Ecart de salaire, mises à l’écart à l’occasion d’une grossesse ou discriminées au moment de l’attribution des bonus… l’inégalité salariale entre hommes et femmes est malheureusement toujours un sujet d’actualité… qui a fait l’objet d’une enquête percutante pour l’émission Cash Investigation d’Elise Lucet sur France 2 hier.

En France, les hommes ont un salaire de 22,8 % supérieur à celui des femmes, selon l’Insee. Une inégalité salariale plus importante dans certains secteurs dont celui de la banque, auquel la réalisatrice Zoé de Bussière a décidé de s’intéresser pour Cash Investigation dans leur émission du 19 mai sur France2. On découvre ainsi qu’il fait figure de cancre national avec 36 % d’écart entre la rémunération (fixe et variable) de ses salariés et salariées. la loi de 1972 d’égalité à la rémunération – avec le principe d’égalité salariale entre femmes et hommes inscrit dans le code du travail – et les différentes mesures successives ne semblent pas suffisantes, voire appliquées en 2020 à l’ère de #metoo.


 « J’étais fière de travailler dans le secteur bancaire, mais lorsque j’ai eu mon premier enfant, toutes mes possibilités de progression se sont arrêtées. »* 

Dans la première partie, l’équipe de Cash Investigation s’intéresse au groupe BPCE (Banque populaire Caisse d’épargne) où les femmes représentent 57 % des salariés et sont seulement 16 % de dirigeantes. Ces dernières travaillent au quotidien pour 18 % de moins de l’heure que leurs homologues masculins. Un fossé salarial contre lequel la CGT, soutenue par un collectif d’avocats, a décidé d’agir avec une “attaque en justice” collective. Le risque financier dans ce type d’action, assez répandue aux États-Unis mais qui démarre en France, est en général dissuasif. La direction de la Caisse d’épargne Île-de-France aurait reçu officiellement une mise en demeure en juin dernier. Interrogée par Elise Lucet, la direction du groupe a déclaré « ne pas être au courant ».

 

Inégalité salariale : Métiers à prédominance féminine

Egalement victimes de l’inégalité salariale, les métiers très “féminisés” car occupés en majorité par des femmes, où la possibilité de faire la comparaison est plus compliquée. Des professions comme celui d’infirmière qui bénéficient pourtant de faibles rémunérations, en dépit de leurs difficiles conditions de travail (horaires de nuit ou décalés, charges lourdes…). “Une partie de ces métiers sont considérés comme peu ou non qualifiés, car les compétences qui y sont déployées sont vues comme un prolongement des compétences naturelles. Avec l’idée que soigner, être souriante, avoir du relationnel, les femmes sauraient le faire de toute éternité”, donnait comme explication à France Culture la philosophe Dominique Méda. Avec la crise du covid-19 où ces dernières ont été en première ligne contre le danger, on a assisté à un sursaut de prise de conscience collective sur la pénibilité de ces métiers, mais cela suffira-t-il à faire changer les mentalités ?

 

Inégalité salariale : Travail de valeur égale, salaire égal 

Enfin l’émission fait l’analyse de l’exemple québécois, où règne une stricte politique d’« équité salariale » depuis les années 2000. Une politique qui a porté ses fruits avec l’augmentation immédiates de certains salaires, notamment ceux des infirmières québécoises… « C’est une question de volonté politique ! » a réagi sur twitter la philosophe féministe Camille Froideveaux-Metterie.

*Une des femmes au micro de France Inter (19 ans d’ancienneté au sein de la Caisse d’Epargne) engagées dans l’action en justice.

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