Fondatrice du bureau de presse Dresscode, Johanna Sebag s’est imposée dans le milieu aussi sélectif qu’éclectique de la mode comme l’agence de communication qui compte. Depuis 20 ans, elle apporte une visibilité axée sur une stratégie 360 degrés – dont un département exclusivement dédié aux réseaux sociaux – à de très belles marques (Maje, Tiffany, Eric Bompard, Free Lance, Livy, Etam…). Une infatigable passionnée accro à l’adrénaline de la nouveauté… Rencontre déconfinée.

 


Quel est votre parcours jusqu’à Dresscode, l’agence presse de la mode ?

Après des études de droit et de communication, j’ai fait un stage chez Anette Josseaux  qui m’a mis un pied à l’étrier et où je suis restée 7 ans. Des années très formatrices, car sur le terrain je me déplaçais dans toutes les rédactions. Puis à 29 ans, l’envie de monter mon propre bureau m’a semblé naturel. J’ai fait également mes armes dans les salons qui ont toujours été un rdv important avec les marques, certaines que j’ai approchés là-bas me suivent toujours depuis 15 ans.

 

Vanessa Bruno, une de vos clientes, m’a dit « j’aime ma liberté d’entrepreneuse »…

Oui, mais l’’autonomie coûte cher parce que beaucoup de choses reposent sur nos épaules : pour moi c’est la responsabilité de 25 salariés. En même temps ma nature très combative me permet de relever le défi tous les jours, et m’empêche de trop réfléchir : je fonce. Mais avec trois enfants, avoir un mari compréhensif qui me soutient me sert de socle.

 

Comment s’est passé le confinement pour vous et l’agence ?

Pendant le confinement c’était précieux d’être réunie avec ma famille mais j’ai télé-travaillé dans ma chambre de 9h30 à 20h. Je profitais de la pause déjeuner avec eux. Le plus difficile en tant que cheffe d’entreprise est de prendre le temps nécessaire avec les enfants. En créant notre plate-forme Instagram pour continuer notre métier de communication, je me suis rapprochée de mes équipes en travaillant main dans la main avec elles mais aussi avec les marques qui m’ont fait confiance. C’est aussi une période qui est peut-être précurseur de la mode de demain : moins produire mais mieux consommer. Toutes ces marques qui se sont développées avec ces valeurs vont « tirer leur épingle du jeu ».

 

Comment le métier d’attaché(e) de presse évolue-t-il ?

Le métier a beaucoup évolué car il doit proposer une stratégie de communication à 360 degrés. Pour cela, le département marketing que nous avons créé il y a 10 ans travaille avec les marques pour construire leur stratégie. Il y a également notre service digital et influence initié il y a une dizaine d’année avec la blogueuse Margaux Selva (aujourd’hui chez sézane ) qui est de plus en plus central.

 

Comment se passe la transformation numérique chez Dresscode ?

J’ai très tôt appréhendé la communication auprès des webzines et des influenceuses en menant conjointement des actions comme les collaborations. Depuis on a développé notre bureau de brand content et de community management pour les marques (Free Lance, Rykiel…) avec de la création de contenu rédactionnel ou vidéo. En plus d’avoir de nouveaux moyens de communiquer grâce aux visites virtuelles par exemple, il y a un changement de paradigme avec Internet qui permet à tous de créer de contenu et de le diffuser, le plus grand média étant les réseaux sociaux. J’ai voulu à l’occasion du confinement que Dresscode devienne une plate-forme média en faisant appel à des gens et des experts d’univers très différents pour s’exprimer. Des personnalités très discrètes comme Sarah Lavoine ou encore Vanessa Bruno ont répondu présentes. Depuis elles continuent de parler à leur communauté sur les réseaux ; peut-être que l’on a créé un déclic.

 

Comment manage-t-on dans une agence de mode où la moyenne d’âge est très « millenial » ?

J’ai appris le management sur le terrain et avec les années d’expérience, même si je me suis fait aider par un coach. C’est un passage obligé  et si, au début, j’avais du mal à faire confiance, j’ai autant appris à transmettre ma passion qu’à être à l’écoute. Ces deux mois m’ont beaucoup d’ailleurs rapprochée de mes équipes qui se sont montrées extraordinaires. On a vécu une vraie cohésion d’équipe avec des zooms de réunion quotidienne mais aussi de challenge (sport, yoga, apéro,…). Quand on s’est retrouvé le 12 mai, on avait l’impression de ne pas s’être quitté.

Et puis je travaille énormément mais je suis très bien épaulée. On essaie d’avoir comme ligne directrice de travail la bienveillance, avec des valeurs et du respect mutuel.

 

Le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?

Il vient de mon mari qui m’a dit de ne jamais lâcher et de foncer. Ce que je fais depuis 20 ans au quotidien avec mon agence, j’essaye plein de choses.

 

À quoi a ressemblé votre première journée déconfinée  ?

En dehors de tout la partie administrative et sanitaire qu’il a fallu gérer pour réouvrir les bureaux, j’avais appelé une amie qui fait des « bandanas » pour qu’elle me fabrique des masques dans ce tissu. Et j’ai pu faire la distribution le jour J. Un pied de nez mode au Covid !

 

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