Il existe actuellement une course à la construction de bateaux de croisière, et apparemment, dans cet univers, plus c’est gros, mieux c’est . Qu’ils soient construits pour être les plus gros du monde comme le Symphony of the Seas de Royal Caribbean, ou qu’ils soient coupés en deux puis réassemblés pour ressembler au monstre de Frankenstein, comme le Silver Spirit de Siversea, un chose est sûre, ces mastodontes maritimes sont toujours plus imposants.

Pour le moment, les paquebots grossissent car le nombre de passagers ne fait qu’augmenter. Selon l’association internationale des lignes de croisière (CLIA), on attend 27,2 millions de passagers sur les mers en 2018, soit une augmentation de 10 % par rapport aux 24,7 millions de 2016. Ce dernier chiffre représentait quant à lui une augmentation de 20,5 % sur la période 2011-2016. Le marché total de la croisière est de 35 milliards de dollars (28,6 milliards d’euros), et seulement trois croisiéristes (Carnival, Royal Caribbean et Norwegian) se partagent 80 % du gâteau.

La CLIA a annoncé que les lignes membres de l’association inaugureront 27 nouveaux circuits en 2018, que ce soit sur les océans ou les rivières. Ces 27 nouveaux bateaux se joignent à la flotte actuelle de 449 bâtiments. Ce sont les Caraïbes qui comptent les plus de trafic avec 35,4 % de la flotte mondiale, suivies de la Méditerranée avec 15,8 %. Curieusement, alors que les Américains sont les plus friands de croisières avec 11,1 millions de passagers, cette activité se démocratise parmi les consommateurs chinois, qui sont désormais 2,1 millions à aimer partir en vacances sur l’eau.

Cette semaine, le nouveau champion hors catégorie, le Symphony of the Seas, lève l’ancre pour sa première croisière méditerranéenne. Plus de 5 500 passagers ont pris place à bord pour un séjour de cinq nuits avec des villes comme Naples et Rome figurant sur la feuille de route. 

Cet énorme paquebot mesure 362 mètres de long, soit la longueur de quatre terrains de football mis bout à bout et son tonnage brut est de 230 000 T réparti sur 18 ponts. Le Symphony of the Seas peut accueillir 5 518 passagers (avec une capacité maximale de 6 680 passagers), en plus de l’équipage qui compte 2 200 personnes.

En comparaison, les porte-avions US Nimitz, les plus gros bateaux de guerre au monde, peuvent héberger environ 6 000 personnes (équipages maritime et volant confondus) et disposent d’un pont de 332,9 mètres, soit 30 mètres de moins que le Symphony of the Seas.

Ce dernier peut transporter une quarantaine de passagers de plus que l’ancien détenteur du titre de plus gros paquebot, le Harmony of the Seas. Mais le Symphony ne devrait pas détenir ce titre très longtemps, car de plus gros paquebots vogueront sur les flots pour Royal Caribbean dès 2021.

Afin de suivre la tendance du « plus gros, mieux c’est », même les bateaux plus petits, comme le Silver Spirit de Silversea, se font relooker pour accueillir davantage de passagers à leur bord. Le paquebot de Silversea peut transporter 608 voyageurs et un équipage de 412 personnes. Les architectes et les ouvriers du chantier naval de Fincantieri à Palerme ont coupé le bateau en deux dans le sens de la largeur afin d’ajouter une extension de 15 mètres au centre, ce qui représente 846 tonnes d’acier, 110 km de câblage et 8 km de tuyauterie. Grâce à cet aménagement, le bateau augmente sa capacité de 15 % tout en agrandissant le pont où se trouve la piscine.

L’arrivée de ces géants des mers n’est pas dénuée de polémiques. Ces bateaux titanesques représenteraient un problème de pollution surdimensionné. D’ailleurs, des villes comme Venise ou Dubrovnik essaient d’interdire la venue de ces paquebots déversant leurs passagers dans les centres villes.

Cependant, les croisières ne cessent de gagner en popularité, y compris auprès des grands-parents qui partent en vacances avec leurs petits-enfants ou des millenials. Ces immenses paquebots et leurs flots de passagers ne sont donc pas près de se tarir.