Mode d’habitation prisé par les jeunes actifs, le coliving s’apparente à une colocation 2.0 avec en prime, une forte dimension servicielle. Wifi, ménage, salle de sport, espace de coworking ou même piscine : tout y est mis en commun pour une expérience clé en main, inspirée du monde de l’hôtellerie. Décryptage d’une tendance immobilière d’un nouveau genre. 

LE LOGEMENT IDEAL POST-COVID ?

Sans surprise, le logement est une préoccupation majeure des Français, notamment en Ile-de-France et en particulier du côté des 18-30 ans. L’an dernier, une étude OpinionWay révélait que pour près de la moitié d’entre eux, se loger relève du challenge. Les loyers exorbitants, surtout lorsqu’il s’agit de petites surfaces, poussent naturellement les plus jeunes à s’excentrer… ou à se réunir. 

Né à New York et propulsé par la Silicone Valley, le coliving offre une solution inédite aux jeunes actifs. Petit nouveau de l’habitat 2.0 en France, il leur permet en effet d’accéder à des localisations souvent exceptionnelles, doublées de nombreux services, le tout pour un loyer inférieur à celui d’un appartement individuel. Les détracteurs diront que le “co-vivre” et le partage des espaces en est le prix à payer mais c’est justement cette dimension communautaire qui séduit les “colivers”. Alors que plus de 7 millions de français souffriraient de solitude – un chiffre en forte hausse depuis le début de la crise sanitaire – l’habitat partagé semble être une réponse intéressante pour toutes personnes souhaitant conjuguer intimité et collectivité. Ainsi, si les jeunes en sont le cœur de cible, on assiste également à l’avènement du coliving pour de jeunes retraités, des expatriés en transit ou des personnes séparées ou divorcées recherchant convivialité et flexibilité.

DANS LE SILLON DE LA REVOLUTION COWORKING

En à peine 3 ans, le coliving représente déjà plus de 3 500 chambres en France et de nouvelles résidences sont dévoilées chaque semaine. Sharies, Ivynest, DoveVivo…  Ces projets sont portés par des acteurs immobiliers de plus en plus nombreux. 

Digne héritier du coworking, le coliving marche bel et bien sur les pas des espaces de travail partagés et de leurs services de qualité. Du Wi-Fi à l’abonnement Netflix en passant par le ménage, l’assurance logement et l’accès à la salle de sport… Tout est inclus dans le loyer.    

Les services donnent aussi le ton de la communauté qui s’y trouve : coliving avec espaces de travail et haut débit pour les startuper, coliving avec mur d’escalade et cours de yoga pour les plus sportifs. Cette diversité d’offres fait la richesse du secteur.

LES 3 PILIERS D’UN COLIVING RÉUSSI

Demain, des milliers de coliving, partout en France ? A en croire la fulgurance à laquelle les offres de coliving se développent, cela ne serait pas étonnant. Mais pour qu’une offre d’habitation en coliving tire son épingle du jeu, la nouveauté ne suffit pas. Elle doit se différencier par une parfaite adéquation avec les attentes des occupants. 

Avant tout, le coliving doit clamer haut et fort sa flexibilité car il s’adresse majoritairement à des populations en transit, “captés” à des moments de vie précis (recherche d’emploi, mission ponctuelle, séparation, etc.). En quête de souplesse, ils attendent que leur installation, leur gestion du quotidien voire leur départ soient simples et transparents. En somme, une expérience occupant fluide.

Ensuite, l’offre de coliving doit être servicielle ou ne pas être. Il ne s’agit pas d’une simple colocation. La mise en commun de services variés est incontournable. Enfin, l’aspect communautaire du coliving constitue une force indispensable pour une expérience réussie. Le coliving est un lieu de rencontre et de partage. Lointaine émanation du phalanstère de Charles Fourier, il place les colivers au centre de l’espace et leur donne les moyens d’y vivre ensemble. Mais l’orchestration d’un coliving optimal ne s’improvise pas. 

A cette fin et comme dans bien des révolutions de notre époque, le digital apportera la promesse d’une expérience occupant flexible, servicielle et communautaire. 

Eliane Lugassy est la co-fondatrice et CEO de MonBuilding, application web et mobile qui a pour but d’améliorer le bien-être des occupants sur leur lieu de travail / lieu de vie. Déployée sur un portefeuille de plus de 580 immeubles tertiaires et résidences gérées, MonBuilding facilite la communication d’informations et l’accès aux services à tous les occupants d’un immeuble. Elle permet également aux propriétaires/gestionnaires des lieux d’accéder à une interface de gestion avec des données d’utilisation et de satisfaction des services mis à disposition.

Tribune rédigée par Eliane Lugassy, CEO et Co-Founder MonBuilding 

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