Robert Half, cabinet de recrutement spécialisé dans les profils très qualifiés, publie son guide des salaires 2020 des cadres. Tous les salaires sont en hausse grâce notamment à un marché en tension : il y a beaucoup plus d’offres que de candidats. 

“Le véritable motif de réjouissance en France touche au dynamisme installé de l’emploi cadre. Nous sommes dans un marché très orienté candidats. Ces derniers sont souvent sollicités, bien plus ouverts aux opportunités et généralement en position de force pour négocier.” C’est par ces mots que s’ouvre le guide 2020 des salaires de l’emploi cadre du cabinet spécialisé Robert Half. Un constat fort : cette année, tous les salaires sont en hausse notamment portés par un marché déséquilibré. Les candidats en recherche de poste sont beaucoup moins nombreux que les offres. 

Et alors, quelles sont les plus hautes rémunérations ? Si le rapport liste tous les postes de cadre de tous les secteurs (finance, RH, système d’information…) Forbes France a relevé les cinq plus importantes, qui sont aussi symptomatiques des écarts de moyenne entre les domaines : les systèmes d’information et la finance sont en tête, par exemple. Ce n’est pas un hasard donc d’apprendre que la rémunération d’un directeur des systèmes d’information va de 96 200 à 250 000 euros et est en tête des rémunérations. Les DSI sont suivis par les DRH (de 70 000 à 170 000 euros), les directeurs administratifs et financiers (75 250-155 000), les responsables de domaine de système d’information (85 500-140 000) et enfin les directeurs juridiques (78 600-140 000).

Avec le numérique et la “Tech”, les profils orientés informatique sont évidemment très prisés. Mais après une grande tendance vers le recrutement de profils à hautes compétences techniques, la donne semble s’inverser : “Pendant longtemps, les entreprises ont privilégié des profils très orientés “hard skills”, explique Albane Prieto, directrice recrutement permanent chez Robert Half. Désormais, les entreprises privilégient des talents à hauts potentiels avec des soft skills très développées, quitte ensuite à les former en aval du recrutement.”

L’importance du facteur humain

Mais si les rémunérations sont en hausse, elle ne le sont pas aussi fortement que devrait dicter le marché. “Les candidats, notamment les jeunes profils, ne recherchent plus en priorité une forte augmentation de rémunération, analyse Albane Prieto. Ils recherchent des missions où ils auront des responsabilités, dans des entreprises avec qui ils partagent certaines valeurs.” Et ces jeunes profils sont caractérisés par un goût plus marqué par le changement. Le turnover chez les jeunes cadres est fort : 60% des embauches de cadre concerne des profils qui ont entre 3 et 10 ans d’expérience. 

Le facteur humain est ainsi très prépondérant dans le processus de “match” entre le candidat et l’entreprise. “Au-delà de la rémunération, nous notons également un intérêt de plus en plus marqué de la part des candidats pour la vision des dirigeants et la culture d’entreprise, relève-t-on du côté de Robert Half. En effet, ils recherchent les affinités entre leur personnalité, leurs aspirations et ce que peut offrir leur futur employeur en termes d’environnement de travail et d’intérêt du poste.”

Le marché est de telle sorte que les cadres connaissent presque le plein-emploi : “Selon les récentes estimations de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), l’embellie se confirme. Le seuil des 300 000 cadres recrutés pourrait être atteint en 2021, rappelle le rapport. Cette augmentation touche tous les secteurs d’activité et toutes les régions. Le dynamisme de l’emploi cadre s’explique d’abord par l’intensification de la mobilité : il y a certes des départs à la retraite mais surtout des cadres qui veulent bénéficier de meilleurs salaires et accumuler les expériences.”  Le marché ne cesse d’aspirer des cadres. Voilà une bonne nouvelle pour les étudiants des écoles de management…