Refusant de « céder à la sinistrose », la Fédération Française de Tennis s’est énergiquement mobilisée pour maintenir l’édition 2020 de Roland Garros. Dès dimanche, les premiers coups de raquettes animeront la terre battue de la Porte d’Auteuil. L’occasion pour Forbes de prendre la température auprès de la championne Caroline Garcia, numéro 2 française au classement WTA.

De quelle manière avez-vous travaillé pour récupérer votre meilleur niveau ?


Caroline Garcia : Je me suis beaucoup entraînée physiquement pendant ces deux mois de confinement, soit deux séances par jour. Je pense que physiquement, je suis bien et j’ai même progressé dans divers domaines. Maintenant, il faut réadapter mon corps au tennis et à ses particularités. J’ai repris dès le 11 mai à raison d’1h par jour pour prévenir les blessures et voir comment le corps réagissait. Il faut savoir qu’en temps normal, la pré-saison tennistique s’étire de quatre à cinq semaines, mais dans ce contexte de crise sanitaire, elle aura duré cinq mois…

Dans ces conditions, quels sont vos objectifs pour cette saison si particulière ?

C.G : Je mets à profit cette période pour m’entraîner et progresser, dans le domaine physique par exemple, où je pense avoir fait un travail intéressant pendant les deux mois de confinement. Développer mon jeu, prendre confiance dans des domaines où je peux douter certaines fois, en les pratiquant et les utilisant plus souvent à l’entraînement notamment. Pour ce qui est de la compétition, Roland Garros est mon principal objectif.

Comment abordez-vous la quinzaine de Roland Garros qui s’ouvre ce 27 septembre avec une mesure forte, le système de jauges réduites à 1000 spectateurs jour ?

C.G : En dépit de ce dispositif exceptionnel, cela reste une bonne nouvelle de pouvoir jouer Roland Garros. Dans cette année si spéciale, nous devons nous estimer chanceux… Pour nous joueurs, ce Grand Chelem est l’occasion d’engranger beaucoup de points et prize money. Néanmoins, avec ce système de jauges réduites, ce sera une grande première. Le tennis est aussi un spectacle durant lequel le public échange avec les joueurs à distance, les pousse à se dépasser encore plus quand les choses deviennent difficiles sur le terrain. Quand tu es sur le court, tu joues pour toi en vue d’atteindre tes objectifs, mais, inconsciemment aussi, pour le public. Après un match serré, c’est toujours un sentiment fort de pouvoir partager sa victoire avec les fans : cela décuple les émotions intérieures et procure des souvenirs indélébiles.

En bref, pour être compétitif dans ces conditions, il faudra une très grande énergie et un feu intérieur, plus fort que jamais !

La puissance du mental est une caractéristique propre aux champions qui se muent en « guerriers » face à l’adversité. Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs ayant cédé à la morosité ambiante ?

C.G : Il faut accepter d’avoir de temps à autre un jour un peu plus morose que les autres ; cela arrive à tout le monde, même aux sportifs professionnels ! Mais il faut alors être capable de voir les choses positivement, car il y a des bénéfices à retirer de chaque situation, même les plus complexes. Il faut se donner des objectifs à plus ou moins long terme, planifier aussi des tâches à accomplir dans la journée. Il est également important d’apprécier ce que l’on a, même si rien n’est jamais aussi parfait qu’on le voudrait. Il faut garder les choses concrètes et principales en tête, comme la santé, le bien-être de ses proches, la sécurité financière grâce à son travail…

Il faut savoir vivre le moment présent à fond !

© Caroline Garcia