Organisés par la Journée de la Femme Digitale (JFD), Les Margaret regroupent deux prix dont l’objectif est de récompenser les femmes qui entreprennent en fondant leur propre structure ou dans une structure déjà existante. Jusqu’au 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les candidates peuvent déposer leur candidature dans les catégories entrepreneure et intrapreneure.

« Il faut rendre à Margaret ce qui appartient à Margaret ! » Avec cette mise au goût du jour de la célèbre locution du Nouveau Testament, Delphine Remy-Boutang, organisatrice de la Journée de la Femme Digitale (JFD) et fondatrice de l’agence The bureau, veut rendre aux femmes ce qui leur revient. « Le code, c’est les femmes », ajoute-t-elle. Et notamment Margaret Hamilton, informaticienne de la NASA qui a contribué au premier pas de l’homme sur la lune, et dont le prénom est ici utilisé. « Après les César et les Oscars », voici donc les Margaret, s’avance l’entrepreneure.

Les Margaret, ce sont donc deux prix qui ont pour double objectif de récompenser et mettre en lumière la femme entrepreneure et la femme intrapreneure de l’année. Pour sa sixième édition, Les Margaret s’affichent sur le thème « #ForABetterWorld, le temps de l’action ». Avec Stéphane Pallez, présidente directrice générale de la JFD, marraine de l’édition 2018. 

Les candidates ont jusqu’au 8 mars, journée internationale des droits des femmes, pour déposer leur dossier qui sera étudié par un jury composé d’une dizaine de personnalités du numérique, dont Laetitia Olivier, directrice de la communication et du développement durable de la Française des Jeux, Sandrine Guichard, directrice Home & Décoration de La Redoute, Gaëlle Le Vu, directrice de la communication d’Orange France, et Laurence Lafont, directrice marketing et opérations de Microsoft. Délibérations le 16 mars. Et remise du prix entrepreneure par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa le 17 avril. 

Margaret Hamilton © Draper Laboratory; restored by Adam Cuerden


Donner envie aux femmes

« Le numérique est en train de s’écrire par des plumes masculines », s’inquiète Delphine Remy-Boutang. Pour exemple, elle pointe du doigt les assistants virtuels qui ont bien trop souvent un petit nom féminin. « Une fois de plus, les femmes sont reléguées par les hommes à des rôles secondaires. Il faut donc rééquilibrer ce secteur en donnant envie aux femmes d’écrire leur carrière dans le numérique et devenir les architectes du monde de demain. »

Les Margaret ont pour ambition de proposer aux jeunes femmes des rôles modèles accessibles. Pour Delphine Remy-Boutang, les rôles modèles actuels sont « intimidants » avec des femmes comme Sheryl Sandberg, COO de Facebook. « On ne peut pas être ce que l’on a pas vu », ajoute l’entrepreneure. « Plus on aura de modèles, plus les femmes se lanceront. » 

Chemises blanches

Début septembre, Delphine Remy-Boutan avait vivement réagi à la une du magazine Capital mettant en avant des entrepreneurs masculins en chemise blanche en prenant une photo de femmes entrepreneures, également en chemise blanche. « Le critère de sélection pour l’article était le montant des levées de fonds, ce qui exclue de fait les femmes qui collectent moins d’argent, changeons donc de critère et de regard ! » Avec La Redoute, l’entrepreneure lance donc une ligne de chemises blanches pour les femmes.

L’an passé, les Margaret ont récompensé Roxanne Varza dans la catégorie intrapreneure, et Joséphine Goube, dans la catégorie entrepreneure. A qui le tour ?