17,2 jours par an et par salarié, c’est la durée moyenne d’absence en entreprise, selon le 10ème baromètre du groupe de conseil Ayming. En 2017, le taux d’absentéisme s’élevait en moyenne à 4,72%, en hausse par rapport en 2016 (4,59%).

C’est une étude qui porte sur 46 540 entreprises et plus de 1,8 million de salariés. Résultat, la durée moyenne d’absence par an et par salarié s’élève à 17,2 jours (contre 16,8 jours en 2016), soit un taux de 4,72% en 2017, en hausse par rapport à 2016 avec 4,59%.


Les femmes sont particulièrement touchées par l’absentéisme avec 5,30% contre 3,54% chez les hommes en 2017. Deux éléments expliquent ce taux plus élevé : d’une part, les postes qu’elles occupent sont plus propices aux troubles musculo-squelettiques, et d’autre part, elles sont encore largement en charge des contraintes domestiques et sont plus fréquemment que les hommes dans des situations monoparentales.

Autre catégorie particulièrement touchée, les plus de 55 ans, dont l’absentéisme s’élève à 7,11% en 2017. A noter que leurs absences s’inscrivent dans la durée avec 45% d’arrêts de plus d’un mois consécutifs.

« Infantilisation maximale »

« Comment les entreprises font fuir les meilleurs. » C’est le sous-titre de La Comédie (in)humaine,  l’ouvrage co-écrit par la philosophe Julia de Funès et l’économiste Nicolas Bouzou. Sur France 3, la philosophe était invitée à commenter les résultats de l’étude Ayming sur l’absentéisme, publiée par Le Figaro. Elle dénonce « un paradoxe énorme ». « Les entreprises n’ont jamais fait autant pour le bien-être de leurs salariés avec des chief happyness officer […] et de l’autre côté, il n’y a jamais eu autant d’arrêts de travail, d’absentéisme, de mal-être. »

Selon la philosophe, « il y a une souffrance due à une infantilisation maximale en entreprise ». En exemple, ce qu’elle nomme la « définalisation des métiers », qui consiste à parler de fonction plutôt que de métier qui conduit à une perte de sens. Outre provoquer mal-être et absentéisme, la perte de sens peut conduire aux reconversions. Des reconversions qui interviennent de plus en plus tôt dans une carrière. En effet, face aux « bullshit jobs », ou boulots à la con, les jeunes cadres diplômés se tournent vers l’artisanat, les métiers de la terre… C’est ce que montre Jean-Laurent Cassely dans son ouvrage La Révolte des premiers de la classe, dont nous parlions il y a quelques mois.

L’étude montre qu’il y a bien un problème : si les moins de 30 ans ont un taux d’absentéisme de 3,23% avec des absences fréquentes mais courtes, les moins de 25 ans présentent un absentéisme de longue durée de 7% lié à un désengagement. Problème d’adaptabilité pour une génération qui fait ses premiers pas dans le monde du travail ? Probablement. Mais l’augmentation constante des taux d’absentéisme sur l’ensemble de la population active sont peut-être le symptôme d’une problématique générale dans le monde du travail.