La semaine a été marquée par les réunions successives des banques centrales : FED pour les États-Unis mercredi, BCE jeudi et avec moins de conséquences, BOJ vendredi pour le Japon.

Le président de la FED (M. Powell) poursuit strictement son plan : ni surprise ni discours compliqué. Les taux courts ont été monté de 0,25% (2% désormais) et le bilan de la FED va être réduit de 40 Mds de $ par mois (au lieu de 30 Mds). Comme beaucoup d’investisseurs le pensaient, il y aura bien encore 2 hausses des taux en 2018. La FED a également enlevé toute mention d’une « politique monétaire accommodante » dans sa communication. M. Powell affiche une grande confiance dans l’économie américaine : la croissance reste vigoureuse, la consommation se maintient et le chômage pourrait retomber sous des niveaux inconnus depuis les années 60 ! L’inflation qui était inexplicablement basse commence à revenir vers 2% ce qui est la cible de la FED. Seule incertitude : que se passerait-il si la guerre commerciale s’envenimait ? Tout va  donc bien aux États-Unis si l’on en croit les discours officiels.

La BCE a, elle aussi, eu un discours très clair, ce qui a rassuré les investisseurs. Elle a comme prévu laissé sa politique monétaire inchangée mais a clarifié la fin des achats : elle va diviser par 2 ses achats mensuels à partir d’octobre pour revenir à 15 Mds d’Euros d’achats et finalement arrêter en 2019. M. Draghi, président de la BCE, a aussi indiqué que la hausse des taux courts était repoussée jusqu’à la fin de l’été 2019. La prudence a été affichée à court terme : la petite faiblesse de l’activité n’est que temporaire pour la BCE. L’économie, à condition que le protectionnisme prôné par M. Trump n’affecte pas trop les échanges mondiaux, devrait repartir. M. Draghi a également estimé que l’inflation devrait atteindre près de 2% en 2019, soit exactement la cible qu’il s’est fixé.

Taux en hausse aux États-Unis dans le sillage d’une économie vigoureuse et rythme modéré avec des taux bas pendant encore plus d’un an en zone Euro… la conséquence sur les marchés a été immédiate : l’Euro a fortement baissé contre le Dollar ! Inflation modérée, croissance proche des 2%, taux bas… Les investisseurs se sont rués sur les actions de la zone Euro après quelques semaines de doute.

A court terme, la situation semble donc éclaircie grâce à la politique menée par les banques centrales. Nous pensons néanmoins que l’équilibre actuel est fragile. En effet, comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, il ne faut pas que la hausse du Dollar s’accélère. Certains marchés sont fragilisés par une trop forte hausse. Les émergents en tête : les plus fragiles subissent déjà une énorme pression, Turquie et Argentine en tête, mais ces derniers temps, les devises du Brésil ou de l’Inde ont souffert. Ce n’est pas qu’un sujet de marché. La baisse des devises de ces pays a des conséquences pour beaucoup d’entreprises locales et pour des entreprises internationales installées sur place. Si la hausse du Dollar s’accompagne d’une politique commerciale trop protectionniste aux États-Unis, l’effet récessionniste pourrait être marqué dans les pays émergents. Tant que la Chine reste à l’écart de la pression sur sa devise, le phénomène pourrait être passager… Par contre, si la Chine, en réponse à des barrières douanières par exemple, venait à répondre par une baisse de sa devise de 10 à 15%, l’effet serait très négatif, pour la zone Euro et pour l’ensemble de l’économie mondiale sur le modèle de ce que nous avions déjà connu en 2015.

Pour le moment, les banques centrales ont bien la situation sous contrôle et rassurent les investisseurs, ce qui nous conforte dans nos investissements sur les entreprises de la zone Euro.   Nous pensons néanmoins que la parité Euro/Dollar doit être surveillée de près cet été pour évaluer les risques de son portefeuille.