Avant la crise, les dirigeants aimaient regarder loin, faire des projections à long terme, planifier leur avenir, établir des budgets à 5 ans. Souvent loin de leurs employés ils prenaient des décisions tandis que les équipes ramaient pour faire avancer le navire.

 


Ces pratiques managériales portées par une vision à long terme ne fonctionnent plus. Trop d’incertitude nous entoure. Trop de questions sont dans l’air. Désespérément, les gérants d’entreprises cherchent à trouver des signaux qui leur indiquent vers où notre avenir nous porte, comment notre économie et la courbe du chômage vont évoluer, comment la consommation va se porter. Mais personne ne peut actuellement connaître le destin de notre économie – même pas les plus grands experts.

Alors, au lieu de faire des projections dans le vide, veut mieux regarder de près et renforcer les relations avec ceux qui vous regardent avec inquiétude – vos employés et les partenaires de votre écosystème. Le seul remède managérial post-Covid est de savoir les rassurer, rassembler, les réconforter et réorganiser.

Après une période d’hibernation, la majorité des employés osent sortir de leurs cocon, leur home-office des 2 mois passés, souvent loin de leur lieu de travail habituel et de leurs collègues. Pour beaucoup le moment est venu pour retrouver une nouvelle réalité au travail.

Cette réalité est remplie de règles, de restrictions, de renforcements, de réorganisations, voire de rupture pour certains. Et c’est juste le début. Jamais les entreprises et leurs équipes avaient si urgemment besoin d’un leadership avec des fortes compétences relationnelles. Au lieu d’avoir des dirigeants qui regardent loin, il nous faut des leaders qui savent regarder de près. Cette qualité commence chez eux avec leurs qualités intra-personnelles avant de se projeter vers les autres en montrant des qualités interpersonnelles.

Dans ma propre carrière à des postes de direction d’entreprises internationales j’ai affronté de nombreuses situations de crise : des fusions, des rachats d’entreprises française par des géants chinois, des fermetures massives de centrales logistiques, la crise économique en 2008 au sein d’une entreprise américaine. Quel que soit la crise j’ai réalisé à quel point les équipes réclamaient un leadership de proximité, bien plus qu’en temps favorables. Le leadership relationnel me semble le seul remède qui fonctionne. La plus grande qualité des leaders en temps de crise doit être la maîtrise de l’Intelligence Relationnelle. L’Intelligence Relationnelle est une sensibilité exceptionnelle pour détecter, analyser et adapter votre leadership à chaque nouvelle situation et personne au sein de votre équipe.

Les dirigeants qui managent avec l’Intelligence Relationnelle savent transformer leurs équipes en ambassadeurs de marque ou bien en ambassadeurs de leur entreprise.

Pendant et après la crise il faut avoir développé des équipes qui vous suivent, soutiennent de manière solidaire afin de préparer avec vous votre entreprise à une nouvelle croissance post-crise. Les meilleurs leaders en profitent quand les temps sont durs pour développer leurs plus grands fans qui les admirent, les imitent, les observent, les portent.

Ce travail est fondamental afin de stabiliser et préparer le terrain avant de pouvoir de nouveau avoir une vision long terme.

Après avoir dirigé et coordonné des équipes durant des périodes de crise et de transformation j’ai conduit des recherches pendant les dernières 10 années pour mieux comprendre les compétences de l’Intelligence Relationnelle des dirigeants qui sont si précieuses en période de crise. J’ai interrogé des centaines de grands dirigeants d’une cinquantaine d’entreprises différents afin de mieux identifier les qualités relationnelles qui font la différence.

 

Au cœur de l’Intelligence Relationnelle il y a 5 compétences qui s’avèrent indispensables pour stabiliser et sécuriser vos entreprises en ces moments d’incertitude :

 

1. Maîtriser l’empathie

C’est l’incroyable capacité de craquer les codes de chaque membre de vos équipes. Cette maîtrise est uniquement possible si on fait l’effort de percevoir les émotions des autres en prenant leur perspective. Pourquoi est-ce que cette qualité est si importante en temps de crise ? Car il faut sentir les angoisses, les besoins, les envies pour mettre en place les actions à court terme. C’est maintenant qu’il faut embarquer tout le monde. Et il faut probablement se séparer de ceux qui ne veulent pas se laisser embarquer malgré vos efforts relationnels. Car ils vont représenter un frein considérable quand vous allez souhaiter de nouveau hisser les voiles et accélérer.

 

2. Développer de la confiance

Lorsque l’avenir est incertain, pouvoir faire confiance à une entreprise par le biais d’un grand leader est essentiel.

L’ancien président d’IBM, Thomas J. Watson disait : « Le plus difficile dans la puissance de la confiance est qu’elle est difficile à construire et si facile à détruire. » J’ajouterai à ce constat que la confiance se construit quand les actions pendant les temps turbulents sont en cohérence avec les promesses faites en période prospère. L’écart entre les mots et les actions doit être presque inexistant. Dès qu’un écart s’ouvre, la confiance se transforme en frustration voire en déception.

 

3. Partager sa passion

C’est à vous les dirigeants de trouver du positif chaque jour pour remonter la morale de vos équipes. Une passion ne se détruit pas si vite. Si vous êtes créateur de votre entreprise, héréditaire de votre business ou bien si vous dirigez votre société de depuis plusieurs années – il y a quelque chose qui vous anime. Le produit, le secteur, l’innovation, la création, le service, les bénéfices, les gens qui vous entourent. Faites-le savoir plus que jamais, transmettez votre énergie, vos motivations, vos passions, même si cela semble dur en période difficile.

 

4. Développez une fierté authentique

La fierté a de nombreux visages : destructrice avec une fierté par dominance ou constructive par accomplissement. Cette dernière est si puissante si vous instaurez des valeurs fortes, si vous les rendez visibles, si vous les vivez, si vous les incarnez, si vous inspirez. Ces valeurs servent comme base d’identification pour vos équipes, vos partenaires et vos clients. En plus des valeurs, il faut réussir à créer des moments de victoire grâce à un sens de compétitivité. C’est une envie de gagner, de ne pas abandonner, d’avancer même quand les temps sont durs. Et vous, leaders, vous êtes les premiers à montrer cette incroyable qualité de résilience grâce à votre envie de sortir renforcé après la crise.

 

5. Inciter à de la gratitude

Les grands leaders sont non seulement capables de dire merci mais ils inspirent le merci. C’est quand ils rendent leur équipes heureux grâce à des actions altruistes, quand ils se montent au service de leurs équipes, quand ils peuvent rendre leur vie meilleure – surtout quand ça fait mal. La gratitude n’a pas de frontières, seulement des bienfaits.

 

Les dirigeants qui pratiquent le leadership relationnel seront les gagnant de la crise car ils arriveront à maintenir leurs équipes performantes, solidaires, porteuses d’avenir.

Ils gagneront car ils auront su transformer leurs équipes en ambassadeurs de votre entreprise, votre leadership, votre personne. C’est ainsi que vous allez tous les embarquer sur votre bateau bien agile, rapide, gagnant car vous avez fait preuve d ’intelligence relationnelle quand la vision ne vous portait plus.