Suite à la crise du Covid-19, les Français ont pris conscience de l’importance de payer leurs factures en temps et en heure. La part de retardataires reste toutefois constante d’après un sondage Ipsos pour BearingPoint.  

Entre les entreprises qui souffrent des factures impayées et l’Etat qui dépense tous azimuts pour maintenir l’économie à flot, les Français ont eu un électro-choc : payer ses factures dans les délais est primordial pour la bonne santé financière du pays. La crise de la covid-19 a généré une prise de conscience inédite des Français sur la corrélation entre la santé économique du pays et le paiement de leurs factures. C’est ce que révèle l’étude menée par BearingPoint, cabinet de conseil en management et technologies, avec Ipsos, auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes.


Les foyers modestes : « bons élèves » dans la gestion des factures

Les foyers modestes sont les plus assidus dans la gestion administrative de leur ménage : ils sont 28% à consacrer du temps tous les jours ou presque à leurs factures. Une proportion qui est moins importante chez les foyers aux revenus moyens et les foyers aisés, avec respectivement 23% et 21%.

De plus, les foyers modestes sont les plus attentifs aux conséquences des retards de paiement des factures : 41% estiment que cela pourrait avoir un impact sur le service ou produit fourni, quand cette proportion chute à 30 et 31% pour les foyers moyens et aisés.

Dans le détail, les foyers modestes et moyens supposent que la fourniture d’énergie serait le secteur le plus touché, devant la box internet et la téléphonie mobile. À l’inverse, pour les foyers aisés, c’est la téléphonie mobile qui serait le secteur le plus touché quand l’énergie n’arrive qu’en troisième position.

Les Français ne sont que 1% à payer leurs factures en retard, et ce quel que soit leur niveau de vie en proportion égale. Même si cette donnée peut paraître faible, elle représenterait pourtant pour les entreprises des télécoms et de l’énergie une dette de 1 milliard d’euros, à l’échelle des 28,5 millions de ménages français actuels.

“Plus que l’épidémie en elle-même, se sont désormais les conséquences économiques et sociales de l’épidémie qui font de plus en plus peur aux Français : le chômage (à 32%) et le pouvoir d’achat (37%), observe Janick Chabert, directrice conseil Ipsos. La priorité à court terme des Français est d’épargner (60%). Cette attention portée à son budget se confirme avec 30% des Français qui se déclarent plus attentifs à leur gestion. Pourtant, la possibilité de s’autoriser à régler avec retard ses factures a augmenté au cours de la crise de la Covid (40% vs 30%). Une majorité de Français (79%) est pourtant consciente que cela fragilise les entreprises et que cela constitue aussi un acte solidaire de payer ce que l’on doit. Ils ne savent sans doute pas que cela représente 1 milliard de dettes !”

Un tiers des clients attend une relance pour se considérer en retard

Si les factures impayées constituent un manque à gagner important pour les entreprises et bailleurs, les retardataires semblent représenter une minorité de leurs clients. Seuls 1 % à 2 % d’entre eux sont régulièrement en retard dans le paiement de leurs factures.

Cependant, en cumulant les retardataires réguliers et occasionnels, on observe que 12% des Français ont déjà payé une facture en retard. Ce constat s’explique par une mauvaise perception du retard de paiement. En effet, 30% des clients ne se considèrent en retard qu’après avoir reçu une ou plusieurs relances ou lorsque leur opérateur menace de couper leur accès au service souscrit.

Les foyers aux revenus moyens et aisés sont beaucoup plus négligents que la moyenne dans la gestion de leur budget et de leurs factures ; les plus riches d’entre eux considérant à 47 % un retard de paiement comme accessoire. Cette tendance se retrouve dans des proportions encore plus élevées chez les retardataires réguliers : plus de 40 % d’entre eux se préoccupent de leur budget moins d’une fois par semaine.

Le sondage dresse le profil type des clients payant régulièrement leurs factures en retard. Ceux-ci sont pour la plupart salariés à temps plein et ont suivi de longues études (bac +5 ou plus). Ces retardataires sont par ailleurs plus dépensiers que la moyenne, et considèrent la gestion de leur budget comme une contrainte très pénible.