Jusqu’à très récemment, les Millennials n’étaient pas très enclins à acheter des biens immobiliers. Pourquoi ? Ils affectionnaient un mode de vie mobile, accumulaient les dettes d’études, et ne désiraient pas adopter les valeurs traditionnelles des générations de leurs aînés – s’installer, investir, se stabiliser dans un seul et même travail.

Aujourd’hui, les choses tendent à évoluer, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, certains commencent à construire une famille. Deuxièmement, ils s’intéressent à des quartiers embourgeoisés qu’ils trouvent attrayants, et enfin, beaucoup sont entrepreneurs ou jouissent d’une certaine sécurité au travail, ce qui leur permet de s’installer, tout en restant flexibles dans leur carrière. En effet, les statistiques récentes montrent que 36% des ventes de maisons sont désormais attribuées à cette génération.

Qu’en est-il des maisons intelligentes ?

Les Millennials sont très attentifs – plus que leurs aînés, sans doute – à la soutenabilité environnementale. Ils tendent à faire affaire avec des entreprises toutes aussi respectueuses de l’environnement qu’eux. Alors cela semble plutôt logique qu’ils recherchent des habitations « intelligentes » – ou du moins reconfigurées pour – équipées par l’Internet des objets (IdO). Cela leur permet non seulement de faire des économies d’énergie mais également de disposer de plus de confort. Les maisons intelligentes rendre ainsi possible le contrôle du chauffage, de la climatisation, des lumières, et d’une myriade d’appareils électroménagers, à distance.

Le segment le plus âgé de cette génération (entre 27 et 36 ans) semblent gagné à la cause. En effet, 38% d’entre eux ont déjà investi dans des maisons intelligentes, ou ont fait installer cette technologie. Et pour le reste, 58% se disent extrêmement intéressés par cette technologie et prêts à sauter le pas.

Mais les plus jeunes ne semblent pas plus emballés que ça. Plusieurs raisons expliquent cette réticence. Pour commencer, cette part des Millennials est très préoccupée par la sécurité, et craint les risques potentiels liés à la présence de l’IoD dans leurs maisons. Ils s’inquiètent pour leur vie privée.

Il y a aussi un facteur économique : configurer une maison intelligente peut s’avérer très coûteux. 

Les plus jeunes de cette génération pense prêts hypothécaires et remboursements. Ils sont pour la plupart à peine sortis de leurs dettes liées à leurs études, contrairement à leurs aînés. Ils sont de fait moins intéressés par « l’intelligence » d’une maison que par les taux des prêts bancaires.

En outre, il semblerait qu’ils désirent davantage créer une maison « saine » qu’intelligente. Ils veulent du durable, du mobilier naturel ; des constructions avec des matériaux sans produits chimiques, des éclairages LED, des fenêtres éco-énergétiques. Ils ne sont pas « cools » et « branchés » comme les plus âgés des Millennials.

Alors quel est l’avenir des maisons intelligentes ? 

Les maisons intelligentes ne vont pas disparaître. Alors que la technologie continue d’évoluer, ainsi que les avancées en matière de sécurité qui garantissent davantage de vie privée, elles seront une valeur sûre pour toute personne à la recherche d’habitations durables, et moins coûteuses en termes de factures. Une récente étude a même indiqué que 72% des Millennials étaient prêts à dépenser 1 500 euros de plus pour une maison intelligente, et que 42% d’entre eux étaient prêts à pousser jusqu’à 3 000 euros de plus, que pour une maison « traditionnelle ».

La technologie des maisons intelligentes ne fait que se perfectionner, et beaucoup d’innovations sont encore à venir. Cela attirera sans aucun doute de plus en plus de Millennials, même ceux qui jusqu’ici ne se disent pas intéressés.

Sécurité et vie privée

Les fabricants des dispositifs intelligents se concentrent aujourd’hui sur ces problèmes, et le second trimestre 2018 verra d’importantes innovations être réalisées dans le domaine. Lorsque la sécurité sera assurée, du moins davantage si ce n’est totalement, les plus jeunes Millennials se laisseront probablement séduire.

Intégration des dispositifs

L’un des inconvénients majeurs avec l’expansion des technologies intelligentes pour la maison est que les propriétaires doivent jongler entre plusieurs plateformes pour gérer tous leurs appareils connectés. Leur intégration dans des points d’accès moins nombreux et plus standardisés rendra l’IoD beaucoup plus populaire et pratique qu’il ne l’est aujourd’hui. Les fabricants doivent absolument accepter de regrouper les appareils sur une seule et même plateforme. Tout comme d’autres technologies avant, cela permettra de créer une norme, qui banalisera cette fois l’accès à l’IoD.

Le rôle de l’intelligence artificielle (IA)

Et si l’IA était capable d’apprendre et de reconnaître les déplacements dans et autour d’une maison ? Elle pourrait alors alerter les propriétaires que quelque chose sort de l’ordinaire, et améliorer significativement la sécurité du foyer. De plus, l’intelligence artificielle pourrait prendre en charge la vidéosurveillance, afin que le propriétaire n’ait pas à s’en charger à distance.

Davantage de contrôle vocal

On pense ici à des assistants personnels comme Siri ou Alexa, auxquels nous pouvons donner des commandes vocales. Mais s’ils étaient intégrés à des dispositifs intelligents, les propriétaires pourraient simplement leur dire à quelle heure allumer le four, quand mettre en route le système de sécurité, etc…

Est-ce que les plus jeunes Millennials se laisseront entièrement séduire par les maisons intelligentes, cela reste à voir. Certains d’entre eux se laisseront probablement tentés. Mais dans quelques années la génération Z prendra le relai, et d’ici-là, la technologie sera bien trop performante et attrayante pour s’en détourner.