Environnement de travail, rémunération, gestion du temps, raison d’être de l’entreprise… Les différences sont nombreuses entre la France et les Etats-Unis. Les managers ne partagent pas les mêmes codes et les salariés n’ont pas les mêmes attentes. Décryptage du monde du travail américain et comparaison avec la France. Par Pierre Trippitelli.

 La vie sociale et familiale avant tout !

Conjuguer ses obligations et sa vie familiale est une priorité pour les employeurs américains. Les entreprises proposent peu de congés (9 jours par an contre 25 en France) mais permettent aux salariés de commencer leur journée de bonne heure et de quitter tôt le bureau. Si une semaine de travail aux Etats-Unis oscille autour de 40 heures, la vie sociale et familiale est très riche une fois passée la porte du bureau. D’ailleurs, de nombreux Américains pratiquent le “staycation” en restant chez eux pendant leurs vacances pour profiter de leurs proches, découvrir la région, rénover leur maison… Dans l’Hexagone, la durée hebdomadaire du travail est moins importante et c’est surtout durant leurs congés que les Français déconnectent.

 

La flexibilité, maître-mot aux Etats-Unis

Les Etats-Unis comptent plus de 30%* de télétravailleurs alors qu’en France, ce taux varie entre 8 et 15%*. Une grande majorité des entreprises propose à ses salariés des conditions de travail souples qui ne nécessitent pas de présence physique au bureau. L’objectif : une meilleure productivité et un turnover plus faible. En France, même si le télétravail se démocratise, les managers restent réfractaires par peur de perdre le contrôle sur les salariés et par manque d’accompagnement. De fortes disparités persistent puisque cette pratique concerne surtout les cadres et certains secteurs d’activité.

Par ailleurs, plusieurs entreprises outre-Atlantique proposent à leurs salariés des congés illimités leur permettant de poser leur journée quand ils le souhaitent et de partir en vacances aussi longtemps qu’ils le veulent. Et force est de constater que les salariés travaillent et sont davantage connectés lorsqu’ils sont en congés ! Ce système offre une grande liberté tant que les objectifs sont atteints. Alors qu’aux Etats-Unis, c’est avant tout le résultat qui compte, en France la confiance se construit sur le temps, le travail est plus structuré et le micromanagement persiste.

Une politique de rémunération pour impliquer les salariés

Globalement, les rémunérations sont plus élevées aux Etats-Unis qu’en France. Les salariés sont prêts à faire des concessions sur la partie variable de leur rémunération si leur employeur leur propose une part du capital, même infime. Cette pratique est moins répandue en France car le sentiment d’appartenance à l’entreprise est moins développé. Il en va de même pour la transparence des salaires, plus courante aux Etats-Unis. En communiquant sur les rémunérations pratiquées en interne, les entreprises montrent qu’elles n’ont rien à cacher et instaurent un climat de confiance et de motivation.

Par ailleurs, la rémunération à la performance est très efficace aux Etats-Unis où les salariés comprennent parfaitement qu’on puisse percevoir un salaire plus important parce qu’on a davantage contribué aux résultats de l’entreprise. En France, on est plus individualistes et cette notion de compétition est moins ancrée dans la culture.
 

Le “purpose” de l’entreprise

En France et outre-Atlantique, le “purpose”, c’est à dire la raison d’être de l’entreprise, est un levier puissant pour attirer les collaborateurs et les faire adhérer aux valeurs. Plus ce “purpose” contribue positivement à la société, plus les salariés sont impliqués. 

Alors que les entreprises américaines font de la diversité et de l’égalité hommes-femmes une obsession, les entreprises françaises mettent le développement durable et l’éthique au cœur de leur marque employeur. Le management a un impact direct sur l’implication des salariés. Si outre-Atlantique, la notion de hiérarchie est plus floue et le management repose sur la confiance et la reconnaissance, en France les managers sont encore trop souvent perçus comme “des chefs”. En dépit de ces différences culturelles, on constate en France comme aux Etats-Unis que les collaborateurs aspirent à une grande flexibilité, à de la confiance et à une cohérence entre le “purpose” et les actes de leur employeur. Le bien-être et la satisfaction sont désormais les maîtres-mots pour rejoindre une entreprise, s’impliquer et performer
 

Par Pierre Trippitelli, Managing Partner Europe chez Perpetual

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