Alors que le coronavirus continue de se propager en Chine et dans le reste du monde, créant un contexte d’inquiétude croissante quant à sa gravité et ses conséquences économiques, les marchés boursiers sont en chute libre depuis lundi.

Le virus pandémique originaire de Wuhan, en Chine, continue de se propager dans le monde entier. On compte aujourd’hui 81 morts et plus de 2 800 personnes infectées. Le coronavirus aurait maintenant contaminé dix pays, dont certaines parties de l’Asie, la France et les États-Unis (où un cinquième cas a été confirmé). Dans ce climat anxiogène, les principaux marchés financiers font face à d’importantes liquidations.


De nombreuses actions américaines ont été liquidées ce lundi, mais le pire a été évité : le S&P 500 a baissé de 1,3 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average et le Nasdaq Composite ont chuté respectivement de 1,3 % et 1,6 %. Mais ce n’est pas tout, car dans le monde entier, les marchés sont victimes des craintes liées au virus chinois. L’indice Stoxx Europe 600 a chuté de 2,1 %, le Dax (principal indice boursier allemand) de 2,3 %, le CAC 40 de 2,4 % et l’iShares MSCI Emerging Markets ETF de près de 4 %. Alors que les opérations boursières étaient interrompues sur les marchés chinois et la plupart des marchés asiatiques en raison de la fête du Nouvel An lunaire, l’indice Nikkei 225 du Japon a chuté de plus de 2 % ce lundi.

Le contexte lié au coronavirus inquiète les investisseurs depuis la semaine dernière. Déjà, les actions américaines avaient enregistré leur première perte hebdomadaire de l’année vendredi dernier, le S&P 500 ayant connu sa pire semaine en six mois.

Différents groupes d’actions sont victimes des inquiétudes concernant les retombées financières du coronavirus. Les actions de plusieurs compagnies aériennes ont chuté lors de la préouverture des marchés : Delta Air Lines, United Airlines et American Airlines ont chacune chuté de plus de 3,6 %. Le virus devrait aussi avoir un impact considérable sur l’industrie touristique chinoise à un moment crucial de l’année (le Nouvel An lunaire), ainsi les cours des actions des grands casinos et des exploitants de stations balnéaires ont également chuté. Les actions de Las Vegas Sands ont perdu 7,7 %, celles de MGM Resorts 5,2 % et celles de Wynn Resorts 8,8 %. Les actions du secteur du voyage, comme Expedia et Marriott International, ont chuté d’environ 4 %, tandis que les voyagistes et les croisiéristes, tels que Carnival et Royal Carribbean Cruises, ont baissé respectivement de 3,8 % et 4,8 %. Même certains stocks de biens de consommation, qui ont une activité importante en Chine, ont été touchés : Apple a perdu 2,5 %, Disney 2,8 % et Nike 3,6 %.

Brad McMillan, directeur des investissements du Commonwealth Financial Network, rappelle que même si les marchés boursiers avaient connu un « recul brutal mais bref » lors de l’épidémie de SRAS en 2003, ce ralentissement temporaire n’avait eu que peu d’effet sur la croissance économique globale des États-Unis. Selon lui, pendant un an, le coronavirus n’était pas un problème pour les investisseurs américains : « Même si cette nouvelle maladie s’avère être bien pire qu’elle n’apparaît actuellement, ici aux États-Unis, les dégâts seront limités et devraient se dissiper rapidement ».

Si le nouveau coronavirus se révèle aussi dangereux que l’épidémie de 2003 (qui avait fait près de 800 morts), il pourrait avoir un impact considérable sur la croissance économique de la Chine. L’Economist Intelligence Unit estime que le taux de croissance actuel de 5,9 % prévu pour la Chine cette année pourrait perdre entre 0,5 % et 1 %, tandis que S&P Global avertit que le virus pourrait réduire de 1,2 % la croissance économique de la Chine.

 

Certains experts de la santé publique estiment que le nombre de résidents chinois infectés par le virus est bien plus important que le nombre de cas signalés par le gouvernement jusqu’à présent. Bien que les répercussions potentielles du coronavirus sur l’économie chinoise restent à déterminer, elles pourraient être substantielles si le schéma de 2003 se répète. Selon une étude, l’épidémie de SRAS de 2002-2003 a fait perdre 40 milliards de dollars sur les marchés boursiers de la planète. L’épidémie de coronavirus risque d’avoir de graves répercussions sur les entreprises de voyage, de tourisme et de consommation en Chine, alors que le pays est déjà confronté à des défis majeurs, comme la hausse des prix des denrées alimentaires et le ralentissement de la croissance économique, sans parler des tensions commerciales avec les États-Unis et des défis politiques à Hong Kong.

 

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