Sur Linkedin, certains comptes pratiquent le plagiat en publiant de jolies histoires agrémentées de vidéos, photos ou citations publiées sans mention de leurs vrais auteurs. Thomas Pons qui répertorie sur le compte LinkedIn CopyPost les posts copiés/collés nous explique ce phénomène.

Internet a pour vocation de partager de l’information, du coup “copier / coller” c’est vraiment plagier ?


Thomas Pons : CopyPost n’a rien contre l’inspiration ou le partage d’informations. D’ailleurs, la création n’existe pas, on ne fait que faire évoluer des concepts existants. Mais à partir du moment où on copie / colle au mot près, sans citer l’auteur, oui, je crois qu’on est bien dans la définition du plagiat. Et ça c’est pas joli joli.

Pourquoi dénoncer le plagiat sur LinkedIn ?

Thomas Pons : Tout d’abord, il est essentiel de faire prendre conscience aux communautés de certains gourous Linkedin que les contenus qu’ils likent n’appartiennent pas toujours à leurs auteurs supposés. Ensuite, il faut rendre à César ce qui est à César et donc protéger les véritables auteurs des posts concernés. Enfin, je crois qu’on peut aussi s’amuser de ces messages. Parce que si les plagiaires manquent souvent d’inspiration, leur mauvaise foi est toujours intarissable. Et ça laisse place à des argumentaires absurdes souvents très drôles.

Qu’est-ce qui motive les comptes concernés ? Le plagiat représente-t-il un danger ?

Thomas Pons : La course aux likes, sans aucun doute. Et ce n’est pas si étonnant que ça. Linkedin est un réseau social. Et comme sur les autres réseaux sociaux le besoin de reconnaissance est présent, quitte à enfreindre quelques règles morales (et légales). Sur Linkedin, l’engagement sert également souvent d’argument de vente à des info-preneurs peu scrupuleux. “Avec ma formation Linkedin, comme moi, multipliez par 100 votre nombre de likes !”. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que leur influence ne repose que sur leur capacité à s’accaparer les textes des autres. L’autre risque, c’est de laisser s’installer cette chanson qui nous fait croire que le like est le seul objectif valable dans une société dominée par l’image où le contenu n’a plus vraiment d’importance.

Mais dans quel but ? Est-ce que ces publications ont des traits communs ?

Thomas Pons : Oui, on les croirait toutes sorties de bouquins de développement personnel. Ils enfoncent souvent des portes ouvertes depuis bien longtemps ou jouent sur la polarisation en feignant un coup de gueule, un SOS, une démangeaison, ou que sais-je….

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Comment peut-on agir pour limiter cette pratique ? Les réseaux sociaux en font-ils assez ?

Thomas Pons : On peut tout simplement signaler au plagiaire les similarités de son message. Certains, de bonne foi, admettent l’erreur et indiquent l’auteur du post original sans sourciller. Et si ce n’est pas suffisant, il suffit de taguer @Copypost sous une publication suspecte, et nous nous chargeons d’enquêter pour savoir si c’est un post original ou non. Malheureusement, je ne considère pas que les réseaux sociaux aient un intérêt à limiter ces pratiques. Plus de plagiat, c’est plus d’engagement, plus de vues, plus de monde sur le réseau, plus de budget publicité à vendre… Il faudrait valoriser les créateurs originaux.

Finalement, pourriez-vous citer des comptes qui vous inspirent vraiment pour l’originalité de leurs posts sur les réseaux sociaux ?

Thomas Pons : J’aime beaucoup le travail que font Emmanuel Paraschiv ou Ulysse Lubin. Ce sont de vrais producteurs de contenus qui cultivent leurs différences. Ils cherchent la «niche», le parti pris. Ils prennent le temps de bien faire les choses, d’investiguer, de se documenter, pour offrir des posts de qualité qui aident leur communauté. Finalement, ils enrichissent réellement ceux qui les lisent.