Pour la première fois, une entreprise française, la start-up DomRaider, spécialiste dans la récupération de noms de domaine expirés (et développant en parallèle un réseau décentralisé dédié aux enchères en temps réel reposant sur la blockchain) a procédé à une levée de fonds en cryptomonnaies, notamment du Bitcoin.  560 millions de jetons ont ainsi « trouvé preneur » sur le marché.

La déferlante Bitcoin est en (bonne) marche. En effet, les cryptomonnaies continuent d’infiltrer « l’économie traditionnelle » via différents canaux tant et si bien que désormais lever des fonds en Bitcoin, Ethereum ou autre Litecoin pourrait rapidement entrer dans les usages. Et c’est le pari relevé par le « pionnier » en France, la start-up Domraider qui a fait état, ce mercredi, de la clôture de son ICO (Initials Coins Offerring) en Bitcoin, Ethereum et monnaie fiduciaire. L’ICO qui ne doit pas être confondue avec « l’IPO » – introduction en bourse – pour les non-initiés, la confusion étant fréquente en vertu de leurs acronymes respectifs. Concrètement via une IPO, un individu achète une action et devient propriétaire d’un fragment de la société tandis qu’au travers d’une ICO,  celui-ci fait l’acquisition de Tokens et devient propriétaire d’un instrument de paiement.

La plupart des ICO s’effectuent par l’intermédiaire de fondations, et non de sociétés, qui émettent des Tokens qui ont le statut de cryptomonnaies. Comme souligné en préambule, les ICO commencent à tracer leur sillon au point de voir l’Autorité des marchés financiers (AMF) engager une réflexion sur l’encadrement de ce mode de financement alternatif et appelle à la vigilance, certaines « arnaques » commençant, de facto, à poindre.  Ainsi, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers suisses a retiré du marché des fournisseurs ce qu’elle qualifie de pseudo-cryptomonnaie, et enquête sur une dizaine d’autres cas de fraude éventuelle. Pour prendre conscience de l’ampleur du phénomène, les ICO se sont, par exemple, multipliées en Chine cette année et l’agence Chine nouvelle a rapporté en juillet que 65 opérations avaient été réalisées depuis le début 2017 pour un montant cumulé de 2,62 milliards de yuans (330 millions d’euros) auprès de 105 000 investisseurs.

DomRaider en pôle

Néanmoins, la France peut se targuer, avec DomRaider, de disposer du pionnier en la matière sur notre territoire. Ainsi, la start-up a confirmé avoir dépassé les objectifs fixés dans le cadre de sa levée de fonds en cryptomonnaie, puisque ce ne sont pas moins de 560 millions de jetons qui ont trouvé acquéreur dans le monde entier. Une vraie réussite pour ce coup d’essai. « En seulement 3 jours, les contributeurs ont acquis l’ensemble des 350 millions de jetons initialement mis à disposition dans le cadre de l’ICO, d’où la mise en place de “stretch goals” (objectifs complémentaires) qui ont permis à notre DomRaider d’atteindre le seuil des 560 millions de jetons vendus », raconte, enthousiaste, Tristan Colombet, CEO et fondateur de la start-up. Et de poursuivre. « Cela démontre l’intérêt éveillé par l’opération, par la proposition de valeur DomRaider et par nos ambitions de croissance dans l’univers de la blockchain ».

Une opération qui permet à Domraider de porter au-plus haut la bannière tricolore et de faire office de précurseur sur notre sol. Mais, fondamentalement, quelle est la finalité du processus ? Grâce aux fonds levés, DomRaider ambitionne de révolutionner l’écosystème des ventes aux enchères en utilisant la technologie blockchain. L’objectif fixé est de développer le tout premier réseau décentralisé dédié à la gestion en temps réel de n’importe quelle vente aux enchères – autre activité de la start-up comme mentionné plus haut – dans le monde, en ligne ou en salle. En outre, cette solution a pour vocation de permettre aux ventes aux enchères d’opérer de manière transparente, fiable, paramétrable et interopérable, sans compromis sur la vitesse de transaction. 

Un pic à 5 000 dollars pour le Bitcoin

Une première qui devrait ainsi faire des émules tant les cryptomonnaies – et le Bitcoin en particulier – suscitent l’enthousiasme ces derniers mois. Ainsi, la « reine-mère » des monnaies virtuelles  a atteint son plus haut historique, jeudi dernier, à 5 000 dollars. Si depuis la fièvre est (légèrement) retombée – un bitcoin s’échangeant autour de 4 626 dollars ce mercredi soir –, l’engouement est toujours palpable. Au point même de voir la Chine et l’Inde plancher sur leur propre monnaie virtuelle. Là-aussi, l’objectif est limpide : essayer – même si la ficelle paraît un peu grosse – d’avoir enfin la main sur un marché qui échappe à tout contrôle et toute régulation des autorités locales. Mais cette « alternative »  qui va à rebours même de l’ADN de ces monnaies a néanmoins peu de chance de trouver son public. En attendant, l’exemple DomRaider devrait susciter les vocations.