Ringard le self de nos restaurants d’entreprise ? Avec des frigos installés directement dans l’entreprise et alimentés par des repas produits par des traiteurs sélectionnés, la start-up Foodles dématérialise la restauration collective… Produits bio, producteurs locaux et prix attractifs au menu !  Rencontre avec les fondateurs de Foodles, Clément Bonhomme et Michael Ormancey.

 


Désirée de Lamarzelle : Quelle alternative propose Foodles à la restauration collective, concrètement ?

Clément Bonhomme et Michael Ormancey : Entre les selfs à l’ancienne et les restaurants du quartier, dont on a vite fait le tour – quand ils existent -, de plus en plus d’employés désertent leurs cantines ou préfèrent apporter un repas qui leur fait vraiment envie. Nous avons créé Foodles avec l’envie de réinventer la restauration d’entreprise. Nous voulons avant tout bien nourrir les gens, créer les conditions idéales pour que le déjeuner, un moment clef dans la vie de bureau, soit un plaisir sain. Concrètement la cantine n’est plus réservée aux grandes structures, et chacun peut maintenant avoir accès à une solution de restauration gourmande, flexible et attractive sur son lieu de travail. Notre service de restauration collective est disponible 24/7 permettant ainsi aux salariés de manger, quand ils le souhaitent, des plats de qualité traiteur pour un tarif attractif.

En quoi ce nouveau type de restauration répond-il aux exigences du futur ?

Foodles répond surtout aux nouveaux usages des salariés au travail et à leurs nouveaux comportements alimentaires. En commençant par améliorer ce temps d’échange entre collègues qui est essentiel. Cela passe par ne plus leur imposer des horaires d’ouverture de leur cantine : nos frigos sont accessibles 24/24 et 7/7. Et nous avons une offre de restauration volontairement avantageuse : nos plats sont à 4,90 €, nos entrées et nos desserts entre 1 et 2 €. Enfin nous voulons proposer une  alimentation saine, variée et gourmande avec un degré d’exigence très fort sur l’origine de l’ensemble des matières premières (pêche durable, viande origine France ou UE, sans additifs ni conservateurs). Tout cela dans un contexte RSE optimisé avec des recettes Foodles cuisinées par des traiteurs locaux et des packagings compostables. Les invendus sont re-distribués à des associations. Les livraisons sont mutualisées par des livreurs en CDI. La livraison mutualisée permet aussi de réduire l’impact carbone.

Qu’est-ce qu’une cantine dématérialisée ? Comment se passe un repas ?

Foodles offre deux façons de se restaurer : soit directement dans l’espace restauration avec les frigos connectés installés et conçus par Foodles, soit via un service de pré-commande et de livraison sur le lieu de travail. Le salarié peut utiliser librement le frigo dès lors qu’il possède un compte Foodles : il badge avec son téléphone, le frigo s’ouvre, il se sert puis est directement facturé. Sinon il peut commander les plats du jour (différents de ceux qui se trouvent dans les frigos) via l’application Foodles pour être livré au bureau le jour même avant midi. Au final ce sont 10 plats différents par jour qui sont proposés.

Concernant la qualité nutritionnelle, y-a-t-il une différence ?

Nous sommes tous les 2 des passionnés de food, des bons vivants, nous venons de familles où bien manger est important. Nous avons créé Foodles pour proposer une cuisine simple, bonne et saine aux salariés. Les recettes sont élaborées par une équipe dont un chef, et nous testons chaque menu.

Comment les bureaux vont-ils adapter leurs espaces et comment les accompagnez-vous ?

Si l’espace cantine pré-existe, nos frigos s’y insèrent naturellement. Mais nous accompagnons aussi certains de nos clients dans le design et la conception de leur future cantine comme un véritable espace de convivialité, avec la possibilité d’avoir des plans 3D conçus par des architectes. Nous avons mis en place des offres d’animations – Breakfast Bar, Muesli Bar, Café Barista, Salad’Bar, Sandwich Bar, Pasta Bar etc. –  et de jeux organisés tous les mois pour créer du lien entre les salariés. Un « Foodles Officer » sur place accompagne nos clients lors des pauses, tout au long de la journée. Par ailleurs, depuis le début du déconfinement nous accompagnons nos clients dans l’aménagement de leurs cantines pour répondre aux contraintes sanitaires et d’hygiène : marquage au sol, mise à disposition de gels hydroalcooliques et gestion des flux de convives.

Qui sont vos clients ? Seulement les entreprises ?

Nos clients sont des entreprises qui veulent proposer une solution de restauration de qualité et flexible à leurs salariés – comme Ubisoft, Accor, Payfit ou Veepee par exemple -,  mais aussi des gérants d’immeubles qui souhaitent les valoriser comme Société de La Tour Eiffel. Notre approche est aussi BtoBtoC car c’est l’expérience des convives qui est au cœur de notre modèle. Nous analysons chaque data de nos frigos connectés pour faire évoluer notre offre de service et être au plus proche des attentes des employés qui les utilisent.

Cela ne va-t-il pas coûter plus cher que le restaurant d’entreprise ?

Pour bénéficier du service « clefs en main » Foodles, les entreprises versent un forfait mensuel. Pour l’employeur, cette cantine en libre-service reviendra en moyenne trois fois moins cher qu’une cantine classique. Un coût de revient bien inférieur à celui d’un restaurant d’entreprise qui, pour être mis en place, coûte entre 300K€ et 1M€.

Quels sont vos concurrents ?

En tant qu’acteur de la restauration collective, les concurrents, mais aussi ses partenaires sur certains sujets, sont essentiellement les autres acteurs de la restauration collective (ELIOR, COMPASS, Sodexo etc.).

 

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