L’Asie entrevoit une forte reprise économique et un nombre croissant de pays dans le monde commencent à assouplir leurs restrictions liées au Covid-19. Cette dynamique est suivie de près par l’Europe où les startups tech reprennent petit à petit leurs activités avec le soutien des gouvernements. 

En France, les mesures de protection gouvernementale atténueront une partie des conséquences liées à la crise sanitaire pour les milliers d’entreprises qui ont été durement touchées. Dès le 25 mars, le secrétaire d’État au Numérique, le Secrétaire général pour l’investissement et Bpifrance ont en effet dévoilé une série de mesures en soutien aux start-ups. C’est au total 4 milliards d’euros qui sont prévus pour les aider à se maintenir à flot dont près d’1,3 milliard d’aides à l’innovation sous forme de subventions, avances remboursables, prêts, etc.


La France et l’Allemagne ont ouvert la voie, suivis rapidement par le Royaume-Uni en avril. Ces mesures protectrices sont essentielles pour soutenir un pan important de l’économie et le seront encore plus pour redynamiser  l’économie européenne au cours des prochains mois.

Si les entreprises déjà bien établies peuvent compter sur une base de clients fidèles permettant de générer des revenus récurrents (ou des investisseurs parties prenantes de l’entreprise), la situation est bien différente pour les start-ups s’approchant de leur premier cycle d’investissement. Pour elles, repousser une levée de fonds pourrait être fatal. 

Mais dans quelle mesure l’écosystème tech européen doit-il s’inquiéter ? Le prix économique du Covid-19 reste encore flou et les conséquences de la crise risquent de s’étaler sur le long terme. Néanmoins, les leçons que nous pouvons déjà tirer des pays qui nous devancent dans cette bataille peuvent donner des raisons de se réjouir.

La Chine montre la voie  

En se tournant vers l’Asie, l’analyse du marché montre que si les mesures radicales ont conduit à des baisses drastiques à court terme des principaux indicateurs économiques pendant la toute première période de la pandémie en Chine, les investissements, eux, n’ont généralement pas cessés.

Bien qu’ils aient d’abord chuté, près de 10 milliards de dollars ont tout de même été investis entre janvier et février 2020 dans la tech, période où la Chine a été le plus durement touchée par la pandémie. Et le mois de mars n’a vu qu’une baisse de 20% des transactions opérées, comparé à la même période en 2019, soit 67 transactions réalisées. Le grand gagnant de ces investissements reste le secteur de l’EdTech avec 26 transactions réalisées sur Q1 2020.

Certes, le volume d’investissements n’est pas au même niveau qu’avant la pandémie, mais pour les entreprises innovantes proposant des solutions technologiques susceptibles d’aider le monde à surmonter les prochains défis, les portes restent grandes ouvertes. Cela devrait redonner confiance aux startups européennes et leur montrer que nous ne nous dirigeons pas inéluctablement vers une impasse entre entrepreneurs et investisseurs.

Des écosystèmes à surveiller

Les investissements en Chine au cours des derniers mois révèlent les secteurs technologiques que les investisseurs et les entrepreneurs européens doivent garder à l’oeil.

Même si l’Europe a déjà pris des mesures dans certains secteurs, il est intéressant d’analyser lesquels ont trusté l’intérêt des investisseurs asiatiques. L’accent a été mis sur les services aux entreprises, les soins de santé, l’éducation en ligne et les technologies liées à la consommation et au retail. En effet, certaines entreprises, dont les services étaient considérés comme un luxe il y a encore quelques mois, sont désormais devenues essentielles pendant le confinement.

A titre d’exemple, en Chine, la consommation en ligne a augmenté de 3% au premier trimestre 2020, entraînant la croissance des industries connexes, dont la logistique. Concernant l’Europe, nous avons observé une augmentation d’activité pour le secteur de la livraison alimentaire avec des acteurs comme Deliveroo ou encore Just East qui ont comblé le vide laissé par la fermeture des restaurants. Mais le monde du software (Zoom), des solutions bancaires (Klarna), des services cloud ainsi que des véhicules autonomes et des robots pour le secteur de la livraison ont également vu leur adoption exploser. 

Désormais, la technologie est partie prenante de nos modes de vie, et les investisseurs avisés auront vite repéré les tendances qui se dessinent pour investir intelligemment leurs capitaux. Quant aux startups agiles, elles auront su prendre en considération les signes pour adapter leur solution aux besoins actuels. 

Mais les investissements opérés pendant la crise ne doivent pas avoir seulement un impact à court terme. L’idée est désormais d’investir dans des sociétés à fort impact social, environnemental et humain, dessinant ainsi un futur centré sur des besoins plus fondamentaux. La santé, l’éducation, la finance ou encore le software et le retail sont d’ores et déjà les secteurs les plus attractifs de demain. 

Il faudra donc désormais s’adapter et penser au long terme, tout en gardant agilité et flexibilité en tête. Les acteurs, peu importe leur taille, qui ne sont pas encore rentrés dans l’ère du numérique et de la quatrième révolution industrielle, sont voués à disparaître, à l’image de Primark. Avant la crise, le distributeur irlandais prospérait hors ligne avec un chiffre d’affaires de 735 millions d’€ par mois. Avec le confinement annoncé le 22 mars, ce dernier est tombé à zéro.  

Les entreprises solidement établies peuvent en principe résister à une récession économique, mais pour les entreprises dont les fondations ne sont pas encore ancrées, surmonter cette situation à court et moyen termes nécessitera la combinaison d’un effort de créativité et d’adaptation, du soutien des pouvoirs publics et d’une confiance de la part des investisseurs pour continuer à innover. Le marché asiatique et notamment celui de la Chine est à observer de près pour suivre les dynamiques des prochains mois et s’y adapter, voire de s’en inspirer.

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