmanie au titre de l’accord-cadre de 2013 sur le commerce et l’investissement avec effet immédiat. » Toujours selon le communiqué, « cette suspension restera en vigueur jusqu’au retour d’un gouvernement démocratiquement élu. »

La Birmanie est sous contrôle militaire depuis le 1er février, date à laquelle l’armée a déclaré l’état d’urgence et arrêté la dirigeante élue du pays, Aung San Suu Kyi. Ce week-end, lors des manifestations en faveur de la démocratie dans tout le pays, les militaires auraient tué 107 personnes, dont sept enfants.

La junte militaire a pris le pouvoir en Birmanie le 1er février après un coup d’État. Les militaires dénoncent une « fraude » lors des dernières élections du pays, remportées par Aung San Suu Kyi. Après ce énième week-end de violences, de nombreuses voix se sont élevées contre la junte birmane. Dimanche soir, l’Union européenne (UE), par le biais de son chef de la diplomatie, a condamné « une escalade de la violence inacceptable. » Le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell, a quant à lui qualifié la journée de samedi de « jour d’horreur et de honte. » Aux États-Unis, Joe Biden a affirmé que la situation en Birmanie était « terrible » et que « beaucoup de personnes ont été tuées de manière complètement inutile. » Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken a déclaré la semaine dernière que le chef de la police birmane était « complice » d’actions interdisant ou limitant la liberté d’expression de la population. L’Association birmane d’aide aux prisonniers politiques (AAPP) estime que plus de 400 personnes ont été tuées depuis la prise de pouvoir des militaires.

« Les États-Unis soutiennent le peuple birman dans ses efforts pour restaurer un gouvernement démocratiquement élu, qui a été le fondement de la croissance économique et de la réforme de la Birmanie. […] Nous condamnons fermement la violence brutale des forces de sécurité birmanes contre les civils. Le meurtre de manifestants pacifiques, d’étudiants, de travailleurs, de dirigeants syndicaux, de médecins et d’enfants a profondément choqué la communauté internationale », a déclaré Katherine Tai.

La Birmanie était un régime militaire jusqu’en 2010, date à laquelle le pays a libéré des prisonniers politiques, comme Aung San Suu Kyi, et organisé des élections. Depuis 2015, Aung San Suu Kyi est la dirigeante de facto de la Birmanie. Après le coup d’État en février dernier, l’armée birmane a déclaré que le pays resterait sous son contrôle pendant un an. Alors que les manifestations pro-démocratie se poursuivent dans le pays et à Taïwan, l’armée a restreint l’accès à Internet et au réseau téléphonique.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Melissa Holzberg

<<< À lire également : Ouïghours : les États-Unis, l’UE, le Canada et le Royaume-Uni sanctionnent la Chine