Les millenials veulent du rendement pour leurs placements ! Cela tombe bien, le gouvernement veut relancer l’investissement en Bourse des particuliers, notamment des jeunes, avec un produit qui leur est spécialement dédié, le PEA (Plan d’épargne en actions) Jeunes.

11,7 % ! Quand on les interroge sur leurs placements financiers, les millenials, les jeunes âgés de 18 à 37 ans, disent espérer obtenir un rendement annuel de 11,7 % en moyenne, selon une étude menée par le gérant britannique Schroders et relayée par Les Echos. Aujourd’hui, seule la Bourse permet ce type de performances. Cela tombe bien car le gouvernement veut relancer l’investissement en Bourse des particuliers, notamment des jeunes, avec un produit qui leur est spécialement dédié, le PEA (Plan d’épargne en actions) Jeunes. Prévu dans la loi Pacte, il est désormais opérationnel depuis la publication d’un décret le 24 août 2019.

Le PEA Jeunes fonctionnera comme un PEA « classique », les gains retirés au bout de cinq ans seront ainsi exonérés d’impôts. Ils resteront toutefois soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS), qui s’élèveront à 17,2% de leur montant. A deux différences près. D’une part, son plafond de versements sera limité à 20 000 euros. D’autre part, il se transformera en PEA « classique » une fois que son détenteur sera sorti du foyer fiscal des parents suite à son vingt-cinquième anniversaire. Pour ne pas se faire taxer d’offrir un nouveau produit de défiscalisation pour les riches, les députés ont pris soin de mettre en place un dispositif anti abus. Il est donc également prévu que le total des versements des enfants et des parents n’excède pas le plafond du PEA pour un foyer, soit 150 000 euros.

Le PEA jeunes devait convaincre les millenials de venir en Bourse

« À long terme, le CAC sur 15 ans c’est 7 % nets d’impôts par an », argumente Charles Henri d’Auvigny, l’inspirateur de ce produit financier. On est encore loin des 11 % espérés, mais c’est beaucoup mieux que les livrets défiscalisés de type livret A, bloqués à 0, 75 % ou même l’assurance vie qui rapporte moins de 2 % après impôts. Depuis 2015, Charles Henri d’Auvigny à la tête de l’association, la F2IC, dont la vocation est de promouvoir l’investissement en actions dans les entreprises cotées et non cotées en France auprès des particuliers, a pris son béton de pèlerin pour convaincre du bien-fondé d’une nouvelle poche fiscale dédiée aux jeunes.

Une manière de relancer l’intérêt de l’investissement en Bourse des jeunes sans que cela coûte quoi ce soit à l’État. Et finalement, l’idée proposée au ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, devrait enfin être disponible dans les banques dès septembre.

Le PEA Jeunes est plus intéressant que l’assurance-vie

Charles Henri d’Auvigny compte bien sur l’engouement autour des privatisations comme la FDJ (Française des Jeux) pour que les jeunes reviennent sur les marchés financiers. Car pour lui, « le risque est que le produit ne soit pas poussé par les banques qui n’aiment pas que leurs clients investissent dans les actions en direct. » Alors que le PEA Jeunes est plus intéressant fiscalement que l’assurance-vie, puisque cette dernière n’offre une exonération sur les gains qu’au bout de huit ans seulement.