Un article de  Fortune relate la disparition de certains MBA américains, en place depuis plusieurs décennies, mais jugés mineurs. Si le diplôme ne sert plus de sésame, à quoi bon investir dedans, a fortiori quand on connaît son coût moyen ? Fortune montre – chiffres à l’appui – que les étudiants plébiscitent en revanche de plus en plus les MBA des universités d’Ivy league : prestige, qualité des enseignants, réseau restent les valeurs sûres qui ouvrent toutes les portes.

Ces mêmes universités en profitent, augmentant d’année en année leurs frais jusqu’à atteindre les $200 000 sur 3 ans. Est-ce le prix à payer pour s’ouvrir toutes les portes ? Et les portes vers quoi au juste ? C’est toute la question.


A better me for a better job ?

On conçoit souvent le MBA comme une solution de mise à niveau, une sorte de SAS entre le job d’avant et le job d’après, qui prépare à assumer de hautes fonctions en entreprises. Lesquelles ? Peu importe. On sera bon, on saura faire et on sera bien payé. A better me for a better job. C’est le postulat que dénonce Seth Godin en expliquant que les MBA sont conçus sur un modèle qui forme mal, des personnes qui demain ne sauront précisément pas bien faire leur job. Un modèle top-down, basé sur le test, le baton et la carotte, la docilité. Avec son école Alt-MBA, il propose aux élèves non plus d’être formés, mais de se transformer en l’espace de quelques semaines en travaillant ensemble sur des projets concrets. Des projets qui valorisent des soft-skills trop négligées par le cursus traditionnel, et pourtant si cruciales sur des fonctions de leadership. Accessible et rapide, cette formation en ligne semble conçue pour un public pragmatique et pressé ! Le tout est superbement bien marketé bien sûr, et on en attendait pas moins de la part de Godin.

A better way

Du concret donc, c’est ce qu’offre Godin. Mais une fois obtenu le certificat en ligne, on en revient à son job. Certes on a une âme de leader qui voit grand et pense en dehors de la boîte. Mais ça n’aide pas forcément à savoir quelle est l’étape d’après. Or c’est aussi ce à quoi est sensé servir une Business School : à permettre aux élèves de trouver leur voie. En réalité, aucune école ne fait cela. Il suffit d’écouter Nouvelle Ecole (le podcast) pour se le rappeler. Diplôme en poche, les entrepreneurs issus de grande écoles confient chacun leur tour s’être retrouvés un peu perdus, errant de case en case, sans envie ni but. Formés, mais encore à transformer. Comment éviter cette situation ? Comment se former tout en se transformant, et faire ainsi d’une pierre deux coups ?

C’est la grande question à laquelle répond b.School. Si les élèves d’écoles de commerce sont si intéressés par les intervenants et les stages qu’ils peuvent leur proposer, et les intervenants par les stagiaires qu’ils peuvent trouver, pourquoi ne pas sauter une étape et transposer l’école dans l’entreprise ? C’est le constat simple que font les fondateurs de b.School, Elodie Nowinski et Sebastien Sikorski. Après tout, si l’enjeu est de se former concrètement, l’entreprise est le cadre idéal pour apprendre des bonnes personnes, en situation. Pour voir ce que l’on aime ou non, et ainsi mieux trouver sa voie. Tout se passe comme si l’école différait ce moment où l’élève cherche ce qu’il veut. La Business School peut être le bon moment pour lui permettre de le faire. Mieux, de ne faire que ça.

 A peine sortis du prestigieux Y Combinator, Elodie Nowinski et Sebastien Sikorski préparent déjà la rentrée de septembre 2018, avec une première promotion et une sélection d’entreprises partenaires. L’intérêt pour ces dernières : recruter plus intelligemment, en employant des personnes motivées et d’emblée qualifiées. Travailler également leur marque employeur en devenant des pôles de compétences, de savoir et de partage.